Pratiques hospitalières
Désinfection
Les enjeux de la désinfection sont de :
- Limiter le risque infectieux du personnel médical,
donc de réduire la transmission soignant-soigné
(infections nosocomiales).
- Inversement, limiter les risques pour le personnel
soignant d’être contaminé par un patient.
Il s’agit donc d’un même objectif qui
consiste à maitriser l’infection, c'est-à-dire
à contrôler la diffusion des germes entre le
personnel soignant et les patients et d’un patient
à l’autre.
Les mains sont les premières en cause dans la propagation
des germes et dans la survenue de l’infection, c’est
pourquoi la vigilance à ce niveau doit toujours être
présente.
Définitions
La désinfection est une opération au résultat
momentané permettant d’éliminer ou de
tuer tous les microorganismes et/ou d’inactiver les
virus indésirables portés par des milieux
inertes contaminés en fonction des objectifs fixés.
Le résultat de l’opération de désinfection
est limité aux microorganismes et/ou virus présents
au moment de l’opération et en fonction de
l’usage prévu. Il s’agit de désinfection
de surface et d’objet, le désinfectant est
nécessairement bactéricide. Il faut compter
5 à 10 minutes de contact pour tuer les bactéries
végétatives et plus pour les spores.
Antisepsie
L’antisepsie est une opération au résultat
momentané permettant au niveau des tissus vivants,
dans la limite de leur tolérance, d’éliminer
ou de tuer tous les microorganismes et/ou d’inactiver
les virus en fonction des objectifs fixés. Le résultat
de cette opération est limité aux microorganismes
et/ou virus présents au moment de l’opération.
Ils sont donc bactériostatiques et/ou fongistatiques
et/ou virostatiques avec une action létale (bactéricidie,
fongicidie, virucidie, sporicidie).
Méthodes de désinfection
Il existe deux méthodes pour désinfecter :
une méthode thermique et une méthode chimique.
La désinfection thermique : elle permet à
80% une désinfection totale en quelques minutes en
tuant tous les germes sous forme végétative
y compris les staphylocoques. La désinfection chimique
: la désinfection chimique demande certaines précautions
car le produit pour désinfecter les objets ou surfaces
peut être irritant ou toxique, il faut donc protéger
le personnel qui l’applique et s’assurer que
le danger disparait après son utilisation. La désinfection
des eaux demande un produit dépourvu de toxicité.
Il faut un contact minimum de 5-10 minutes pour les bactéries
végétatives plus pour les spores bactériennes.
Pratiquer un nettoyage mécanique préalable
permet de détacher un certain nombre de souillures
raccourcissant, ainsi, le temps de désinfection ultérieur
de la surface.
Troubles et pathologies
Eczéma
Qu'est-ce que l'eczéma ?
Quand on parle d'eczéma, on doit parler de syndrome
en raison de la multiplicité des causes. La définition
est essentiellement clinique et polymorphe. Les symptômes
apparaissent dans l'ordre suivant :
- un érythème,
- des vésicules et un œdème,
- des suintements,
- une desquamation,
- une lichénification.
A la phase d’état, on peut retrouver ensemble
les différentes phases tantôt diffuses tantôt
groupées en placards irréguliers. L’eczéma
est prurigineux et évolue par poussées ; il
est souvent récidivant.

Eczéma aigu
L'eczéma aigu se caractérise par un début
brutal, toujours prurigineux et souvent polymorphe. La poussée
d'eczéma se passe en plusieurs phases :
- Une phase érythémateuse : qui se traduit
par l'apparition de placards érythémateux.
Ceux-ci sont souvent infiltrés avec des bords émiettés
et mal délimités.
- Une phase vésiculeuse : sur cette base apparaissent
en nombre variable des vésicules isolées qui
pouvent évoluer en petites bulles.
- Une phase de suintement : les vésicules se
rompent, laissant ainsi s'écouler le liquide qu'elles
contiennent.
- Une phase d'assèchement : les lésions
s'assèchent progressivement jusqu'à la formation
de croûtelles qui recouvrent le placard érythémateux.
- Une phase de desquamation : c'est la dernière phase,
celle de la réparation.
Eczéma chronique
L'eczéma chronique est sec, prurigineux, érythématosquameux,
les squames sont fines ou épaisses. On remarque la
présence de stries de grattage. L’évolution
de l'eczéma chronique se fait vers la lichénification
qui correspond à un eczéma de plus longue
durée. Le grattage est incessant, les plaques sont
bien limitées et présentent un aspect rose
ou rouge foncé avec des stries blanchâtres.
Eczéma surinfecté ou impétiginisé
Par rapport aux autres formes, l'eczéma surinfecté
ou impétiginisé présente :
- un suintement purulent,
- des croûtes qui deviennent épaisses
et jaunâtres,
- une apparition de ganglions douloureux dans le territoire
proche,
- éventuellement de la fièvre.
Irritation
Qu'est-ce qu'une irritation ?
La dermatite d’irritation n’a pas de composante
immunologique. Il s’agit, essentiellement, d’une
réaction due à l’application sur la
peau d’une ou plusieurs substances irritantes susceptibles
d’entraîner des effets secondaires plus ou moins
intenses selon le pouvoir irritant propre de la substance,
la durée et la fréquence de l’application
occlusive ou non et selon la zone de l’application.
La dermatite d’irritation est réversible.

Traitement et conduite à tenir
Quand une dermatite irritative est suspectée, un
certain nombre d’actions sont à mettre en place
:
- Arrêter les applications de produit suspect.
- Faire la toilette des mains avec un savon doux.
- Se sécher sans frotter.
- Utiliser des crèmes adoucissantes, nourrissantes,
cicatrisantes, barrières, contenant différents
actifs : Aloe vera, centella asiatica, vitamine A,E, acides
gras essentiels, céramides, karité, allantoïne,
alphabisabolol ou très neutres comme la coldcream
ou le cérat frais.
- Limiter les applications de crèmes corticoïdes
locales car elles fragilisent la peau et ne calment que
momentanément. Il ne faut pas en multiplier les applications
car cela peut entraîner un risque de dépendance
et l’apparition d’une dermite aux corticoïdes
avec peau amincie, rouge, fine, de plus en plus sensible
et présentant des réactions vasomotrices.
Allergie cutanée
Qu'est-ce qu'une allergie cutanée ?
Les dermatites allergiques sont beaucoup moins fréquentes
que les dermatites irritatives et sont souvent confondues
avec ces dernières. Elles sont dues le plus souvent
à des réactions immunologiques d’hypersensibilité
retardée et beaucoup plus rarement d’hypersensibilité
immédiate.
La survenue de la sensibilisation dépend de plusieurs
facteurs :
- la composition du produit,
- la fréquence à l’exposition
- le site et le temps d’application,
- l’état du tégument.
La substance en cause peut-être ordinairement inoffensive
pour la majorité des gens sauf pour « l’heureux
élu » d’une allergie.

Principes de traitement
La prise en charge des allergies cutanées comprend
un ensemble de mesures générales telles que
:
- l’éviction des allergènes ;
- une adaptation de l’hygiène de vie ;
- un traitement par dermocorticoïdes.
Poussée d’eczéma allergique
Lors d’une poussée d’eczéma allergique,
le schéma est :
- identification de la cause ;
- élimination de la cause ;
- prescription de topiques apaisants et de dermocorticoïdes
pendant une courte durée ;
- prescription d’antihistaminiques pour passer le
cap du grattage ;
- dans certain cas contacter le médecin du travail.
Allergie immédiate
Si l’allergie est immédiate, le traitement
consiste à :
- s’il n’y a pas de lésion des muqueuses
: antihistaminiques.
- s’il y a atteinte des muqueuses : corticothérapie
per os ou injectable.
Plaie cutanée
Qu'est-ce qu'une plaie cutanée ?
Une plaie c’est une lésion de la peau qui s’effectue
par une rupture de la continuité des tissus et une
effraction de la barrière cutanée (coupée,
arrachée ou brûlée) nécessitant
un processus dynamique complexe pour être réparée
ou cicatrisée.

Différents types de plaies
On peut différencier plusieurs types de plaies en
fonction du degré d’atteinte. Plaie superficielle
: il s’agit d’une simple érosion où
les berges sont légèrement écartées
nécessitant un rapprochement par pansement ou une
suture. Il n’y a pas d’infection et la guérison
survient en une à deux semaines. Plaie avec perte
de substance modérée et bords éloignés
: les bords de la plaie sont, dans ce type de plaie, trop
éloignés pour être rapprochés
; il faudra, donc, attendre la formation d’un tissu
de granulation qui se constitue lentement (cicatrisation
dirigée) et procéder éventuellement
à une suture secondaire. Plaie plus grave : elle
est caractérisée par une importante perte
de substance, une lésion étendue parfois infectée
et un exsudat abondant. Dans ce type de plaie, il faut en
premier lieu traiter l’infection.
Entretien, hygiène
cutanée
Hydratation
L’épiderme
L’épiderme est organisé en différentes
strates.
Il y a une différenciation progressive, des profondeurs
vers la superficie, du kératinocyte basal vers le
cornéocyte (réservoir de protéine,
dépourvu de noyau et de membrane cellulaire).
L’épiderme contient différents types
de cellules :
- les kératinocytes (95% des cellules),
- les cellules de Langerhans, à vocation immunitaire,
originaires de la moelle osseuse,
- les cellules de merkel, appartenant à l'appareil
sensitif périphérique,
- les mélanocytes, produisant la mélanine
(pigment jouant un rôle majeur dans la photoprotection
de la peau).
L’épiderme possède 4 couches (de la
plus profonde à la moins profonde) :
- la couche basale, comportant une ou deux assises
de cellules palissadiques se divisant. L'une des deux (la
cellule souche) restera dans la couche basale tandis que
l'autre s'engagera dans le processus de différenciation,
dont l'étape ultime est le cornéocyte.
- la couche malpighienne, qui présente une forte
résistance mécanique vis-à-vis des
contraintes de pression et de friction, grâce au grand
nombre de desmosomes.
- la couche granuleuse (les granulations de kératohyaline
sont constituées de profilaggrine, protéine
permettant l’agrégation des filaments de kératine
au niveau du cornéocyte).
et la couche cornée.

La couche cornée
La couche cornée est composée d'éléments
pseudo-cellulaires aplatis, anucléés. Ces
éléments ont une enveloppe très épaisse
et pauvre en lipides. Elle est surtout protéique
; environ 80% de la masse cellulaire est constituée
de macrofilaments de kératine environnés de
filaggrine, participant à leur assemblage. La couche
cornée, stratum corneum se compose de deux couches
(modèle du mur de briques) :
- une couche profonde, où les liaisons intercellulaires
sont plus ou moins conservées grâce aux desmosomes,
avec dans les espaces intercellulaires des lipides (céramides
par exemple) qui donne à la peau sa fonction de barrière
hydrique.
- une couche superficielle sans desmosome, qui est
le siège d’une desquamation continue, assurée
par la destruction des cornéodesmosomes et par le
remaniement des lipides.
Le derme
Le derme est 10 à 40 fois plus épais que l’épiderme.
Il est parcouru de vaisseaux sanguins et de vaisseaux lymphatiques.
Il assure la fermeté et la tonicité de la
peau.
Il est produit par :
- les fibroblastes : les fibres de collagène
soutiennent la charpente et assurent la résistance
du derme
- et les fibres d’élastine, qui apportent
l’élasticité.
L'hypoderme
C'est la couche la plus profonde de la peau.
Véritable réserve énergétique,
elle est constituée de cellules graisseuses, organisées
en lobules, qui sont soumises à des variations hormonales
et alimentaires, donnant parfois à la peau un aspect
peau d’orange.
En savoir plus : Dermatologie-soignant.com