Troubles du sommeil

Somnolence, fatigue et vigilance...

La somnolence

La somnolence est l’envie de dormir. C’est un phénomène biologique normal. Elle amène au sommeil, comme la faim amène à la nourriture. Toutefois la somnolence peut être excessive : le risque d’endormissement est fort et fréquent, y compris dans des situations et à des moments où le sommeil n’est pas approprié.

La fatigue

Somnolence et fatigue ne sont pas synonymes.

La fatigue aiguë : Elle est généralement induite par une activité excessive. Elle est souvent réversible après le repos.
On distingue :

  1. la fatigue physique caractérisée par un manque d’énergie, un épuisement,
  2. la fatigue psychique caractérisée par un manque de motivation, de désir ou d'intérêt.

La fatigue excessive : C’est une fatigue irrésistible, écrasante, un réel état d’épuisement soutenu, avec une diminution des capacités physiques et mentales. La fatigue excessive peut être chronique. Elle est souvent associée à une pathologie. Elle est non réversible par le repos ou le sommeil.

La vigilance

La vigilance est la capacité du système nerveux central à répondre efficacement à un stimuli ou à un événement, par la mobilisation de ressources de cognition et de comportement. La vigilance peut être altérée par une somnolence excessive mais aussi par un état d’hyperéveil.

Somnolence normale ou pathologique

La somnolence pathologique se caractérise par les éléments suivants :

  1. Irritabilité, désinhibition
  2. Diminution de motivation, baisse de la productivité
  3. Altération du lobe frontal : Apathie, fluence verbale diminuée, trouble de l’attention, de la mémorisation, trouble du jugement et du raisonnement
  4. Intrusion de la somnolence : périodes de micro-sommeil (5 à 10 secondes) qui engendrent des troubles de l’attention, sommeil continu.
Gravité des troubles

Ces accès de sommeil parfois irrépressibles et inappropriés peuvent avoir des conséquences gênantes voire dramatiques sur la vie du sujet. Ils perturbent la qualité de vie du patient et de son entourage et peuvent même empêcher toute activité professionnelle du fait du risque d’accidents du travail et de la circulation.

Somnolence et pathologies du sommeil

Les pathologies concernées

La somnolence excessive est un symptôme retrouvé dans plusieurs maladies appelées hypersomnies.
L’hypersomnie englobe l’allongement du sommeil de nuit et une plainte de somnolence excessive le jour. L’hypersomnie représente une part importante des patients consultant pour un trouble du sommeil.
L’hypersomnie inclut le syndrome d’apnées du sommeil, l’insuffisance chronique du sommeil, la narcolepsie, l’hypersomnie idiopathique, l'hypersomnie récurrente et quelques autres causes neurologiques, psychiatriques et endocriniennes.

Identification de la pathologie

Les hypersomnies sont le plus souvent méconnues, non diagnostiquées et mal comprises par l’entourage. Seul un interrogatoire minutieux du patient et /ou du conjoint permet d’identifier certains de ces troubles. Il faudra notamment préciser le nombre et la durée des accès de sommeil diurne, leur caractère rafraîchissant (réparateur) ou non, ainsi que la qualité de sommeil de nuit préalable.

Stratégie thérapeutique

Il existe de nombreuses situations à l’origine d’une somnolence diurne excessive.
Avant d’approfondir un diagnostic étiologique qui reste parfois difficile, il est d’abord nécessaire de confirmer la réalité de l’hypersomnie. La mise en évidence de ces différentes hypersomnies d’un point de vue clinique et polysomnographique permet de préciser le type du trouble, sa sévérité et ainsi d’envisager une prise en charge thérapeutique adaptée. Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’existence de certains diagnostics différentiels comme le syndrome de retard de phase, le syndrome de fatigue chronique et faire la distinction avec les "longs" dormeurs en privation chronique de sommeil.

Définition du Syndrome des Jambes Sans Repos

Le Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR), traduction littérale du « Restless legs syndrome » de la littérature anglo-saxonne, est appelé aussi Syndrome d'Impatiences des Membres.

Il se caractérise principalement par une compulsion (besoin irrésistible) à bouger les membres inférieurs, souvent associée à (peut-être provoquée par) des sensations bizarres très diverses, à type de fourmillements, de picotements, de démangeaisons, de brûlures, de courant électrique, que l’on nomme dysesthésies. Ces sensations sont désagréables, parfois à la limite du supportable, mais sont rarement perçues comme des douleurs.

Cette gêne est maximale au repos, le plus souvent dans la position assise ou couchée, mais, caractéristique fondamentale, elle est soulagée lors du mouvement. La marche est le plus efficace, mais des mouvements sur place (étirement, massage) peuvent aussi soulager.

Enfin, dernière caractéristique, elle se manifeste principalement le soir et la nuit, même si, ultérieurement au cours de l’évolution de la maladie, les symptômes peuvent apparaître à toute heure.

Ces 4 caractéristiques : compulsion à bouger les jambes, survenue au repos, soulagement par le mouvement, renforcement vespéral et nocturne doivent toutes être présentes pour pouvoir parler de Syndrome des Jambes Sans Repos.

Parfois, des mouvements involontaires des jambes se produisent la nuit, au cours du sommeil, dont les patients ne sont en général pas conscients, mais qui peuvent être perçus par le conjoint.

Le SJSR est aussi considéré comme un trouble du sommeil puisqu'il est souvent accompagné d'insomnie, et parfois de somnolence.

Causes du Syndrome des Jambes Sans Repos

Introduction

L'origine du SJSR reste encore inconnue. Nous savons simplement à l'heure actuelle qu'il est la conséquence d'un trouble du métabolisme de la dopamine. Les neurones (les cellules du système nerveux) transmettent des signaux de l’un vers l’autre au moyen de messagers chimiques, les neurotransmetteurs, qu’ils fabriquent et libèrent au voisinage de récepteurs spécifiques portés par les neurones voisins. La dopamine est un de ces neurotransmetteurs, et certains arguments donnent à penser que sa fabrication ou sa libération est altérée dans le SJSR. La dopamine est également le neurotransmetteur altéré dans la maladie de Parkinson, mais toutes les études ont montré que l’existence d’un SJSR n’augmente pas la probabilité de survenue d’une maladie de Parkinson. On peut donc penser que les neurones impliqués dans le SJSR ne sont pas les mêmes que ceux impliqués dans la maladie de Parkinson, même si dans les deux maladies la dopamine est en cause.

Formes secondaires

Dans certains cas, le SJSR apparaît comme la conséquence directe d’une cause identifiable, et parfois la suppression de cette cause fait disparaître le SJSR. Ces causes peuvent être des maladies, des toxiques ou des médicaments, ou encore des carences en certaines substances.

Forme primaire

Cependant, dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas de cause précise identifiable. On parle alors de formes primaires (c'est-à-dire non en rapport avec un élément particulier).
C’est dans ces cas que l’on retrouve une notion familiale de SJSR chez les ascendants ou dans la fratrie (dans 60 à 90% des cas).
Cette constatation suggère que la maladie a un origine génétique. Le gène en cause n’est cependant pas identifié avec certitude à ce jour.

Syndrome des Jambes Sans Repos et maladies

Le SJSR peut être associé à certaines maladies comme l'insuffisance rénale chronique, la polyarthrite rhumatoïde, le diabète, des neuropathies. Dans le cas de l’insuffisance rénale, c’est en général à un stade avancé de la maladie, lorsque des dialyses sont mises en œuvre que le SJSR apparaît. Il disparaît lorsqu’une greffe rénale peut être pratiquée.

Syndrome des Jambes Sans Repos et médicaments

Certains médicaments sont connus pour induire un SJSR. C'est le cas par exemple de nombreux antidépresseurs, de la plupart des neuroleptiques, des broncho-dilatateurs contenant de la théophylline,...

Syndrome des Jambes Sans Repos et alimentation

Il est possible que l'alimentation joue un rôle dans le développement d'un SJSR. Ainsi, certains aliments contenant des xanthines, tels que le café, le chocolat, le thé, sont à l’origine d’un SJSR qui disparaît avec l’arrêt de leur consommation.

Syndrome des Jambes Sans Repos et carences

Une anémie par manque de fer a été mise en cause dès les toutes premières descriptions du SJSR au milieu du siècle dernier. On sait aujourd’hui que la carence en fer peut être modeste, ne pas s’accompagner d’anémie, et pourtant son traitement fera disparaître le SJSR. Elle doit donc être recherchée systématiquement par un dosage de la ferritine dans le sang. D’autres carences, notamment en acide folique ou en vitamine B12 ont été incriminées, mais leur rôle est moins bien établi.

Syndrome des Jambes Sans Repos et grossesse

La grossesse (surtout au cours des derniers mois) semble favoriser la survenue d'un SJSR, peut-être du fait de la carence en fer qui lui est souvent associée. Dans la majorité des cas, le SJSR disparaît après la fin de la grossesse, mais parfois la grossesse est révélatrice d’un SJSR qui va se répéter au cours des grossesses ultérieures, avant de se pérenniser quelques années plus tard.