Comprendre
l'ostéoporose
Définition de l’ostéoporose
L’ostéoporose est une maladie généralisée
du squelette caractérisée par une diminution
de la résistance osseuse prédisposant la personne
à un risque accru de fracture. La résistance
osseuse reflète principalement la combinaison de la
densité osseuse et de la qualité osseuse.
La densité osseuse est exprimée en grammes de
minéral par surface ou volume de tissu osseux et dépend
à la fois du capital osseux obtenu à la fin
de la croissance et du niveau de perte osseuse ultérieure.
La qualité osseuse dépend de l’architecture,
du niveau de renouvellement du tissu osseux, de l’accumulation
de micro-lésions et de la minéralisation.
Vie et capital osseux
60 à 80% de notre capital osseux est déterminé
génétiquement, le reste lié à
nos habitudes de vie. Le squelette grandit le plus un peu
avant la puberté : c’est à ce moment là
que les mesures de prévention sont les plus efficaces.
La masse osseuse augmente rapidement pendant la première
phase de la vie pour atteindre un maximum généralement
vers l’âge de 20 ans. Après 30 ans, la
masse osseuse diminue lentement aboutissant à un déficit
de 3 à 5% tous les 10 ans. De plus, chez la femme,
à partir de la ménopause, cette perte de masse
osseuse s’accélère, très vite d’abord
puis plus modérément au bout de 3 à 5
ans. Cette accélération est liée à
la disparition des oestrogènes. A 80 ans, un homme
a perdu environ 25% de sa masse osseuse, une femme 40%. Cette
réduction de la masse osseuse expose à des risques
de fracture notamment du col fémoral, du poignet et
des vertèbres.
Un enjeu de santé
publique
Depuis l’automne 2002, le Comité d’éducation
sanitaire et sociale de la pharmacie française (CESPHARM)
a lancé différentes actions afin d’aider
les pharmaciens dans leur rôle de sensibilisation auprès
du grand public. Sans prise de conscience, prévention
et traitement efficaces, près de 40% des Françaises
et 15% des Français qui ont 50 ans cette année
auront une ou plusieurs fractures durant les années
qui leur restent à vivre, avec une explosion des dépenses
liée à la prise en charge des fractures secondaires
à l’ostéoporose et à leurs complications.
Dépistage de l’ostéoporose
Signes d’alerte
Vous devez impérativement consulter votre médecin
et réclamer un dépistage dans les cas suivants
:
- vous constatez que votre taille a diminué de plus
de 3 cm (sans douleur dans la majorité des cas),
- vous avez eu une fracture après 45 ans, en dehors
d’un traumatisme important, quelle que soit sa localisation
(poignet, côtes,…) et même si la consolidation
s’est fait correctement : neuf fois sur dix elle est
due à l’ostéoporose.
Facteurs de risque
Important ! : Il ne faut pas attendre une fracture pour dépister
une ostéoporose s’il existe des facteurs de risque
d’être porteur de cette maladie tels que :
- Antécédents familiaux d’ostéoporose
ou de fractures
- Faible poids corporel
- Ménopause précoce (avant 45 ans) ou chirurgicale
- Traitement prolongé par cortisone
- Tabagisme, alcool
- Un traitement contre l’hyperthyroïdie ou l’hyperparathyroïdie
- Une maladie inflammatoire ou une maladie cœliaque.
L’ostéodensitométrie
: description
Le meilleur moyen de dépister une perte de la masse
osseuse est de passer une ostéodensitométrie.
C’est un examen simple et indolore mesurant le contenu
minéral osseux exprimé par rapport à
votre capital osseux initial (c’est l’équivalent
du niveau du compte en banque). La mesure est faite à
certains endroits clé du corps : hanche, colonne lombaire,
poignet.Cet examen est toujours en attente de remboursement
par l’Assurance Maladie (coût variant selon le
cabinet et l’appareil utilisé de 45 à
150 €). Il est pris en charge par certaines mutuelles.
L’ostéodensitométrie
: interprétation
La densitométrie permet de mesurer une densité
minérale osseuse (DMO) surfacique, exprimée
en g/cm2, qui constitue un excellent reflet de la masse osseuse.
Comme beaucoup de paramètres mesurés en médecine,
il existe une certaine variabilité de la DMO au sein
de la population autour de la valeur moyenne, mesurée
en écart-type. 90% de la population se trouve entre
–2 et +2 écart-types autour de la valeur moyenne.
On peut donc exprimer la valeur de la DMO mesurée en
écart-type par rapport à la valeur de référence
représentée par la DMO moyenne d'un groupe de
sujets jeunes (20 - 30 ans) de même sexe : c’est
ce qu’on appelle le T-score. La valeur de référence
ainsi choisie correspond au "pic de masse osseuse"
c'est-à-dire au capital osseux maximum normalement
atteint après la fin de la croissance. Une femme est
définie comme ostéoporotique si sa DMO est située
au minimum 2,5 écart-types en dessous de (T-score).
Selon les critères de l’OMS, la DMO d’une
femme est définie comme :
normale : T-score > -1
ostéopénique : -2,5 < T-score £ -1
ostéoporotique : T-score £ -2,5.
Diagnostic de l’ostéoporose
Recherche des facteurs de
risque
Facteurs de risque d’ostéoporose :
L’interrogatoire recherche des facteurs de risque d’ostéoporose
:
- antécédents familiaux ou personnels de fractures,
- ménopause précoce avant l'âge de 45
ans,
- tabagisme important,
- faible index de masse corporelle,
- abus d'alcool,
- antécédents de corticothérapie prolongée,
- immobilisation prolongée.
Facteurs de risque de chute :
L’interrogatoire recherche des facteurs de risque de
chute qui vont favoriser la survenue de fractures :
- troubles de la vue,
- troubles psychomoteurs,
- difficultés à se lever d’une chaise,
- prise de médicaments psychotropes.
Les douleurs
L'ostéoporose non compliquée de fractures n’entraîne
pas de symptômes : elle est dite asymptomatique.
La fracture vertébrale
Ces fractures surviennent à l’occasion de traumatismes
mineurs (chute de sa hauteur) ou d’efforts modérés
ou même de manière spontanée. Lors d'un
épisode fracturaire vertébral compliquant une
ostéoporose post-ménopausique, les douleurs
siègent au niveau du rachis sans irradiation à
caractère neurologique. Ces douleurs sont souvent très
intenses, obligeant le malade à rester allongé
pendant quelques jours à quelques semaines. Ces épisodes
fracturaires peuvent parfois s'accompagner de troubles du
transit intestinal. Toutefois, on estime que 60% des fractures
vertébrales ostéoporotiques sont asymptomatiques
(c’est-à-dire sans signe clinique). La diminution
de taille des patients est alors un bon signe d’appel.
Au décours de la fracture vertébrale, les douleurs
prennent une allure plus mécanique, dorsale ou lombaire,
survenant lors de la mise en charge, de la marche, de la station
debout, de la station assise ou des mouvements d'effort. Elles
sont habituellement calmées par le repos. Elles rendent
compte des troubles statiques secondaires aux déformations
vertébrales.
Autres fractures
Des fractures touchant d'autres os que les vertèbres
peuvent aussi survenir en cas d'ostéoporose. Typiquement,
après un traumatisme minime ou spontanément,
le patient se plaint de douleurs aiguës siégeant
au niveau d'un segment osseux. En cas d'atteinte d'un segment
osseux du membre inférieur ou du bassin, la douleur
est renforcée à l'appui entraînant une
impotence fonctionnelle de la marche. Dans d'autres atteintes,
la douleur provoquée à la palpation d'un segment
osseux (sacrum, sternum, côtes) peut orienter vers ce
diagnostic.
En savoir plus : Mon-osteoporose.fr