Poils pubiens : le triangle de tous les dangers

Maladies virales

Rédigé par Isabelle V. et publié le 21 novembre 2017

Poils pubiens : en avoir ou pas ? Alors que différentes études pointent une éventuelle association entre épilation du pubis et Infections Sexuellement Transmissibles (IST), des chercheurs américains ont mené une enquête à grande échelle.

les dangers des poils pubiens

À savoir ! Les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) étaient autrefois appelées MST (Maladies Sexuellement Transmissibles). L’OMS a préconisé l’utilisation du termes IST afin d’inciter au dépistage en l’absence de symptômes.

Les IST, des maladies en recrudescence

Un article sur les poils pubiens ? Le sujet peut faire sourire, mais quand on y associe le sigle IST, les sourires se crispent…
Les IST regroupent différentes pathologies infectieuses. Elles peuvent être dues :

  • À des virus (HIV, Hépatite B, herpès génital, papillomavirus) ;
  • À des bactéries (Chlamydia, blennorragie, syphilis, mycoplasmes) ;
  • À des parasites (Trichomonas).

Les IST se transmettent lors de rapports sexuels non protégés et sont de gravité variable. Si certaines sont potentiellement mortelles (SIDA, Hépatite B), d’autres peuvent entraîner des stérilités (chlamydiose), vous gêner toute la vie comme l’herpès, voire dégénérer en cancer des années plus tard (le papillomavirus est responsable du cancer du col de l’utérus).

Les IST sont loin d’être rares : on estime, par exemple, que 18 % des femmes et 14 % des hommes sont porteurs du virus HSV2 (responsable de l’herpès). Excepté pour le HIV, ces maladies semblent en recrudescence dans l’hexagone.

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Dès lors, face à la mode des pubis épilés (homme comme femme), il était légitime de se demander si cette pratique majorait le risque de contracter une IST. Des chercheurs californiens et texans ont mené une enquête sur plus de 7 500 américains.

Poils pubiens, comportement sexuel et IST

Les scientifiques ont interrogé 7 580 sujets âgés de 18 à 65 ans. Les questions portaient sur la fréquence d’épilation de leurs poils pubiens, mais aussi la technique utilisée (rasoir, épilation physique ou chimique, laser…) et sur les blessures pouvant en résulter. Cette fréquence variait de tous les jours à tous les six mois.

Le comportement sexuel (nombre de rapports et de partenaires différents) et les épisodes d’ IST étaient également renseignés.
Parmi les participants :

  • 74% se rasaient les poils pubiens (66% des hommes et 84% des femmes) ;
  • 13% (11% des hommes et 15% des femmes) rapportaient au moins une IST ;
  • Parmi les adeptes de l’épilation des poils pubiens, ceux s’épilant très fréquemment avaient plus de risque de contracter une IST (18% contre 14%) ;
  • Après ajustement (âge, comportement), ceux qui s’épilaient le pubis avaient 80% de risque supplémentaire de contracter une IST ;
  • Ce risque augmenté ne concernait pas la blennorragie gonococcique.

À savoir ! La blennorragie gonococcique est une infection sexuellement transmissible provoquant des brûlures voire des écoulements. Elle se fait également appeler « chaude-pisse » et se traite par antibiotiques associés à un traitement local comme des crèmes ou des ovules.

Les auteurs de cette étude concluent donc que l’épilation du pubis est bien corrélée à une augmentation du risque de contracter une IST. D’après eux, les microtraumatismes cutanés infligés par cette pratique cosmétique favoriseraient le passage de microorganismes, notamment les virus, d’un individu à l’autre.

Selon le Dr Osterberg, principal auteur, l’épilation des poils pubiens est un marqueur de l’activité sexuelle. De ce fait, l’existence de cette pratique chez un patient devrait inciter les praticiens à dispenser des conseils de prévention contre les IST. Car, plus que l’absence de poils pubiens, des rapports non protégés sont susceptibles de propager ces maladies.

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Une bonne nouvelle tout de même : l’étude a démontré que le rasage du pubis était associé à une nette diminution du risque d’attraper des poux pubiens !

Isabelle V., journaliste scientifique.


BNJ journals – Correlation between pubic hair gooming dans STIs : results from a nationally representative probability sample. 2016
– PubMed Health – Grooming pubic hai linked to increased STI risk. 08 décembre 2016
Ameli-santé.fr – Infections sexuellement transmissibles (IST). 11 décembre 2015