Actualités de la recherche et Journée Mondiale de la Maladie de Parkinson

Apr 10, 2020 par

La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative qui se caractérise par la destruction des neurones qui produisent la dopamine dans le cerveau. Or, la dopamine est un neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements du corps. Cette maladie touche plus de 200 000 personnes en France, et 25 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. A l’occasion de la Journée Mondiale de la maladie de Parkinson qui a lieu le 11 avril 2020, Santé sur le Net revient sur 2 actualités de la maladie.

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La maladie de Parkinson : 2ème maladie neurodégénérative

En France, la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. L’âge moyen du diagnostic est de 58 ans. Dans la maladie de Parkinson, les neurones dopaminergiques dégénèrent et disparaissent progressivement. La disparition de ces neurones entraîne une absence de dopamine dans le cerveau obligeant le patient à penser ses mouvements qui étaient auparavant automatiques.

Les symptômes de la maladie diffèrent d’un patient à un autre. Parmi les symptômes moteurs les plus connus on retrouve :

  • Une lenteur à initier les mouvements (akinésie) ;
  • Une tension importante spécifique des muscles (raideur) ;
  • Des tremblements au repos.

Mais il existe également des symptômes cognitifs, fréquents mais méconnus, comme un ralentissement psycho-moteur, une altération de la planification et des troubles de l’attention.

Les traitements actuels ne permettent pas de stopper la progression de la dégénérescence mais d’en limiter seulement les symptômes. Ils visent à limiter le manque en dopamine de différentes manières :

  • En mimant l’action de la dopamine
  • En administrant une substance qui sera transformée en dopamine
  • En administrant une substance qui bloque la dégradation de la dopamine

Un traitement chirurgical peut également être envisagé consistant en l’implantation d’électrodes directement dans le cerveau.

Des différences cognitives spécifiques au sexe

La maladie de Parkinson touche 1,5 fois plus les hommes que les femmes. S’il a été montré que la progression motrice de la maladie est plus agressive chez les hommes, rien n’était connu de la progression cognitive selon le sexe.

Une équipe américaine vient de publier les résultats d’une étude portant sur 84 patients atteints de la maladie de Parkinson (45% de femmes) et 59 individus contrôles (46% de femmes). Aucune différence significative entre les groupes « homme » et « femme », en ce qui concerne l’âge, les années de scolarité, la cognition globale, le QI et la durée de la maladie n’a été relevée. Les critères étudiés étaient :

  • l’attention,
  • la mémoire de travail (mémoire à court terme)
  • la fonction exécutive (flexibilité, mise à jour des informations…)
  • la vitesse de traitement

Aucune différence n’a été détecté dans le groupe contrôle. Cependant, parmi les patients atteints de la maladie de Parkinson, les hommes avaient de plus grandes difficultés concernant la fonction exécutive et la vitesse de traitement, avec une moins bonne fluidité verbale que les femmes, sans différence dans les mesures d’attention ou de mémoire de travail.

Il apparait donc que la progression de la maladie au niveau cognitif est également plus forte chez les hommes que chez les femmes.

Efficacité d’un médicament dans le traitement de la somnolence diurne excessive

La société biopharmaceutique lyonnaise Theranexus vient d’annoncer l’efficacité de son candidat-médicament, le THN102, dans le traitement de la somnolence diurne excessive (SDE) chez les patients atteints de la maladie de Parkinson dans une étude de phase II.

À savoir ! Il existe 3 phases de tests cliniques d’un médicament avant qu’il ne reçoive son autorisation de mise sur le marché. Lors de la phase I, le médicament est administré à un petit groupe de volontaires en bonne santé, pour montrer sa non-toxicité. Lors de la phase II, le médicament est administré à un plus grand groupe de volontaires porteurs de la maladie, pour montrer l’efficacité thérapeutique. Lors de la phase III, le médicament est administré à des milliers de volontaires malades dans différents pays, pour montrer l’innocuité et l’efficacité à grande échelle, confirmer la posologie, identifier les effets indésirables…

Cette somnolence correspond à une incapacité à rester dans un état de veille et d’alerte normal, ce qui entraîne les accidents de la vie courante. Elle touche environ 40% des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

L’essai portait sur 75 patients recrutés en Europe et aux Etats-Unis, traités par THN102 ou un placebo. Avec le traitement, une proportion augmentée de patients ne présentait plus de somnolence diurne (27,5% contre 16,2% dans le groupe placebo). De plus, la molécule avait un excellent profil de tolérance. L’objectif de Theranexus est de s’associer à un partenaire industriel pour passer aux études de phase III.

Suzanne L., Pharmacienne et Rédactrice scientifique

– Reekes, T.H. et al. Sex specific cognitive differences in Parkinson disease. npj Parkinsons Dis. 6, 7 (2020). FRANCE PARKINSON. Consulté le 10 avril 2020.
– Communiqué de presse Theranexus du 31/03/2020. THERANEXUS. Consulté le 10 avril 2020.

Suzanne L.
Pharmacienne & Rédactrice scientifique
Spécialisée dans l’infectiologie
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