Maladie d’Alzheimer et défaut de glutathion dans le cerveau

Oct 28, 2018 par

Dans une étude clinique publiée dans Journal of Alzheimer’s Disease, une équipe de chercheurs rapporte que certaines formes de glutathion, un antioxydant qui protège le cerveau, sont considérablement réduites chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Glutathion et alzheimer

Moins de molécules antioxydantes dans l’hippocampe

On sait déjà que le déficit en glutathion (g-glutamylcysteinylglycine ou GSH) est retrouvé, dans les maladies dégénératives du cerveau comme la maladie de Parkinson et d’Alzheimer.

À savoir ! Le glutathion endogène (GSH) est un antioxydant et détoxifiant impliqué dans le stress oxydatif et l’équilibre rédox dans les cellules humaines. Il est capable de prévenir les dommages cellulaires causés par les radicaux libres, les peroxydes et les métaux lourds. In vivo, le taux de GSH servant de piégeur de radicaux joue un rôle important dans le mécanisme préventif d’oxydation et est considéré comme un indicateur important du vieillissement en bonne santé, des troubles neurodégénératifs et des troubles psychiatriques.

Ici, les chercheurs ont réussi à détecter in-vivo le glutathion et mettre en avant, pour la première fois, que certaines formes de la molécule ont une implication dans la neurodégénérescence.

Pour réaliser cette étude clinique, l’équipe du Dr Pravat Mandal, du centre de recherche national sur le Cerveau de Gurgaon en Inde et de l’université de Melbourne en Australie, a observé, de manière non invasive, la répartition de glutathion dans le cerveau de 29 personnes en bonne santé.

L’équipe a utilisé la spectroscopie à résonance magnétique (SRM) pour suivre avec précision les taux de GSH dans le cerveau.

À savoir ! La SRM repose sur les propriétés de résonance magnétique nucléaire que présentent certains noyaux atomiques. En étant placé dans un champ magnétique puissant et à une onde de radiofréquence, ces noyaux émettent un signal représenté sous la forme d’un spectre. En médecine, la SRM permet d’analyser, de manière non invasive, la structure d’une protéine du corps humain. Le spectre d’un tissu tel que le cerveau, le foie, le rein, peut être distinct selon que le tissu est normal ou tumoral ou pathologique. Par exemple, une anomalie du spectre des atomes de phosphore contenus dans le cœur contribue au diagnostic de certaines maladies cardiaques.

Après le traitement des données, ils ont constaté que le glutathion se retrouve dans le cerveau sous deux formes :  la forme fermée et la forme relâchée.

Mesurer l’effet de la supplémentation en glutathion

En recoupant leurs données sur le glutathion cérébral avec le profil des volontaires, ils se sont aperçu qu’une faible quantité de GSH dans l’hippocampe (structure cérébrale impliquée dans la mémoire à court terme) est associée à une déficience cognitive légère, un trouble retrouvé dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

Par ailleurs, ils ont montré que c’est la forme fermée de la GSH qui est déficitaire dans le cerveau des patients atteints pas la maladie d’Alzheimer.

Ici, les chercheurs rapportent, de manière inédite, l’existence de deux conformations in-vivo de GSH.

« Si des tests de routine non invasifs pour les niveaux inférieurs de GSH sont effectués dans les régions de l’hippocampe, nous pourrons peut-être limiter les progrès de la maladie d’Alzheimer en fournissant des suppléments en GSH » souligne le Docteur Mandal.

En effet, une certaine quantité de GSH provient directement de l’alimentation, en moyenne 150 milligrammes par jour, et plus particulièrement des fruits et des légumes. Cependant, la plus grande partie du GSH est synthétisée dans les cellules du foie avant d’être exporté vers la circulation sanguine. Les différentes voies d’administration de GSH ont déjà été étudié et il apparaît que l’ingestion de protéines de lactosérum (le petit lait) fournirait la source la plus riche d’acides aminés (molécule qui rentre dans la composition des protéines) précurseur de GSH.

Prochainement, les chercheurs vont mener une étude clinique mesurant l’effet d’une supplémentation de GSH sur la réserve cognitive de volontaires âgés et en bonne santé.

– A new study indicates the possibility to monitor the progression of Alzheimer’s Disease by monitoring major brain antioxidant levels using noninvasive techniques. Journal of Alzheimer Disease. Consulté le 23 octobre 2018.
– A Multi-Center Study on Human Brain Glutathione Conformation using Magnetic Resonance Spectroscopy. Journal of Alzheimer’s Disease. Shukla D. et al. Consulté le 22 octobre 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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