Un anti-viral conçu par un ordinateur

May 17, 2016 par

anti-virus conçu par un ordinateur

Alors que le virus Zika inquiète encore et toujours, la société IBM, en partenariat avec l’Institut de bio-ingénierie et nanotechnologie IBN de Singapour, affirme avoir trouvé une molécule tueuse de virus. Et ce, grâce à des méthodes de modélisation informatiques.

Une macromolécule tueuse de virus

Les virus ont la faculté de muter très rapidement, conférant une efficacité généralement modérée aux antiviraux dans le temps. Les chercheurs d’IBM (International Business Machines), société pionnière dans le domaine informatique, associés à l’IBN (Institut de bio-ingénierie et nanotechnologie) de Singapour, se sont lancés à la recherche d’un traitement capable de contrer ces résistances.

Alors que la plupart des chercheurs tentent de lutter contre les variations au sein du système génétique viral – c’est-à-dire leur ADN ou leur ARN -, ces nouvelles recherches ont ciblé spécifiquement ce qui ne change jamais chez les virus mutés.

Un logiciel informatique a exploité toutes les données connues à ce jour sur la mutation des virus. Via la modélisation 3D, les bio-informaticiens ont pu découvrir que les charges électriques réparties sur l’enveloppe des virus ne changent pratiquement jamais. Les chercheurs ont donc orienté leur stratégie de recherche sur l’attaque de l’enveloppe virale, en tentant d’influer les liaisons en question.

Comment marche un anti-viral ?

La macromolécule est capable de s’attaquer aux virus via 3 actions :
–    Un des composants met en jeu des liaisons électrostatiques qui vont « verrouiller » le virus et l’empêcher d’infecter des cellules saines ;
–    La macromolécule peut également affecter le pH du virus : en rendant l’intérieur des cellules moins acide, celles-ci auront plus de difficulté pour se répliquer et ainsi la multiplication du virus sera ralentie ;
–    La macromolécule renferme un sucre appelé mannose. Celui-ci est capable de se lier aux cellules du système immunitaire et de les attirer vers le virus.

D’après des tests réalisés en laboratoire, la molécule serait efficace sur plusieurs virus (dont Ebola, la dengue, l’herpès) et ne montre pour l’instant aucun signe de résistance de la part de ces derniers.

Quelle utilité ?

Cette macromolécule pourrait être utilisée dans le traitement des virus résistants, comme par exemple le virus Zika. Mais avant d’être prescrit, de longues études seront à réaliser, avec une étape de recherche et développement ainsi que des essais précliniques et cliniques.

Les chercheurs parlent d’utiliser cette molécule en pulvérisation dans l’environnement des patients contaminés afin de prévenir les éventuelles infections supplémentaires (protection du personnel soignant, des proches, des patients en milieu hospitalier, etc.).

Comme de nombreuses entreprises high-tech, IBM désire investir le secteur de la santé. La firme voit déjà son logiciel Watson, intelligence artificielle connue pour son succès dans le jeu « Jeopardy! », profiter à la recherche médicale. Watson pourrait, entre autres, participer à l’analyse des essais cliniques et donner des précisions sur les diagnostics médicaux.

Clémence R. Pharmacienne


Sources
Arlene Weintraub, IBM’s plan to fight Zika and other runaway viruses with Watson’s help, Forbes, 11 mai 2016
Une grosse molécule pour combattre les virus, Courrier International, 13 mai 2016
Watson, Un vaste champ d’applications dans la vie de tous les jours, IBM

Clémence R.
Pharmacienne.
Passionnée par la neuropsychiatrie et la e-santé.
Aime l’univers de la musique et de la photographie.
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