Prévenir la dégénérescence maculaire liée à l’âge : la solution dans notre assiette ?

Mar 2, 2017 par

Dégénérescence maculaire liée à l’âge DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie de la rétine. En France, elle touche une personne sur 3 après 75 ans. Des gènes responsables ont été identifiés, mais ils semblent entrer en interaction avec notre alimentation. Alors, prévenir la DMLA grâce à des apports nutritifs adaptés, est-ce possible ? Santé sur le Net fait le point.

Les recommandations du monde scientifique : du poisson, encore du poisson…

De nombreuses études se sont intéressées au lien entre DMLA et alimentation. Une enquête française a démontré que la consommation de poisson gras plus d’une fois par mois était associée à une diminution de 58 % du risque de DMLA. D’autres études ont révélé le rôle protecteur des caroténoïdes contenus dans les œufs ou les légumes.

De toutes ces informations, les chercheurs ont tiré certaines recommandations. Voici les aliments à privilégier pour prévenir la DMLA :

  • Du poisson, 2 fois par semaine, de préférence des poissons gras ;
  • Moules, crevettes et crustacés ;
  • Huile de noix et de colza ;
  • Fruits et légumes (notamment, les agrumes, les épinards, le choux, la laitue, le cresson, les champignons,…) ;
  • Les œufs ;
  • Le pain complet.

A savoir ! Lorsqu’on parle de poissons gras, on pense souvent au saumon, mais la liste est longue : maquereau, hareng, sardine, thon… Il y en a pour tous les goûts. Leur chair contient 8 à 15 % de matières grasses.

Des acides gras oméga 3 à longue chaîne pour les bâtonnets

L’effet bénéfique des poissons gras tient à leur forte teneur en acides gras oméga 3 à longue chaîne : l’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA).

Ces acides gras sont des composants essentiels des photorécepteurs de la rétine (les bâtonnets). La rétine est le siège d’une activité intense, et les besoins en DHA et EPA sont donc importants.

A savoir ! Les cônes et les bâtonnets sont les cellules photosensibles de la rétine. Elles transforment la lumière en influx nerveux qui sera ensuite interprété par le cerveau.

Les acides gras oméga 3 à longue chaîne ont également un rôle neuroprotecteur, vasorégulateur (évite la prolifération des vaisseaux sanguins dans la rétine) et anti-inflammatoire.

100 g de saumon cuit à la vapeur apportent 1,21 g d’acides gras oméga 3 à longue chaîne, ce qui couvre largement les apports journaliers minimums recommandés par l’ANSES.

A savoir ! Ces acides gras oméga 3 à longue chaîne ont également un rôle protecteur pour le système cardiovasculaire.

Des caroténoïdes pour filtrer la lumière bleue

Deux caroténoïdes xanthophylles, la lutéine et la zéaxanthine, sont présentes en quantité importante dans la rétine. Ce sont des pigments produits par les végétaux. L’homme ne synthétise pas les caroténoïdes, ils lui sont fournis par l’alimentation : épinards, choux, laitues, petits pois, maïs et œufs (en fonction de l’alimentation de la poule).

Une récente étude sur 100 000 personnes suivies 25 ans a démontré que le taux de concentration dans le sang de ces deux molécules était inversement proportionnel au risque de développer une DMLA.

La lutéine et la zéaxanthine ont des propriétés anti-oxydantes et de filtre de la lumière bleue ; ces caractéristiques semblent être responsables de leur effet protecteur vis-à-vis de la DMLA.

A savoir ! La lumière bleue fait partie du spectre de la lumière émise par le soleil. Éblouissante, elle est potentiellement dangereuse pour la rétine. Le port de lunettes de soleil est recommandé aux personnes atteintes de DMLA. Les écrans de nos téléviseurs, portables et ordinateurs émettent aussi de la lumière bleue. Il est possible de s’en protéger par des verres spéciaux.

Les produits laitiers, les vitamines C et E, certains minéraux (zinc et cuivre) semblent avoir également un intérêt préventif contre la DMLA.

Les ophtalmologues prescrivent aux patients présentant de signes débutants de dégénérescence maculaire des compléments nutritionnels. Cependant, il n’est jamais trop tôt pour prendre des bonnes habitudes. Et si vous mangiez du poisson ce midi ?

Isabelle V., Journaliste scientifique


Sources :
Dégénérescence maculaire liée à l’âge et nutrition, Jean-Michel Lecerf, Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition édition janvier-février 2017, 20 février 2017
DMLA, Ameli, consulté le 1er mars 2017

Isabelle V.
Journaliste scientifique
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