L’arrivée d’un nouvel outil pour diagnostiquer (aisément) la NASH

Jul 29, 2017 par

Des années en arrière, le syndrome du « foie gras » était relativement peu connu du grand public. Maintenant, c’est devenu la maladie la plus fréquente de sa catégorie. La raison principale ? Essentiellement l’obésité et le surpoids liés à une très mauvaise hygiène de vie. Les spécialistes du foie tirent la sonnette d’alarme devant l’ampleur de sa progression qui peut, en quelques temps, amener à de graves complications comme la cirrhose, ou pire encore, le cancer du foie.

eLIFT dépistage NASH

Plus de « foies gras » dans les pays développés

Malgré sa capacité rapide à se régénérer, un dysfonctionnement au niveau hépatique (foie) affecte profondément la qualité de vie des personnes.

En intervenant sur des fonctions essentielles à l’organisme, la survenue d’anomalies hépatiques entraîne entre autres une réduction rapide et importante de l’espérance de vie humaine.

Si les premiers symptômes sont peu ressentis, les dégâts internes au niveau tissulaire, sont néanmoins bien notables.

Malheureusement, les habitudes alimentaires prises par nos sociétés du XXIe siècle, font que les affections hépatiques ne sont pas prêtes de reculer. Et oui, les régimes trop gras et trop riches en sucres rapides (sodas et sodas light, régime riche en graisses saturées et cholestérol mais pauvre en graisses insaturées, fibres et vitamines C et E), associés à une chute de l’activité sportive, sont les responsables majeurs de ce « foie gras ».

Obésité, surpoids, diabète : les trois grands responsables de la NASH

Cette appellation de « foie gras » est connue plus scientifiquement sous le nom de stéatohépatite non alcoolique ou NASH. Elle touche particulièrement les personnes obèses, en surpoids et/ou diabétiques, qui peuvent développer aussi des maladies cardiovasculaires.

A savoir ! Les lésions tissulaires principales de la NASH sont en première ligne l’augmentation de volume du foie (hypertrophie) et l’accumulation de graisses dans le cytoplasme des cellules hépatocytaires.

Près de 900 000 français sont impactés par le « foie gras » ! Face à l’émergence de cette « nouvelle » maladie chronique hépatique, il est donc impératif de renforcer la prévention et l’information des risques de stéatose auprès des enfants et des parents.

En effet, auparavant, les cas de stéatose étaient majoritairement détectés chez les malades alcooliques. Désormais, la tendance a changé et près de 3 à 11 % des enfants sont touchés par ce syndrome métabolique.

Mais de quelle façon est-il possible de poser un diagnostic de NASH ?

Excepté les analyses sanguines, échographies hépatiques ou bien encore les palpations externes, le seul examen de référence qui aide à poser un diagnostic de dysfonctionnement hépatique reste la biopsie du foie (ou ponction hépatique). La détection d’une NASH chez un patient est donc rendue possible et confirmée via cette biopsie qui pose néanmoins certaines contraintes.

Bien que le délai d’intervention soit relativement court (de l’ordre de quelques minutes), une aiguille est pourtant insérée dans le tissu humain pour en prélever le petit fragment de foie nécessaire au diagnostic. Le prélèvement va permettre aux médecins d’analyser, via un microscope, la forme des cellules internes contenues dans le foie (dites cellules hépatocytaires) ainsi que la morphologie générale de l’organe. Cependant, comme il s’agit d’un examen invasif, les conséquences sur le patient sont loins d’être négligeables.

L’introduction de l’aiguille fait déjà peur aux patients et l’organisme réagit en contrepartie. Des douleurs commencent alors à se faire ressentir via une paralysie qui s’installe dans les régions proches du prélèvement. Le malaise vagal (perte de connaissance globale) fait aussi partie des complications les plus fréquentes de la ponction hépatique.

Serait-il alors possible de contourner cette intrusion tissulaire ?

eLIFT, la solution innovante pour dépister autrement la NASH !

Lors de l’évènement organisé sur le foie à l’Institut Pasteur (Paris) en ce début de mois, plus de 200 spécialistes français et américains se sont rencontrés pour aborder le sujet inquiétant de la stéatohépatite non alcoolique (NASH).

Le principal problème qui est pointé du doigt par ces hépatologues est le stade trop tardif durant lequel les lésions hépatiques sont identifiées. Alors que les examens biologiques habituels sont plus ou moins corrects.

L’idéal serait alors de pouvoir repérer très précocement les lésions internes chez les sujets, mais la ponction du foie, qui permet de le faire actuellement, ne peut être proposée à tous.

De ce fait, des cliniciens français (Dr Jérôme Boursier et son équipe) ont eu alors la brillante idée de mettre au point un nouveau test de dépistage hépatique, simple, rapide, et surtout non invasif !

Il s’agit de eLIFT (easy Liver Fibrosis Test) dont les recherches ont été publiées début 2017 dans le célèbre Journal of hepatology.

78% des cas de NASH seraient ainsi détectés via ce nouveau dispositif en prévoyant beaucoup moins de résultats faussement positifs que les tests actuels.

eLIFT est en fait un algorithme utilisant les paramètres biologiques de chaque individu pour établir ses propres calculs, soit :

  • Age ;
  • Sexe ;
  • AST (ASpartate Aminotransférase) ;
  • GGT (Gamma-Glutamyl Transférase) ;
  • Plaquettes ;

Ainsi, une fois que le test a détecté un cas possible de NASH, un examen plus poussé doit cependant être entrepris auprès d’un spécialiste confirmé dans les jours qui suivent.

Mais attention, même si le diagnostic de NASH est confirmé, il est difficile à l’heure actuelle de pouvoir proposer une solution thérapeutique médicamenteuse à ces patients. Seules des recherches menées à l’état clinique, voire pré-clinique sont encore à l’étude dans les laboratoires mais pas de molécule encore présentée sur le marché. Seules des recherches menées à l’état clinique, voire pré-clinique sont encore à l’étude dans les laboratoires mais pas de molécule encore présentée sur le marché.

Relativisons… avec la découverte de ce nouveau dispositif eLIFT, il va ainsi être possible de mettre plus rapidement la main sur des cas supplémentaires d’atteintes hépatiques avant que les lésions ne deviennent irréversibles.

La pression sur les traitements peut alors baisser d’un cran !

Et de cette façon, une plus large proportion de patients va pouvoir être étudiée et ce, en leur évitant de subir un examen trop lourd ! Une nouvelle plus que réjouissante…

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé.

– Des cliniciens français mettent au point le premier test simple non invasif de dépistage de la NASH. EGORA. Dr Philippe Massol. Le 7 Juillet 2017.
– A stepwise algorithm using an at-a-glance first-line test for the non-invasive diagnosis of advanced liver fibrosis and cirrhosis. NCBI – Journal of hepatology. Boursier et al. Juin 2017.
Lucie B.
Biologiste spécialisée en E-santé
Passionnée par l’univers des Neurosciences.
Possède un goût prononcé pour l’architecture d’intérieur et les nouvelles technologies.
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