Le rein est le principal organe épurateur de l’organisme. Il filtre le sang en continu pour éliminer les déchets de l’organisme, par les urines. Un cancer du rein correspond à la transformation maligne d’une cellule normale rénale qui devient cancéreuse.

Celles-ci prolifèrent de manière anarchique et forment un assemblage plus ou moins organisé appelé tumeur maligne. S’il n’est pas traité, ce tissu cancéreux peut continuer à se développer et envahir les tissus environnants. Cette propagation est nommée dissémination métastatique.

cancer rein

Fréquence

Le cancer du rein est peu fréquent avec environ 13 000 nouveaux cas en 2015, en France. Le cancer du rein représente près de 3 % de l’ensemble des cancers. Il touche de manière préférentielle les hommes (2 fois plus) que les femmes, avec un âge moyen au diagnostic de 65 ans.

On estime le nombre de décès liés au cancer du rein à 3 900 en 2009, en France. Ce chiffre est en constante diminution du fait des avancées thérapeutiques et d’une meilleure précocité au diagnostic. En 2010, la survie relative à 5 ans (nombre de patients en vie 5 ans après le diagnostic initial) était de 63 %. Par ailleurs, la survie atteint 90 % pour les stades localisés. Le cancer du rein est qualifié de pronostic intermédiaire (taux de survie à 5 ans compris entre 20 et 80 %) dans sa globalité et de bon pronostic (taux de survie à 5 ans > 80 %) lorsqu’il est local.

Facteurs de risque de cancer du rein

Le fait d’avoir un ou plusieurs facteurs de risque n’entraine pas forcément l’apparition d’un cancer. Ils augmentent la probabilité de développer ce cancer par rapport à une personne non exposée. Cependant, un cancer peut se développer sans qu’aucun facteur de risque ne soit présent.

A savoir ! Un facteur de risque désigne un élément qui peut favoriser le développement d’un cancer

Le tabac

Une consommation chronique de tabac favorise l’apparition du cancer du rein. Un fumeur a environ 1.5 fois plus de chance de développer la maladie par rapport à un non-fumeur. Ceci est en partie dû au fait que des substances carcinogènes du tabac sont éliminées par le rein. C’est durant cette phase d’épuration des résidus toxiques du tabac que les cellules du rein sont au contact des substances induisant la cancérisation.

Obésité et surpoids

Il est désormais clairement établi qu’une personne souffrant de surpoids ou d’obésité a un risque plus élevé de développer un cancer du rein.

La dialyse depuis plus de 3 ans

dialyse
La dialyse est une méthode thérapeutique visant à prendre le relais d’une fonction rénale défaillante, en éliminant à la fois les déchets du sang et l’eau en excès dans l’organisme.

Une dialyse ancienne de plus de trois ans peut conduire à l’apparition de kystes (formations liquidiennes) dans le rein, pouvant amener à une pathologie nommée dysplasie multikystique (DMK).

La DMK est un facteur très favorisant pour développer un cancer rénal si bien qu’au sein de la population dialysée, on retrouve 10 fois plus de cancer du rein que dans la population générale.


Facteurs de risques génétiques

Certaines formes de cancers du rein sont qualifiées de formes familiales héréditaires. Elles reposent sur un socle génétique transmis par nos parents. Ces formes représentent seulement 2 à 3 % de l’ensemble des cancers du rein. La plus fréquente d’entre elles est la maladie de von Hippel-Lindau qui prédispose fortement au cancer rénal, mais aussi aux cancers de la rétine et de la moelle épinière.

Symptômes

Le développement du cancer du rein est la plupart du temps asymptomatique (sans symptôme) et est découvert de manière fortuite lorsqu’une échographie ou d’un scanner par exemple. Néanmoins, il existe des signes révélateurs comme :

  • Une hématurie: présence de sang dans les urines de manière indolore et récidivante ;
  • Une douleur du flanc ;
  • Palpation d’une masse lombaire ;
  • La révélation par une métastase: le cancer rein se propage dans les poumons dans 75 % des cas. On peut donc révéler un cancer du rein par l’ensemble des signes du cancer du poumon ;
  • Une altération de l’état général avec perte de poids et fièvre inexpliquée.

Diagnostic

Il repose sur un examen clinique révélant différents symptômes vus ci-dessus couplé à un ensemble de bilans paracliniques (biologie, imagerie, biopsie). Il est important de souligner que tous ces bilans ont pour objectif de confirmer ou non la présence de cancer et de caractériser la tumeur afin de proposer un traitement optimisé pour le patient.

Il comprend :

  • Un examen clinique : interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux (recherche de forme familiale), recherche de symptômes évocateurs. Ce bilan est en général normal sauf si la tumeur est suffisamment importante pour être palpée directement par le médecin.
  • L’échographie abdominale : permet le plus souvent seulement d’orienter le médecin, car c’est un examen peu sensible.
  • Un scanner abdominal ou Tomodensitométrie (TDM) : c’est l’examen de référence pour le diagnostic de cancer du rein. Du fait de sa précision, il permet d’affirmer si le patient a une masse au niveau du rein, sa localisation exacte ainsi que sa taille. Ces informations sont indispensables à la suite de la prise en charge et servent à prendre ou non, la décision d’un geste chirurgical.
carcinome
  • La confirmation diagnostique se réalise le plus souvent par le biais de l’examen anatomo-pathologique (observation au microscope des cellules) de la pièce opératoire ou d’une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu rénal). Il faut y ajouter des examens moléculaires pour préciser exactement de quel type de cancer du rein il s’agit.

Photo : Observation microscopique d’un carcinome rénal


A savoir ! Il est fondamental et essentiel de bien caractériser les cellules cancéreuses afin de pouvoir les traiter du mieux possible.

Prise en charge thérapeutique du cancer du rein

La prise en charge thérapeutique dépend du type cellulaire, de la taille, de la localisation (locale ou métastatique) de la ou les tumeurs. En fonction du grade tumoral, les médecins spécialistes élaborent un protocole en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). L’avis du RCP est ensuite soumis au patient par son médecin référent. C’est donc une concertation entre patient et médecin qui donne le « feu vert » à la prise en charge thérapeutique. Le patient valide l’avis du RCP par son consentement éclairé, il doit avoir compris les enjeux et les risques liés au protocole proposé.

Comme pour la quasi-totalité des cancers, la prise en charge comporte 3 grands axes : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Ces trois types de traitements ont la spécificité de devoir être utilisés soit à visée systémique (corps entier) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La chirurgie

Lorsqu’elle est réalisable, c’est le traitement de référence du cancer du rein local. C’est-à-dire que la chirurgie est la meilleure thérapie connue. Pour le cancer du rein, la chirurgie consiste plus particulièrement en :

La néphrectomie

Elle correspond à l’ablation totale ou partielle du rein en fonction du stade et de la localisation de la tumeur. Si le cancer rénal est purement local, la prise en charge peut s’arrêter là et le patient est potentiellement guéri. Dans les formes métastatiques disséminées, la chirurgie doit être complétée par un traitement de chimiothérapie et/ou radiothérapie.

La radiothérapie

La radiothérapie est un traitement locorégional utilisant des rayonnements ionisants de hautes énergies pour détruire des cellules cancéreuses.

Cette méthode thérapeutique permet de cibler très précisément une zone à traiter pour irradier la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du rein, la radiothérapie n’est indiquée que dans les formes disséminées et sert à traiter majoritairement les métastases non rénales.

radiotherapie

La chimiothérapie en oncologie du rein

La chimiothérapie en oncologie comprend l’ensemble des thérapeutiques médicamenteuses agissant sur les cellules cancéreuses et ayant pour but soit de les détruire soit de limiter leurs multiplications. C’est le seul axe thérapeutique qui agit sur l’ensemble de l’organisme. Les traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés par voie veineuse ou par voie orale en fonction des molécules employées. Pour le cancer du rein, la chimiothérapie est le plus souvent proposée dans les formes métastatiques. Les traitements de référence sont les thérapies ciblées et l’immunothérapie. Ces nouvelles molécules, apparues au début des années 2000, sont dirigées contre un mécanisme spécifique de la tumeur pour stopper ou ralentir la progression de la maladie. Plus particulièrement, le principe de l’immunothérapie est d’accroitre le potentiel de notre système immunitaire à lutter contre la tumeur.

Thérapies ciblées au secours du cancer du rein disséminé

L’impact de la recherche dans la prise en charge du cancer du rein métastatique a été déterminant lors des dernières années. En novembre 2015, les résultats d’une étude clinique nommée Checkmate 025 comparant un traitement de référence (Evérolimus) à une nouvelle thérapie (Nivolumab) a montré une augmentation de la survie globale passant de 19 à 25 mois. L’étude a par ailleurs été arrêtée plutôt que prévu tant l’efficacité du Nivolumab était supérieure à celle de l’Evérolimus avec en prime une bien meilleure tolérance et donc moins d’effets indésirables.

Résultats de cette étude

Au final depuis près de 10 ans, les innovations chirurgicales et médicamenteuses ont permis d’étendre la durée de vie des patients souffrant de cancer métastatique de près de 3 ans.

Jean C. / Pharmacien

– La Prise en charge du cancer du rein. Haute Autorité de Santé (HAS). Mis à jour en avril 2013.
– Epidémiologie Cancer du rein. Institut National du Cancer (INCa). Mis à jour en novembre 2010.
– Tumeur maligne, Cancer du rein de l’adulte. HAS. Mis à jour en juin 2010.
– Facteurs de risque cancer du rein. Institut National du Cancer (INCa). Mis à jour en avril 2013.
– Tumeurs du rein. Association Française d’Urologie. Consulté le 10/04/2017.
– Indice de Masse corporelle. OMS. Mis à jour Juin 2016.
– Maladie de bon Hippel-Lindau. Orphanet. Mis à jour en avril 2012.
– Dysplasie rénale multikystique : mise au point et information pour les parents lors du diagnostic anténatal. J. Bacchetta et al. Réunion pluridisciplinaire de diagnostic anténatal en néphro-urologie.
– Nivolumab versus everolimus in advanced renal-cell carcinoma. R.J Motzer et al. New England Journal of Medicine. 373, 05 Nov 2015.