Le rythme cardiaque normalement régulier est compris entre 60 et 80 battements par minute. Toutefois, lorsqu’il s’accélère, se ralentit ou devient irrégulier, on parle alors d’arythmie ou de troubles du rythme cardiaque. Il représente des pathologies très variées, plus ou moins graves, mais dont les symptômes peuvent affecter les conditions de vie des patients. Avec une surveillance régulière, des mesures de prévention et, si besoin, un traitement adapté, il est possible d’en limiter les symptômes et les risques de complications.
Analyse d'un électrocardiogramme

Définition de l’arythmie

Les troubles du rythme cardiaque ou arythmies sont caractérisés par une fréquence cardiaque anormale : trop lente, appelée bradycardie ; trop rapide, appelée tachycardie ; ou irrégulière.

Les troubles du rythme cardiaque ne sont pas toujours graves, mais une surveillance régulière par le médecin doit être effectuée. Des règles hygiéno-diététiques et un traitement adapté permettent d’éviter l’expression de ces troubles et les risques de complications.

La distinction entre variations normales du rythme cardiaque et arythmies n’est pas toujours facile. Une arythmie peut parfois passer inaperçue. La fréquence cardiaque est aux alentours de 70-75 battements par minute, elle peut être ralentie ou augmentée selon les individus, mais reste régulière. Cette fréquence varie entre 60 à 100 battements par minute en fonction de :

  1. L’âge
  2. L’activité physique
  3. Une émotion intense
  4. L’heure de la journée

Le cœur s’adapte à chaque situation normale et son rythme augmente de manière régulière sans aucune gêne ressentie.

Fréquence cardiaque

Elle correspond au nombre de cycles cardiaques (ou nombre de battements) par minute et se mesure facilement par la prise du pouls.

prendre son poulsComment prendre son pouls ?
À chaque battement cardiaque, le sang est propulsé vers les organes, provoquant une « onde pulsative » dans les artères, appelée « pouls ». Il permet une mesure simple du nombre de battements cardiaques par minute. Chez un adulte, il varie entre 60 et 100 battements par minute, si la personne est au repos ou après un effort physique.

Il peut être pris sur différentes artères, mais le plus simple pour un patient reste le poignet ou le cou, ou chez un nourrisson au niveau de la partie supérieure du bras (artère brachiale) :

  1. Placez le bout de deux doigts au-dessus d’une artère.
  2. Appuyez légèrement afin de ressentir le pouls.
  3. Comptez le nombre de pulsations ressenties pendant 30 secondes.
  4. Multipliez le nombre obtenu par 2 : vous obtenez le nombre de battements par minute.

Le cycle cardiaque peut être simplifié en 3 phases :

  1. Une phase de relaxation appelée diastole permettant le remplissage des cavités cardiaques par le sang ;
  2. Une phase de contraction appelée systole qui se caractérise par une augmentation de la pression intra-cavitaire ;
  3. Une phase d’éjection du sang dans le réseau circulatoire.

À savoir ! Rythme cardiaque n’est pas synonyme de fréquence cardiaque, il désigne le profil que l’on obtient avec un électrocardiogramme, on le dit alors régulier ou irrégulier. En clair, la fréquence cardiaque est l’un des paramètres permettant d’évaluer le rythme cardiaque.

Types d’arythmies les plus fréquentes

Bradycardie sinusale

Rythme cardiaque lent et régulier, bien toléré. Normal chez le sportif entraîné. On parle de bradycardie quand la fréquence cardiaque descend au-dessous de 60 battements par minute.

Tachycardie sinusale

Simple accélération bénigne mais inappropriée du rythme cardiaque normal, en réponse à une émotion. On parle de tachycardie si le cœur bat plus de 100 fois par minute.

Parmi les troubles du rythme, nous pouvons différencier les troubles de l’automatisme, des troubles de la conduction. De plus si le trouble se déclare dans le ventricule, on parle alors d’arythmie supra-ventriculaire ; s’il se déclare dans l’oreillette, on parle d’arythmie extra-ventriculaire.

Troubles de l’automatisme

Le terme de « troubles de l’automatisme cardiaque » regroupe l’ensemble des anomalies de la génération de l’influx nerveux.

  • Fibrillation auriculaire (FA)
caillot sanguin

Caillot sanguin

Désorganisation de l’activité électrique au niveau des oreillettes, entrainant une fréquence cardiaque irrégulière, parfois rapide. Le patient perçoit alors une accélération brutale et anormale du rythme cardiaque. C’est le trouble du rythme le plus fréquent, il survient par crise et son incidence augmente avec l’âge. La principale complication liée à cette pathologie est la formation de caillot sanguin (thrombose) pouvant générer une embolie artérielle (migration du caillot dans la circulation) et donc un AVC.

  • Flutter auriculaire

Tachycardie auriculaire permanente et organisée (150 battements par minute), souvent responsable d’essoufflement ou d’insuffisance cardiaque. Si le rythme est peu élevé il n’y a aucun symptôme, si par contre, le rythme est rapide, il y a un risque de diminution du débit cardiaque (vertiges, syncope).

  • Extrasystoles

Contractions cardiaques prématurées soit d’une oreillette, soit d’un ventricule, due à une hyper-excitation électrique anormale. Elles sont majoritairement asymptomatiques, sinon elles peuvent être ressentit comme une sensation de choc dans la poitrine suivi d’une sensation désagréable de pause dans le rythme cardiaque. C’est un trouble fréquent, bénin sur un cœur sain, mais pouvant aussi être un des symptômes d’une pathologie cardiaque plus sérieuse.

  • Tachycardie ventriculaire

Urgence médicale absolue définie par l’accélération régulière du rythme cardiaque (140-200/min) issue d’une activation incontrôlée des ventricules. Une tachycardie qu’elle soit aiguë ou prolongée est toujours symptomatique avec des signes qui peuvent être sévères s’il existe une maladie cardiaque sous-jacente.

  • Torsades de pointe

Accélération du rythme cardiaque brève et irrégulière pouvant être gravissime (180-250 battements /min). Généralement asymptomatiques, elles peuvent cependant entraîner la mort subite.

  • Fibrillation ventriculaire

Urgence vitale se traduisant par la perte de toute activité électrique organisée des ventricules, entrainant une inefficacité mécanique complète du cœur et donc un arrêt cardiaque immédiat. Elle n’est jamais réversible spontanément, un choc électrique est nécessaire.

Troubles de la conduction

Le terme de « troubles de la conduction cardiaque » regroupe l’ensemble des anomalies de transmission de l’influx nerveux.

  • Bloc auriculo-ventriculaire

Perte de contact (au niveau de l’influx nerveux) entre les ventricules et les oreillettes engendrant alors un ralentissement permanent ou transitoire du rythme cardiaque des ventricules. Le bloc auriculo-ventriculaire est le plus souvent symptomatique (fatigue, essoufflement, perte de connaissance voire mort subite dans de rares cas) et peut être responsable de complications telles que : syncope, insuffisance cardiaque (incapacité du cœur à fournir le sang dont le corps à besoin), insuffisance coronarienne (irrigation insuffisante du cœur).

  • Bloc sino-auriculaire ou bradycardie avec déficience sinusale

Trouble aigüe ou permanent de la conduction entre le nœud sinusal et une oreillette, généralement asymptomatique ou pouvant provoquer de la fatigue, des essoufflements, étourdissements voire de brèves pertes de connaissance. Il peut donner lieu à l’implantation d’un stimulateur (pacemaker) pour stimuler l’oreillette.

  • Bloc de branche (droit ou gauche)

Contraction ventriculaire provoquée par le ralentissement voire le blocage de la conduction au niveau d’une des branches du faisceau de His (tissu conducteur de l’influx nerveux situé dans le ventricule droit). Un bloc de branche est généralement asymptomatique, ou lorsqu’il y a des symptômes se sont ceux liés pathologie initiale (par exemple, l’insuffisance cardiaque, l’hypertension).

Facteurs de risque

Une arythmie peut survenir chez chacun d’entre nous, mais certains facteurs favorisent sa survenue :

  1. L’âge avancé ;
  2. L’hypertension artérielle, et autres maladies cardiaques ;
  3. Les maladies pulmonaires chroniques ;
  4. L’anémie ;
  5. Les maladies de la thyroïde, particulièrement l’hyperthyroïdie ;
  6. Une mauvaise alimentation et condition physique ;
  7. L’excès de substances excitantes cardiaques telles que le café, la nicotine, l’alcool, certains médicaments, certaines drogues… ;
  8. Des facteurs psychiques tels que la dépression ou le stress ;
  9. Un changement climatique trop brutal, particulièrement chez les personnes âgées ;
  10. Une pratique intensive de sports d’endurance.

Symptômes et complications

Symptômes

Les arythmies peuvent être de formes aiguë, chronique ou permanente, symptomatiques ou asymptomatiques et plus ou moins bien tolérées. Les symptômes sont donc très variés : palpitations, vertiges ou pertes d’équilibre, fatigue, essoufflement inhabituel, perte de connaissance, angoisse, troubles de la conscience, mort subite.

À savoir ! Ce qui différencie une affection aigüe d’une affection chronique est la durée d’évolution. Généralement, on qualifie d’aigüe une pathologie brève et débutant brutalement, alors que l’on parle de pathologie chronique lorsqu’elle débute plutôt progressivement et dure dans le temps.

Complications

La survenue des complications et des symptômes peut être évitée avec une mise en place d’un traitement en fonction du patient et de son type d’arythmie.

Les complications peuvent être graves et induire une urgence médicale vitale. Les troubles du rythme peuvent, par exemple, favoriser la formation d’un caillot sanguin et donc la survenue d’un AVC. La fibrillation auriculaire peut, quant à elle, provoquer un arrêt cardiaque. Il est alors important de réagir vite. A cet effet, il a été mis à disposition des défibrillateurs cardiaques dans les lieux publics fréquentés. La survenue des complications et des symptômes peut être évitée avec une mise en place d’un traitement en fonction du patient et de son type d’arythmie.

défibrillateur cardiaque

Les complications peuvent être graves et induire une urgence médicale vitale. Les troubles du rythme peuvent, par exemple, favoriser la formation d’un caillot sanguin et donc la survenue d’un AVC. La fibrillation auriculaire peut, quant à elle, provoquer un arrêt cardiaque. Il est alors important de réagir vite. A cet effet, il a été mis à disposition des défibrillateurs cardiaques dans les lieux publics fréquentés.

Les troubles du rythme peuvent aussi aggraver d’autres maladies cardio-vasculaires. Une fibrillation auriculaire sera moins bien supportée avec une angine de poitrine par exemple, et une arythmie cardiaque peut provoquer ou aggraver une insuffisance cardiaque préexistante.

Diagnostic et examens complémentaires

L’examen clinique et les symptômes décrits par le patient permettent une première orientation du diagnostic.

L’exploration courante du rythme cardiaque se fait avec un électrocardiogramme au repos. C’est un examen clé pour le diagnostic des troubles du rythme cardiaque. Cependant certains troubles sont ponctuels et ne sont pas visibles sur un ECG. Il est nécessaire alors de réaliser des examens complémentaires tels que : Holter, épreuve d’effort, exploration électro-physiologique.

Électrocardiogramme (ECG) au repos

L’ECG n’est contributif que si le trouble est permanent. Il donne des informations sur la fréquence, la régularité et la synchronisation des excitations des oreillettes et des ventricules. Il peut aussi apporter des informations sur les éventuelles maladies cardiaques sous-jacentes (atteinte des coronaires, hypertrophie ventriculaire ou autre).

Holter cardiaque

Le Holter correspond à un ECG ambulatoire enregistré sur 24h. Sa rentabilité dépend de la fréquence des épisodes d’arythmies. Il est utile lorsque les troubles sont brefs, inconstants et surviennent dans des circonstances particulières.

Le patient porte durant 24h des électrodes reliées par un câble à un enregistreur portable (de la taille d’un téléphone) qui mémorise toute l’activité électrique du cœur. Le patient mène une activité normale durant tout l’enregistrement. Le médecin peut ensuite établir une corrélation entre les symptômes notés par le patient et le tracé électrique. L’enregistrement peut aussi se faire « à la demande » et le patient le déclenche lui-même lorsqu’il ressent des symptômes.

Il permet de :

  1. Détecter des arythmies aiguës ou non perçues par le patient
  2. Faire une estimation du nombre d’extrasystoles (contractions cardiaques prématurées soit d’une oreillette, soit d’un ventricule)
  3. Visualiser d’autres anomalies sur l’ECG durant des épisodes de palpitations ou des malaises
Holter cardiaque

ECG avec épreuve d’effort

C’est un examen idéal pour démasquer les troubles du rythme survenant (ou aggravés) à l’effort. Sur un vélo statique ou un tapis roulant, le patient accomplit un effort progressif et adapté. Un ECG, la pression artérielle et la fréquence cardiaque sont enregistrés durant la séance.

Explorations électro-physiologiques

On enregistre directement l’activité électrique cardiaque en montant une ou plusieurs électrodes à l’intérieur du cœur. Cette opération est invasive et nécessite une anesthésie locale voire générale. Elle permet d’étudier avec précision la conduction électrique dans le tissu nodal, ainsi qu’à déclencher les tachycardies et en analyser le mécanisme.

D’autres examens peuvent être demandés pour compléter le bilan :

  1. Un bilan sanguin pour rechercher des anomalies pouvant favoriser les troubles du rythme ;
  2. Un écho doppler cardiaque, examen permettant l’examination en direct des mouvements et de la circulation du cœur, la fonction doppler permet d’apprécier la vitesse de circulation du sang ;
  3. Une scintigraphie myocardique, examen permettant de visualiser l’irrigation du muscle cardiaque ;
  4. Une IRM ou Imagerie par Résonance Magnétique, technique d’imagerie permettant de visualiser n’importe quelle partie interne du corps humain en très haute qualité ;
  5. Une coronarographie, examen permettant de visualiser (grâce à un produit de contraste) les artères coronaires.

Les principaux traitements

Le traitement est mis en place par un cardiologue. Sa surveillance peut être assurée par un médecin traitant.

Traitement médicamenteux

Chaque traitement est adapté au patient et au trouble du rythme rencontré. Il peut être prescrit pour prévenir les futures crises, diminuer les symptômes, éviter la survenue de complications des maladies cardio-vasculaires sous-jacentes, …

Principaux traitements médicaux :

  1. Anti-arythmiques : prévention de la crise ou traitement des arythmies.
  2. Anticoagulants : prévention des complications telles que les accidents thromboemboliques.

Traitements électriques externes

    1. La cardioversion électrique ou choc électrique ou défibrillation : geste hospitalier programmé sous anesthésie générale, caractérisé par une forte décharge électrique délivrée pour restaurer un rythme cardiaque normal lorsque les traitements médicaux ont échoué. Il est nécessaire de prendre des anticoagulants avant l’opération pour éviter le risque de formation de caillot sanguin.
    1. La cardioversion électrique d’urgence : réalisée lorsque le patient est en arrêt cardiaque avec les défibrillateurs cardiaques mis à disposition dans les lieux publics fréquentés.

Traitements électriques internes

    1. Technique d’ablation par courant de haute fréquence : traitement curatif (sous anesthésie locale) qui consiste à appliquer un courant de haute fréquence à l’aide d’une sonde (via un cathéter) qui mit en contact avec la zone à traiter, cautérise le tissu cardiaque ;
    1. Défibrillateur automatique implantable : pour prévenir les cas de mort subite chez les patients atteints de troubles graves du rythme ventriculaire. Il est composé de sondes reliées au muscle cardiaque et d’un boîtier électrique (100g) placé dans une poche sous la peau. Cette surveillance permanente permet en cas d’anomalie grave de mettre en marche le défibrillateur ;

Stimulateur cardiaque

    1. Pacemaker : stimulateur cardiaque, qui permet de stimuler les cœurs avec un ralentissement important et de provoquer des contractions cardiaques. Le dispositif électrique est composé d’un boîtier (25g) posé sous la peau et d’électrodes posées (en passant par les veines) dans le ventricule et/ou l’oreillette.

Vivre avec sa pathologie

Quelques conseils de vie pour mieux supporter ces pathologies et vivre « normalement » :

  1. Arrêter de fumer ;
  2. Marcher 30 à 40 minutes au moins 3 fois par semaine ;
  3. Diminuer la consommation de café, de thé et d’alcool, qui sont des excitants cardiaques ;
  4. Éviter le stress ;
  5. Suivre son traitement médicamenteux, ne jamais l’arrêter sans avis médical et éviter l’automédication.

Marie B., Pharmacienne ; Charline D., Pharmacienne

– Le cœur et son fonctionnement. Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM). Consulté en janvier 2017.
– Troubles du rythme cardiaque. Améli Santé. Consulté en janvier 2017.
– Guide Parcours de soins. Fibrillation atriale. 2014. Haute Autorité de santé (HAS). Consulté en janvier 2017.
– Actes et prestations. Fibrillation auriculaire. 2015. Haute Autorité de santé (HAS). Consulté en janvier 2017.
– Troubles du rythme ventriculaire graves : actes et prestations. 2012. Haute Autorité de santé (HAS). Consulté en janvier 2017.
– “COMMENT JE TRAITE UNE ARYTHMIE?.”. Philip, I., S. Provenchère, and P. Sakr. Consulté en janvier 2017.
– Troubles du rythme. Fédération Française de Dardiologie. Consulté en janvier 2017.
– Dominguez, Manuel, and Marc Dubuc. Arythmie cardiaque: guide d’apprentissage. PUM, 2005. Consulté en janvier 2017.
– Les arythmies cardiaques. Fondation suisse de Cardiologie. Consulté en janvier 2017.
– Les différents troubles du rythme cardiaque. Département Cardiovasculaire – Clinique universitaire Saint Luc.. Consulté en janvier 2017.
– brochure Arrêt cardiaque. Amélie Santé. Consulté en janvier 2017.