Selon l’OMS, l’hypertension artérielle (HTA) tue 9 millions de personnes par an à travers le monde. Il s’agit de la plus fréquente des affections cardio-vasculaires. Seuls 50% des adultes diagnostiqués avec une HTA élevée sont au courant de leur situation. Le caractère silencieux de l’HTA, le vieillissement de la population et la prévalence de l’obésité et de la sédentarisation en ont fait un problème majeur de santé publique dans les pays développés et en voie de développement.

prise de tension


Hypertension artérielle : définition

L’hypertension artérielle (HTA) correspond à une pression du sang sur la paroi des artères anormalement élevée, persistante lorsque le sujet est au repos. Lorsque la pression artérielle est trop élevée, le cœur doit fournir plus d’efforts pour pomper le sang à travers les vaisseaux sanguins et le redistribuer. Par conséquent, l’hypertension artérielle constitue un risque majeur d’accident cardiovasculaire (AVC, infarctus, insuffisance cardiaque, etc…).

Fréquence

L’hypertension artérielle est l’affection cardiovasculaire la plus fréquente. Dans le monde, près d’un adulte sur trois est hypertendu. Ce nombre devrait croître de 60 % pour atteindre 1,56 milliard d’hypertendus d’ici 2025. Bien que l’HTA touche autant d’hommes que de femme, sa fréquence augmente avec l’âge. En effet, 40 % des adultes de 65 ans sont hypertendus et 90 % des plus de 85 ans le sont aussi.

Selon une enquête française (FLAHS, 2004), 30 % de la population française, en plus des sujets traités, présente une hypertension artérielle non dépistée ou non traitée. De plus, seule la moitié des patients traités présenteraient une tension bien contrôlée, avec des chiffres tensionnels inférieurs à 140/90 mmHg (Étude Nationale Nutrition Santé).

L’hypertension artérielle arrive en deuxième position, après le tabagisme et l’alcoolisme, sur la liste des facteurs diminuant le nombre d’années de vie en bonne santé (OMS).

Tension artérielle, mesure

Le cœur agit comme une pompe qui propulse le sang dans toutes les artères, permettant un apport constant en énergie et en oxygène à l’ensemble de l’organisme. Le sang propulsé exerce une pression sur la paroi des artères. Cette pression est appelée tension artérielle et est historiquement mesurée en millimètres de mercure (mmHg) ou en centimètres de mercure (cmHg).

La pression artérielle s’exprime par 2 valeurs :

  1. La pression artérielle systolique (PAS) : pression mesurée au moment où le cœur se contracte (systole) et éjecte le sang dans le réseau artériel (c’est la pression maximale du sang)
  2. La pression artérielle diastolique (PAD) : pression mesurée au moment où le cœur se remplit (c’est la pression minimale du sang).

La pression artérielle n’est pas constante, elle fluctue au cours de la journée. Elle est plus basse en position allongée pendant le sommeil et le repos et est plus élevée en position debout au cours de la journée. Plusieurs paramètres peuvent faire varier la pression artérielle tels que l’activité physique, le froid, un choc émotionnel, le stress, etc …

Une pression artérielle est dite normale aux alentours de 120/80 mmHg (ou 12/8 cmHg) :

  1. Pression artérielle diastolique mesurée = 8 cmHg
  2. Pression artérielle systolique mesurée = 12 cmHg

Une HTA est avérée si :

  1. Pression artérielle diastolique mesurée ≥ 9 cmHg
  2. Pression artérielle systolique mesurée ≥ 14 cmHg

Attention ! Insuffisance rénale / Diabète :

  1. Diastolique ≥ 8 cmHg
  2. Systolique ≥ 13 cmHg

La mesure de la pression artérielle est un examen rapide, facile et indolore. Il doit être réalisé après 5 minutes de repos au minimum, en position assise ou allongée.

Les valeurs doivent être constatées après plusieurs mesures lors d’une même consultation et lors de consultations successives (à minima 3) sur une période de 3 à 6 mois maximum avant d’établir un diagnostic d’hypertension. Le traitement n’est pas systématique. Il est initié lorsque la tension dépasse ces valeurs avec des facteurs de risques aggravants et sur de longues périodes. Dans certains cas, tels que le patient diabétique ou l’insuffisant rénal, les valeurs « limites » de la pression artérielle sont légèrement plus basses ≥ 13/8 cmHg (130/80mmHg).

Le médecin peut proposer de mesurer la tension à domicile au moyen d’un appareil ou la prise d’une Mesure Ambulatoire de la Pression Artérielle (MAPA). Cette dernière est un enregistrement continu de la tension sur 24 heures, et permet de valider un diagnostic ou de confirmer le caractère permanent de l’élévation tensionnelle.

Symptômes

Au départ, l’hypertension artérielle est silencieuse et ne s’accompagne d’aucun symptôme. Elle est bien souvent diagnostiquée tardivement et peut être découverte fortuitement lors d’un examen médical pour un autre motif. Cependant, certains symptômes peu spécifiques doivent alerter sur ce risque, notamment :

  1. Maux de tête permanents ou culminant le matin au réveil (plutôt au niveau de la nuque et à l’arrière du crâne)
  2. Vertiges
  3. Troubles de la vue
  4. Palpitations cardiaques
  5. Suées
  6. Saignements de nez
  7. Bourdonnements d’oreille
  8. Sensation de mouches volantes devant les yeux
  9. Nervosité
  10. Insomnies
  11. Engourdissements ou des fourmillements dans les pieds et les mains.

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Diagnostic

Dans la majorité des cas, l’hypertension artérielle est silencieuse et est détectée lors d’un examen médical ou d’une consultation pour une autre pathologie. Le diagnostic de l’HTA est réalisé par la mesure de la pression artérielle (tension) qui doit s’effectuer au moins deux fois de suite au cours de la même consultation, après un repos de plusieurs minutes, et en position assise ou couchée. La tension artérielle est ensuite mesurée en position debout afin de rechercher une chute anormale de celle-ci (hypotension orthostatique).

La confirmation du diagnostic nécessite de nouvelles mesures lors de consultations rapprochées (environ 3 consultations en 3 à 6 mois). Dans le cas d’une hypertension artérielle avérée, des examens médicaux complémentaires permettent d’évaluer les répercussions éventuelles sur le cœur, les vaisseaux ou les reins.

Un dépistage annuel est recommandé dès 40 ans, mais dans le cas où un parent a présenté une hypertension artérielle avant l’âge de 50 ans, il est recommandé de réaliser une mesure de la pression artérielle dès l’âge de 20 ans.

Risques liés à l’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Elle entraine une rigidification de la paroi des artères, du fait de l’augmentation de pression mécanique. Le phénomène favorise ainsi l’apparition ou l’aggravation de plaques d’athérome.

Les artères irriguant le cerveau (carotide), le cœur (coronaires), les reins ou les membres inférieurs étant les plus fréquemment touchées, l’hypertension artérielle augmente les risques de maladies cardiovasculaires :

  1. Accident vasculaire cérébral
  2. Cardiopathie ischémique (angine de poitrine, infarctus du myocarde)
  3. Artériopathie des membres inférieurs (rétrécissement des artères qui irriguent les jambes)
  4. Insuffisance rénale chronique pouvant nécessiter à terme une dialyse.

Selon l’OMS, l’hypertension artérielle est responsable de 62 % des cas d’accident vasculaire cérébraux. L’hypertension artérielle conduit aussi à une hypertrophie (augmentation du volume) du ventricule gauche et une diminution de la capacité de contraction du cœur, pouvant évoluer jusqu’à l’insuffisance cardiaque.

Complications de l'hypertension arterielle


Ces complications sont principalement observées sur le long terme. Néanmoins, une augmentation brutale de la pression artérielle peut être la cause de malaises, de maux de tête violents ou de difficultés respiratoires nécessitant une prise en charge rapide.

Certains facteurs de risque cardiovasculaires, tels que l’hypercholestérolémie ou le diabète, aggravent les complications observées suite à une hypertension artérielle.


Causes de l’hypertension artérielle

Dans la grande majorité des cas, aucune cause connue ne peut expliquer l’apparition de l’hypertension artérielle. Elle est dite « essentielle » et apparaît le plus souvent insidieusement.

Il existe plusieurs facteurs de risque pouvant favoriser son apparition :

  1. Âge (le principal facteur de risque)
  2. Surpoids ou l’obésité
  3. Sédentarité
  4. Alimentation (excès en sel, apports insuffisants en potassium, en fruit et en légumes)
  5. Forte consommation d’alcool
  6. Activité physique insuffisante
  7. Tabac
  8. Mauvaise gestion du stress
  9. Origine ethnique : les populations situées dans les régions africaines sont les plus à risque
  10. Antécédents familiaux : le risque est plus élevé si des membres de la famille ont une hypertension.

Moins courante, l’hypertension artérielle dite « secondaire » (10 % des cas) est la conséquence d’une autre maladie affectant les reins, les glandes surrénales ou la thyroïde.

Dans de rare cas, une mutation génétique unique familiale affecte la fonction rénale, surrénalienne ou vasculaire, et peut également être la cause d’une hypertension artérielle. La part de l’hérédité n’est pas négligeable : le risque de présenter une hypertension artérielle est plus élevé dans les familles où elle est déjà présente. Les personnes originaires d’Afrique noire – surtout du Congo et de l’Angola – ont un risque plus élevé de développer une hypertension.

Traitements de l’hypertension artérielle

Les objectifs de baisse de la tension nécessitent la prise en charge de l’hypertension artérielle à proprement dit, mais prennent également en compte le traitement de tous les facteurs de risque associés. La prise en charge de l’hypertension artérielle s’effectue à deux niveaux :

  1. Par des mesures hygiéno-diététiques
  2. Par un traitement médicamenteux.

Les mesures hygiéno-diététiques

Lorsque la tension artérielle est trop élevée de façon permanente, un traitement médicamenteux n’est pas obligatoirement prescrit. Dans un premier temps, des mesures hygiéno-diététiques sont mises en place avec le patient, telles que :

  1. La pratique d’une activité physique modérée (au moins 30 minutes par jour)
  2. Une modération des apports en sel et de la consommation d’alcool
  3. Une régulation du poids (perte de poids si cela s’avère nécessaire)
  4. Un équilibre du régime alimentaire
  5. L’arrêt de la consommation de tabac.

Mesures hygieno-dietetiques en cas d'hypertension arterielle

Les mesures hygiéno-diététiques permettent de contrôler et de réguler efficacement la pression artérielle dans le but de la maintenir à des valeurs inférieures à 140/90mmHg et ainsi de diminuer le risque de conséquences cardiovasculaires.

Si ces habitudes de vie ne suffisent pas à produire une baisse conséquente de la tension artérielle après trois mois, un traitement médicamenteux est à préconiser. Il devra le plus souvent être maintenu à vie, s’il permet le contrôle de la tension.

Le traitement médicamenteux

Le traitement antihypertenseur a pour objectif de ramener la tension artérielle à des valeurs tensionnelles inférieure à 140/90 mmHg chez le sujet hypertendu n’ayant aucun facteur de risque associé, et inférieure à 130/80 mmHg chez le patient hypertendu présentant des risques tels que le diabète ou une hypercholestérolémie. Le but est de réduire le risque de complication cardiovasculaire sur le long terme.

L’hypertension artérielle peut être corrigée par un traitement antihypertenseur en monothérapie ou en association du fait de l’existence de plusieurs classes thérapeutiques dont le mode d’action est différent. L’association de certaines classes thérapeutiques d’antihypertenseurs permet de cumuler leurs effets.

Les différentes classes thérapeutiques d’antihypertenseur sont :

  1. Les diurétiques thiazidiques qui agissent sur les reins et favorisent l’élimination de l’eau et du sel
  2. Les bêtabloquants qui ralentissent la fréquence cardiaque et limitent l’intensité de la pression sanguine sur les parois des artères
  3. Les inhibiteurs calciques qui favorisent la vasodilatation (relâchement des artères) et donc la baisse de la pression artérielle
  4. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les inhibiteurs des récepteurs de l’angiotensine II (ARA2) qui limitent l’action d’hormones hypertensives (rénine et angiotensine)
  5. Les inhibiteurs des alpha-récepteurs qui agissent sur la tension artérielle en diminuant la contraction des vaisseaux. Ils sont le plus souvent prescrits en cas d’échec d’au moins deux autres traitements.

Le choix du traitement, en monothérapie ou en association, est fonction de chaque patient et est ajusté par le médecin. Cependant, même avec l’association de plusieurs classes thérapeutiques incluant un diurétique et une hygiène de vie adaptée, certains patients répondent mal au traitement. On parle alors d’hypertension résistante. Selon les études, elle concernerait entre 10 et 30 % des hypertendus.


Pour en savoir plus consultez l’article Hypertension artérielle résistante : 3 pistes thérapeutiques

Nathalie M. PhD

Sources

- Hypertension artérielle, Tedhui A., INSERM, Janvier 2014
- Les chiffres de l’HTA en France, Comité Français de Lutte contre l’Hypertension Artérielle (CFLHTA),  2004
- Tout sur l’hypertension, TNS-SOFRES, Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle, Congrès de l'European Societ Hypertension meeting, 2005.
- Panorama mondial de l'hypertension, OMS, Consulté le 17 Mars 2016
- Maladies cardio-vasculaires, L’hypertension artérielle, Institut de Veille Sanitaire, Santé Publique France, Mis à jour le 28 Octobre 2016.