Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique qui évolue par « poussées » entrecoupées de phases de rémission plus ou moins longues. Cette maladie encore mal connue est caractérisée par une altération significative de la qualité de vie des individus affectés. Bien que non contagieuse, la présence de lésions disgracieuses sur la peau entraîne aussi des conséquences sociales sur la vie des malades.

psoriasis coude

Épidémiologie

Le psoriasis a une prévalence d’environ 2,2% à travers le monde. Les deux tiers des personnes affectées souffrent d’une forme modérée de la maladie (moins de 3% de la surface de la peau affectée).

Malgré que des populations du monde entier soient touchées par le psoriasis, la prévalence varie de façon significative selon la localisation géographique et l’ethnicité. En effet, des études épidémiologiques ont montré que plus l’on s’éloigne de l’équateur, plus l’incidence du psoriasis est élevée. D’autres études montrent une incidence plus faible chez les populations japonaises et amérindiennes.

De façon générale, la maladie peut se développer à tout âge, dès la naissance. Dans 75% des cas la maladie apparaît avant l’âge de 40 ans, et dans 33% des cas avant l’âge de 20 ans.

En France, le psoriasis touche près de 3 millions d’individus.

Causes et facteurs de risque

Les causes précises du psoriasis ne sont pas encore élucidées.

Les chercheurs pensent qu’au moins 10% de la population hérite d’un ou plusieurs gènes qui prédisposeraient au développement du psoriasis. Cette théorie du facteur génétique expliquerait que seuls 2 à 3% de la population développe la maladie.

À cette composante s’ajoute les facteurs environnementaux qui interviendraient dans le déclenchement du psoriasis. Ces facteurs externes ne sont pas universels et varient selon les individus.

Les facteurs de risques établis à ce jour sont :

  • Le stress, qui peut initier un psoriasis pour la première fois ou aggraver un psoriasis déjà existant en favorisant une poussée.
  • Une blessure cutanée : une plaie ou une égratignure sur la peau peut entraîner un psoriasis. Cette réaction est appelée phénomène de Koebner.
  • Certains médicaments qui ont été associés au développement ou à l’aggravation d’un psoriasis. Ces médicaments comprennent : le lithium, utilisé dans le traitement de troubles bipolaires, les anti-malariques, utilisés dans le traitement et la prévention de la malaria, et le propranolol, bêtabloquant utilisé dans le traitement de divers troubles cardio-vasculaires et de la migraine chronique.
  • Une infection (streptococcique, par exemple) ou tout dysfonctionnement du système immunitaire peut être associée au développement d’un psoriasis. Souvent, on parle d’un psoriasis en gouttes, très fréquent chez le sujet jeune.
  • La consommation excessive d’alcool et le tabagisme sont des facteurs aggravants de la maladie.

Bon à savoir L’exposition au soleil peut être un facteur de guérison ou d’aggravation de la maladie. Cette particularité est totalement dépendante du sujet touché.

Les différents types de psoriasis

schéma peau saine et psoriasis

Les psoriasis classiques

Le psoriasis en plaques

Le psoriasis en plaque est la forme de psoriasis la plus répandue. Les plaques sont rouges, épaisses, et recouvertes d’une couche blanche de cellules épithéliales mortes (cellules de la peau). Ces plaques sont souvent situées sur le crâne, les genoux, les coudes et le bas du dos. Elles peuvent causer des démangeaisons et être douloureuses. Il arrive qu’elles craquent et saignent, causant un risque infectieux pour le patient. Quand il atteint le crane, on parle de psoriasis du cuir chevelu. Le psoriasis du cuir chevelu a la caractéristique d’être épais et bien délimité. Ce type de psoriasis n’entraine pas de chute de cheveux.

Le psoriasis en gouttes

Le psoriasis en gouttes est la deuxième forme de psoriasis la plus répandue. Ce type de psoriasis s’exprime par l’apparition de lésions arrondies de petite taille sur la peau. Il se déclare très souvent dès l’enfance ou chez le jeune adulte. Il se développe généralement suite à une infection bactérienne par streptococcus. Ce psoriasis peut évoluer en un psoriasis en plaques chronique.

Le psoriasis des ongles

Le psoriasis des ongles est spécifique. L’inflammation n’atteint que le bout des doigts pour former de légères desquamations d’aspect punctiforme. La peau sous l’ongle s’épaissit. On parle de doigts en aspect de « dés à coudre ».


Les psoriasis atypiques


Le psoriasis inversé ou psoriasis des plis

Le psoriasis inversé se développe sous forme de lésions très rouges dans les parties du corps où il y a des plis, comme sous les aisselles, derrière les genoux et dans la région de l’aine. Ces lésions peuvent avoir une apparence lisse et brillante. Ce type de psoriasis peut se développer en parallèle d’un autre type de psoriasis présent sur un autre endroit du corps.

Le psoriasis des muqueuses

Lorsque le psoriasis atteint les muqueuses, il entraine des plaques rougeâtres mais indolores et sans desquamation.

Le psoriasis palmo-plantaire

Cette forme de psoriasis est rare. Habituellement, la maladie ne touche pas les paumes des mains et la plante des pieds. La peau a un aspect fissuré et très épaissi.

Le psoriasis du visage

Le visage est la zone la plus rarement touchée par le psoriasis. Il entraine l’apparition de plaques rouges et inflammées, avec plus ou moins de desquamation.


Les psoriasis généralisés


Le psoriasis érythrodermique

Le psoriasis érythrodermique est une forme particulièrement sévère de psoriasis qui touche presque l’intégralité du corps, entrainant des rougeurs vives et douloureuses. L’inflammation généralisée peut causer d’intenses démangeaisons. La surface de la peau pèle et se détache alors en couches. C’est un psoriasis rare, il se développe chez 3% des patients atteints de la maladie. Son apparition nécessite la prise en charge immédiate par un médecin.

Le psoriasis pustuleux

Le psoriasis pustuleux se caractérise par des pustules ou vésicules blanches entourées de peaux rouges. Le pus contenu dans les pustules est non infectieux est composé de globules blancs. Il n’y a donc pas de risque de contagion. Ce psoriasis apparait le plus souvent sur les mains et les pieds mais peut aussi se développer sur toutes les parties du corps.

Le psoriasis rhumatismal ou arthropathique

Le psoriasis est une maladie inflammatoire qui, dans ses formes généralisées, peut toucher les articulations. 20% des personnes psoriasiques ont des douleurs articulaires. Les articulations les plus souvent touchées sont celles des doigts (articulations interdigitales distales), de la colonne vertébrale et de la jonction des hanches à la colonne vertébrale (articulation sacro-iliaque). Lorsque ces atteintes sont sévères, on parle d’arthrite psoriasique.

Maladies associées au psoriasis

Il existe des maladies souvent associées au psoriasis, car celui-ci favorise leur développement :

  • Les maladies inflammatoires de l’œil comme les uvéites
  • Les maladies immunodéficientes (typiquement, le VIH)
  • L’obésité
  • Le diabète de type 2
  • Les maladies auto-immunes comme la maladie de Crohn et la maladie cœliaque
  • Le syndrome métabolique
  • Les maladies cardiovasculaires
  • L’hypertension artérielle
  • La maladie de Parkinson
  • Les maladies rénales
  • La dépression

Diagnostic et traitement

Le diagnostic repose sur l’observation clinique des lésions cutanées présentes sur la peau du patient.

Le traitement du psoriasis est un traitement de longue durée – voire chronique – et consiste en la gestion des symptômes en alternant des traitements d’entretien et des traitements des poussées. Il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement la maladie.

C’est au cours d’une consultation avec un médecin, qu’un traitement adapté à chaque patient va être mis en place. Celui-ci dépend du type de psoriasis, de l’âge du patient et de l’état de santé général. L’altération de la qualité de vie est également prise en compte. Dans les cas les plus graves, le psoriasis est pris en charge dans un établissement hospitalier, en service de dermatologie.

Les différents types de traitements disponibles contre la maladie sont :

  • Les dermocorticoïdes, sous forme de crèmes, pommades ou lotions. Les dermocorticoïdes sont classés selon leur puissance en quatre classes (du plus léger au plus puissant : I, II, III, IV). Le type de dermocorticoïde indiqué dépendra de la gravité de l’affection. Dans les cas les plus graves, les corticoïdes peuvent être ponctuellement administrés par voie générale pour leurs propriétés immunosuppressives (comprimés, perfusion).
  • Les analogues de la vitamine D3, qui sont également appliqués localement sur les lésions.
  • La photothérapie, principalement pour les formes de psoriasis affectant des surfaces corporelles étendues.

Bon à savoir Les professionnels de santé favorisent les corticoïdes les moins puissants et par voie cutanée pour limiter les effets indésirables, dont le phénomène de corticodépendance. La corticodépendance s’installe quand les glandes surrénales arrêtent de produire la cortisone naturelle sous l’effet de la corticothérapie. Les glandes surrénales deviennent incapables de compenser un arrêt brusque de la corticothérapie (entrainant fatigue, douleur, fièvre et perte de poids). L’arrêt d’une corticothérapie par voie générale s’effectue donc par paliers et sur plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Dans tous les cas, il s’agit de traitements longs, du fait du caractère chronique de la pathologie.

Karen T. MSc & Hadrien V. Pharmacien

– “Psoriasis, report by the Secretariat”. WHO. 05/04/2013
– “Psoriatric disease”. National Psoriasis Foundation website (NPF). Consulté le 14/03/16
– “Les différentes formes de psoriasis”. Société Française de Dermatologie. Consulté le 14/03/2016
– M. Furue & al. “Psoriasis : Behind the scenes”. The Journal of Dermatology. 01/2016
– R. Parisi & al. “Global epidemiology of psoriasis: a systematic review of incidence and prevalence”. Journal of Investigative Dermatology. 02/2013
– R. G. B. Langley & al. “Psoriasis: epidemiology, clinical features, and quality of life”. Annals of the Rheumatic Diseases. 2005