La bronchiolite est une infection virale aiguë qui touche les bronchioles (petites bronches) des nourrissons et des jeunes enfants de moins de 2 ans. La bronchiolite est le plus souvent une affection bénigne, mais est potentiellement grave chez les sujets à risque (nouveau-nés, prématurés, etc).

Dans de rares cas, la bronchiolite impose l’hospitalisation (2 à 3 % des cas). Les décès imputables à la bronchiolite aiguë sont très rares (inférieurs à 1 %).

Bébé se faisant ausculter

Bronchiolite : une transmission épidémique

En France, la bronchiolite touche près de 30% des enfants, soit 450 000 à 500 000 cas par an, avec un pic de fréquence chez les enfants de 2 à 8 mois. Cela constitue un véritable problème de santé publique car, bien que la majorité des enfants soit prise en charge en ville, l’épidémie de bronchiolite entraine un engorgement des services d’urgences. Il existe des pics épidémiques, en automne et en hiver. L’épidémie débute généralement à la mi-octobre, pour atteindre un pic en décembre et se termine à la fin de l’hiver.

La bronchiolite est une infection virale à transmission interhumaine. Elle est favorisée, entre autre, par la mise en collectivité précoce des enfants (crèches). La transmission peut également se faire dans un contexte intrafamilial.

La transmission du virus, le plus souvent le virus respiratoire syncytial (VRS), s’effectue soit de façon directe par les gouttelettes émises lors de la toux et les éternuements, soit de façon indirecte par l’intermédiaire des mains, des surfaces, objets ou vêtements souillés sur lesquels le virus peut survivre plusieurs heures. L’incubation du virus est de 2 à 8 jours. Le virus se multiplie au niveau de la muqueuse nasale, puis l’infection gagne les bronchioles. Il provoque une inflammation des parois des bronchioles et une augmentation des sécrétions responsables d’un phénomène d’obstruction.

D’autres virus, tels que les Rhinovirus, les Adénovirus (etc.) sont également retrouvés chez des nourrissons chez lesquels le diagnostic clinique de bronchiolite est posé. Il a également été décrit des coïnfections impliquant plusieurs virus.

Les facteurs de risque

Concernant les facteurs de risques, plusieurs facteurs d’infection à VRS, ont été mis en évidence :

  1. l’âge inférieur à six mois,
  2. la prématurité,
  3. les pathologies cardio-pulmonaires,
  4. l’immunodépression,
  5. des facteurs environnementaux comme le tabagisme passif, la pollution atmosphérique, la vie en collectivité (crèche), le cercle familial, les transports en commun,
  6. Etc…

Les symptômes cliniques de la bronchiolite

L’infection par le virus VRS débute généralement par un simple rhume ou par une rhinopharyngite avec une légère fièvre et une toux sèche. Dans certains des cas, la rhinopharyngite est suivie d’une atteinte des bronchioles.

La bronchiolite se caractérise par une détresse respiratoire obstructive. L’infection se manifeste alors par une difficulté à respirer, ou dyspnée, accompagnée d’une augmentation de la fréquence respiratoire (nombre de cycles respiratoires – inspiration et expiration – par minute), appelée polypnée. Des sifflements et des quintes de toux sont des symptômes fréquents. L’enfant présente alors des difficultés à boire et à manger.

schéma bronchiolesMalgré des symptômes qui peuvent être impressionnants, la bronchiolite est une maladie bénigne. Il est tout de même fondamental d’identifier les critères cliniques de gravité, qui sont déterminant pour décider d’une hospitalisation. En effet, l’hospitalisation s’impose en présence d’un critère de gravité tel que :

  1. Une altération importante de l’état général,
  2. La survenue d’apnée,
  3. Une fréquence respiratoire supérieure à 60 cycles (inspiration/expiration) par minute,
  4. Un nourrisson âgé de moins de 6 semaines,
  5. Un nourrisson prématuré (Prématurité inférieure à 34 semaines d’aménorrhée),
  6. Une cardiopathie sous-jacente ou pathologie pulmonaire chronique grave,
  7. Des troubles digestifs compromettant l’hydratation,
  8. Une déshydratation importante avec perte de poids >5 % ,
  9. Etc…

L’évolution de la bronchiolite

L’élimination du virus est de 3 à 7 jours, mais peut être plus longue, allant jusqu’à 4 semaines.

L’évolution clinique, dans la très grande majorité des cas, est favorable. La guérison s’obtient en général en 5 à 10 jours, mais une toux résiduelle et plus modérée peut persister encore, pendant 2 à 3 semaines. Dans de rares cas, après identification d’un critère de gravité, la détresse respiratoire peut imposer l’hospitalisation.

A moyen terme, chez certains enfants, les épisodes de bronchiolites peuvent se répéter dans les deux premières années. À partir du troisième épisode obstructif, il est commun de parler de crise d’asthme et non plus de bronchiolite, et il est alors d’usage d’utiliser le terme d’« asthme du nourrisson». L’évolution de l’asthme du nourrisson vers celui du grand enfant concerne seulement 20 à 25 % des patients.

Les traitements de la bronchiolite

La prise en charge de la bronchiolite aigüe simple est essentiellement symptomatique :

  1. Une désobstruction nasale avec du sérum physiologique, essentiellement avant les siestes et les repas,
  2. Une kinésithérapie respiratoire (discutée),
  3. Une hydratation pour faciliter la fluidité des sécrétions,
  4. Le fractionnement des repas,
  5. Le couchage de l’enfant en position proclive à 30°.

Bon à savoir ! Si la kinésithérapie respiratoire a montré son efficacité dans l’amélioration des signes cliniques de la bronchiolite aiguë du nourrisson, son recours n’est pas systématique. En effet, le recours à la kinésithérapie respiratoire repose sur une évaluation clinique de l’enfant

Bon à savoir ! La bronchiolite étant d’origine virale, l’antibiothérapie initiale est inutile. Un traitement par antibiotique doit être discuté en cas de persistance d’une fièvre supérieure ou égale à 38,5 °C après 3 jours, en cas de surinfection ou bien en cas d’otite moyenne aiguë purulente associée.

Bon à savoir ! Il n’y a pas de place pour les bronchodilatateurs en cas de première bronchiolite, ni pour les corticoïdes (inhalés ou systémiques), ni pour les antitussifs, ni pour les mucolytiques (également appelés fluidifiants bronchiques ou expectorants) ou mucorégulateurs.

La prévention

gestes pour prévenir de la bronchioliteLa prévention repose sur la limitation de la contagiosité par des mesures d’hygiène. En effet, pour éviter la transmission du virus à l’origine de la bronchiolite, quelques précautions sont à prendre :

    1. Lavage des mains de toute personne qui approche le nourrisson,
    2. Aération de la chambre de l’enfant,
    3. Maintenir la chambre de l’enfant à une température ne dépassant pas les 19°C,
    4. Éviter le contact avec les personnes enrhumées,
    5. Éviter les lieux enfumés ou les lieux publics où l’enfant pourrait être en contact avec des personnes enrhumées (transports en commun, magasins, etc.),
    6. Nettoyage régulier des objets avec lesquels le nourrisson est en contact (jouets, tétines, biberons, etc.),
    7. Porter un masque chirurgical (en vente en pharmacie) pour s’occuper de l’enfant, surtout si l’on est enrhumée.

Les systèmes de surveillance

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a mis en place une surveillance sanitaire des urgences et des décès depuis 2004. L’institut a organisé une remontée d’informations à partir des services d’urgences (Réseau OSCOUR – Organisation de la surveillance coordonnée des urgences). L’objectif de ce système de surveillance est d’analyser le recours aux services d’urgences : nombre de patients, cause médicale du recours, âge des patients, orientation après les urgences…

L’InVS analyse régulièrement chez les enfants de moins de deux ans :

  1. Le nombre de passages aux urgences et d’hospitalisations pour bronchiolite (OSCOUR),
  2. Le nombre de visites pour bronchiolite et sa proportion parmi les diagnostics codés (SOS Médecins).

Les résultats de ce travail peuvent le cas échéant déclencher une alerte.

Des initiatives locales comme les Réseaux bronchiolite mis en place dans certaines régions ainsi que des associations permettent d’optimiser la qualité des soins, par une formation médicale interprofessionnelle, d’organiser la complémentarité entre ville-hôpital et médecins-kinésithérapeutes, et de participer ainsi à la diminution du recours aux urgences hospitalières.

http://www.allodocteurs.fr/
http://www.ameli-sante.fr/
http://www.has-sante.fr/
http://www.inpes.sante.fr/
http://www.invs.sante.fr/
http://www.reseau-bronchio.org/
http://robertdebre.aphp.fr/
http://evidal.fr/
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– Freymuth F. Virus syncytial respiratoire et virus para-influenza humains : épidémiologie. EMC-Pédiatrie. 2004; 1(1) : 2-11.
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