La fièvre se définit comme une température corporelle au-dessus de 38°C au repos. Elle fait partie des moyens de défense de l’organisme contre les infections et ne présente donc pas de danger en tant que telle.

La fièvre peut s’accompagner chez l’enfant d’un changement de comportement (apathie, perte d’appétit) ou de douleurs (maux de tête). Le plus souvent, elle est source d’inconfort pour l’enfant, ce qui motive sa prise en charge.

La douleur chez l’enfant

enfant avec 38 de fièvre

La prise de température

Le thermomètre

La méthode de référence pour diagnostiquer la fièvre est la mesure de la température corporelle par voie rectale avec un thermomètre électronique flexible.


Autres méthodes pour mesurer la fièvre

D’autres méthodes de mesure peuvent cependant être utilisées, notamment pour réduire le stress de l’enfant. La mesure par voie buccale ou axillaire avec un thermomètre électronique qui sous-estime souvent la température réelle de l’enfant, sauf chez le nourrisson où la mesure par voie axillaire est comparable à la mesure rectale ; La mesure par voie auriculaire ou temporale avec un thermomètre à infrarouge qui permet une mesure rapide.

Chez certains enfants, une fièvre élevée peut provoquer des convulsions appelées convulsions fébriles chez 2 à 5% des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans. Elles sont plus fréquentes entre 18 et 24 mois. Il est impossible de prédire la survenue de convulsions fébriles chez l’enfant, même si une prédisposition familiale est souvent observée. Aucun traitement ne permet de prévenir leur apparition. Souvent très impressionnantes pour l’entourage, ces convulsions sont le plus souvent bénignes et n’ont pas de rapport avec l’épilepsie.


La prise en charge de la fièvre chez l’enfant

D’une manière générale, la prise en charge de la fièvre chez l’enfant n’est recommandée que pour des températures supérieures à 38,5°C ou des températures inférieures mal supportées par l’enfant. Cette prise en charge n’a pas pour objectif de supprimer la fièvre, mais d’améliorer le confort de l’enfant. Elle s’appuie sur deux aspects :


Des mesures simples à adopter


  1. Proposer fréquemment à boire à l’enfant, du lait s’il est allaité ou de l’eau dans les autres cas. Inutile de lui donner une boisson très fraîche.
  2. Ne pas trop couvrir l’enfant.
  3. Aérer la pièce et ne pas augmenter la température de la pièce, qui doit rester aux environs de 20°C.

Certaines pratiques, comme celle du bain frais, ne sont pas recommandées. Elles sont généralement peu efficaces et peuvent même accroître l’inconfort de l’enfant.


Un traitement médicamenteux antipyrétique (contre la fièvre)

Le médicament de choix en première intention est le paracétamol. En cas de contre-indication (allergie, maladie hépatique grave), un anti-inflammatoire non stéroïdien est indiqué. L’ibuprofène et le kétoprofène sont les deux seuls anti-inflammatoires non stéroïdiens autorisés dans le traitement de la fièvre chez l’enfant. L’aspirine (acide acétylsalicylique) est déconseillée avant l’âge de 15 ans, en raison de ses effets indésirables graves et de ses contre-indications. L’aspirine expose en effet à un risque rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye (Le syndrome de Reye est une maladie rare et potentiellement mortelle qui entraîne de nombreux effets nocifs à divers organes, en particulier le cerveau et le foie).

Dans la majorité des cas, un seul médicament antipyrétique est suffisant et il n’est pas nécessaire d’associer plusieurs médicaments. Si la fièvre ne diminue pas dans les 24 à 48 heures, une consultation pour avis médical est recommandée. La recherche de l’origine de la fièvre sera entreprise par le médecin, qui évaluera l’opportunité d’associer deux médicaments antipyrétiques.

Dans tous les cas, il ne faut jamais associer deux anti-inflammatoires non stéroïdiens, ni un anti-inflammatoire non stéroïdien et l’aspirine.

Lors d’une automédication, une vigilance particulière doit être portée aux risques de surdosages liés à des prises trop rapprochées dans le temps, ou à la prise simultanée de plusieurs spécialités pharmaceutiques contenant du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens.

En cas de doute, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien).


Les médicaments antipyrétiques et antalgiques utilisés chez l’enfant


Médicaments Indications thérapeutiques Posologie chez l’enfant Présentations
Paracétamol Fièvre
Douleurs faibles à modérées
‹10 kg : 30 mg/kg/jour
›10 kg : 60 mg/kg/jour
4 à 6 prises par 24 heures, ›4 heures entre 2 prises
Sirops, poudres, suppositoires, comprimés, gélules
Ibuprofène Fièvre
Douleurs faibles à modérées
3 mois-12 ans : 10 mg/kg/prise 3 fois par jour
›6 ans 1 comprimé 200 mg 3 fois par jour
›12 ans 1 à 2 comprimés 200 mg 3 fois par jour
Suspension buvable, comprimés
Kétoprofène Fièvre
Douleurs faibles à modérées
›6 mois : 0,5 mg/kg/jour en 3 ou 4 prises Sirops
Acide niflumique Douleurs faibles à modérées ›12 ans : 1 gélule 3 à 4 fois par jour Gélules
Morniflumate Douleurs faibles à modérées ›12 ans : 1 suppositoire 700 mg 2 fois par jour
30 mois-12 ans : 1 suppositoire 400 mg/10 kg/jour, max 3 par jour
6-30 mois : ½ suppositoire 400 mg 2 fois par jour
Suppositoires
Acide tiaprofénique Douleurs faibles à modérées ›4 ans : 10 mg/kg par jour en 2 à 3 prises Comprimés
Codéine Douleurs modérées à intenses ›12 ans : posologie variable selon le médicament Comprimés
Tramadol Douleurs modérées à intenses ›12 ans, prescription exceptionnelle Comprimés
Nalbuphine Douleurs modérées à intenses ›18 mois : 0,1 à 0,2 mg/kg par prise, à répéter 3 à 6 heures après si besoin Solution injectable
Morphine Douleurs intenses 1 mg/kg par jour à adapter en fonction de la douleur Comprimés, solution buvable, solution injectable
Hydromorphone Douleurs intenses ›7 ans, prescription exceptionnelle Gélules
Sources :
Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé. Évaluation et stratégies de prise en charge de la douleur aigüe en ambulatoire chez l’enfant de 1 mois à 15 ans. Mars 2000. 26 pages
Haute Autorité de Santé. Prise en charge de la fièvre chez l’enfant. Rapport d’élaboration. Octobre 2016.

Des signes de gravité à surveiller

Si la fièvre est le plus souvent un symptôme bénin chez l’enfant, les parents et les médecins doivent porter une attention particulière à la survenue de signes de gravité :

    1. Des difficultés respiratoires ;
    2. Des troubles de la conscience ou une absence de réponse aux stimulations ;
    3. Un renflement (bombement) de la fontanelle chez les nourrissons ;
    4. Une pâleur ou une cyanose (visage ou extrémités bleues) ;
    5. Des cris faibles ou des râles ;
    6. Une raideur de la nuque.

L’apparition de l’un ou de plusieurs de ces signes doit amener à consulter un médecin dans les plus brefs délais. De même, l’apparition d’une fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois doit amener à consulter rapidement un médecin.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Haute Autorité de Santé. Fiche Mémo – Prise en charge de la fièvre chez l’enfant. Octobre 2016.
– Haute Autorité de Santé. Douleurs et enfant – La codéine, pas avant 12 ans et sous conditions. 1er mars 2016.
– Haute Autorité de Santé. Pédiatrie – Prise en charge de la fièvre chez l’enfant. 12 octobre 2016.
– Haute Autorité de Santé. Prise en charge de la fièvre chez l’enfant. Rapport d’élaboration. Octobre 2016.
– Haute Autorité de Santé. Prise en charge médicamenteuse de la douleur chez l’enfant : alternatives à la codéine. Janvier 2016.