Chaque année, la rage fait des dizaines de milliers de victimes dans le monde, particulièrement en Afrique et en Asie qui comptabilisent plus de 95% des cas mortels.

Cette maladie infectieuse dont l’éradication est pourtant possible grâce à la vaccination, reste pour beaucoup de pays un fléau. L’OMS estime à plus de 15 millions le nombre de personnes vaccinées chaque année suite à une morsure.

La vaccination, même si elle n’est pas encore suffisamment accessible à tous (coûteuse), aurait déjà permis d’éviter des centaines de milliers de décès.

rage morsure

Rage : définition

La rage est une maladie d’origine virale, mortelle (sauf cas exceptionnels) sans prophylaxie (vaccination) post-exposition. Le virus rabique (du genre Lyssavirus) présent dans la salive de l’animal infecté, généralement un chien (ou une chauve-souris), est très majoritairement transmis à l’Homme par morsure de l’animal enragé. La transmission du virus peut également se faire par griffure ou léchage d’une peau lésée.  En revanche, la contamination d’Homme à Homme (transplantation, transmission materno-fœtale) est extrêmement rare.

Tandis que la rage continue de sévir dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, etc., en France, il n’y a pas eu de nouveaux cas depuis 2001 mais elle fait toujours l’objet d’une surveillance. Quelques rares cas de rage animale peuvent être rapportés, concernant majoritairement les chauves-souris ou les animaux importés illégalement.

rage-infographie

Symptômes

Une fois l’Homme contaminé, entre 1 et 3 mois en moyenne (parfois quelques jours à plus d’un an) s’écoulent avant l’apparition des premiers symptômes. Le virus rabique est neurotrope, autrement dit, il va cibler le cerveau. Ainsi, la maladie se manifeste généralement par une infection cérébrale (encéphalite) avec le plus souvent des difficultés à avaler, des troubles du comportement (agitation, anxiété). L’hydrophobie (peur de l’eau) peut également faire partie de ces premiers symptômes.

L’OMS décrit 2 formes de rage :

  • La forme dite « furieuse » est caractérisée par une agitation et une excitabilité du patient, une hydrophobie et éventuellement une aérophobie (peur des courants d’air). Le décès survient en principe par arrêt cardiorespiratoire ;
  • La forme paralytique (dans 30% des cas) se traduit par une paralysie progressive de l’ensemble du corps, jusqu’au coma puis au décès du patient.

Dans tous les cas, lorsque la rage est déclarée, c’est-à-dire à l’apparition des premiers symptômes, le décès est inévitable et survient dans les 4 à 6 jours.

Diagnostic

Le diagnostic est tardif puisqu’il n’intervient que lorsque la rage est déclarée. Il repose sur l’analyse de prélèvements (salivaires, biopsies, ponction lombaire) et/ou sur la présence de certains signes spécifiques comme l’hydrophobie ou l’aérophobie. Le diagnostic n’est confirmé qu’après autopsie du malade.

Traitement

Il n’existe pas de traitement lorsque la rage est déclarée. En revanche, il est possible de bénéficier d’une vaccination après une exposition risquée. Il faut donc se rapprocher d’un des centres antirabiques afin de bénéficier de la vaccination post-exposition. Elle doit être réalisée le plus tôt possible afin de conférer une protection à l’organisme avant que la maladie ne se déclare.

Prévention

La vaccination

La vaccination animale (renards et animaux de compagnie) est la stratégie la plus efficace et la moins couteuse contre la rage.

Chez l’Homme, les vaccins antirabiques en prévention d’une exposition sont recommandés chez les personnes susceptibles d’être exposés au virus, généralement du fait de leur activité professionnelle (personnels de laboratoire, vétérinaires, gardes forestiers, etc.) ou personnelle (contact avec des chauves-souris ou autres animaux susceptibles d’être infectés). Les voyageurs se rendant dans des zones où la rage est présente (et où l’accès à la prophylaxie post exposition est limitée) sont aussi concernés par cette mesure.

prevention rage chien

La sensibilisation et l’information des populations

La sensibilisation à la rage et la prévention des morsures auprès des enfants comme des adultes est un complément essentiel au programme de vaccination antirabique.

En France, il est recommandé de ne pas s’approcher des chauve-souris. Il est également interdit d’importer de l’étranger des animaux non vaccinés et non identifiés.

Le traitement post-exposition

La prophylaxie post exposition désigne les mesures préventives à prendre en cas de morsure ou d’exposition à la rage. Elle s’articule en 3 points :

  1. Nettoyage de la plaie avec application d’un antiseptique, le plus tôt possible après l’exposition. La peau doit être nettoyée à l’eau et au savon pendant au minimum 15 minutes, puis rincer abondamment avant l’application d’une solution antiseptique ;
  2. Administration du vaccin antirabique (dans un des centres antirabiques) ;
  3. Administration éventuelle d’immunoglobulines antirabiques en complément.

L’OMS définit 3 niveaux de mesures à prendre en fonction de la nature de l’exposition à un animal suspect :

Catégorie 1 : léchage d’une peau saine. Aucune mesure particulière n’est recommandée.

Catégorie 2 : mordillage de la peau nue, léchage ou égratignures superficielles sans saignements. Un nettoyage de la peau ainsi qu’une vaccination sont recommandés.

Catégorie 3 : griffures ou morsures (uniques ou multiples) ayant traversé la peau ou léchage de la peau lésée ou contamination des muqueuses par léchage ou contact avec des chauves-souris. Un nettoyage de la peau, une vaccination et l’administration d’immunoglobuline antirabique sont recommandés.

Le risque de contracter la rage est d’autant plus important si :

  • L’animal en cause appartient à une espèce connue pour être réservoir ou vecteur du virus ;
  • L’exposition a eu lieu dans une zone géographique où la rage est fréquente ;
  • L’animal a un comportement laissant penser qu’il est malade ;
  • L’animal n’a pas été vacciné ;
  • L’animal a attaqué sans raison évidente ;
  • La blessure ou une muqueuse a été contaminée par la salive de l’animal.

A savoir ! En France, la rage est devenue quasi inexistante sur les animaux de compagnie. Cependant, par précaution, un chien ou chat qui a mordu doit être mis sous surveillance vétérinaire pendant 15 jours (3 visites post-morsure à 7 jours d’intervalle), qu’il soit vacciné ou non. L’euthanasie est interdite durant ce laps de temps (sauf dérogation). Si l’animal mordeur développe des symptômes de rage pendant cette surveillance les personnes mordues sont immédiatement vaccinées. S’il décède, son cerveau sera examiné à la recherche du virus et tous les humains et animaux ayant été à son contact recherchés !

Charline D., Pharmacienne

– Rage. OMS. Mars 2017.
– Rage. Institut Pasteur. Mars 2017.
– Rage. Social-sante.gouv. Mise à jour le 7 décembre 2015.