poumon humain

La tuberculose est une maladie contagieuse d’origine bactérienne. Il s’agit de la deuxième maladie infectieuse la plus mortelle après le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH/SIDA). Malgré les traitements et le vaccin disponibles, la tuberculose n’est toujours pas éradiquée. Cette maladie cause la mort d’environ d’1.5 millions de personnes chaque année à travers le monde.

Histoire et Épidémiologie de la tuberculose

La tuberculose est une maladie infectieuse qui ne touche que l’homme, causée par des mycobactéries - principalement Mycobacterium tuberculosis. Cette bactérie qui a la forme d’un petit bâtonnet a été découverte par Robert Koch en 1882. Il est encore courant d’appeler l’agent pathogène « bacille de Koch ».

Il existe différents types de tuberculoses : pulmonaires et extra-pulmonaires. La plus connue et la plus répandue est la forme pulmonaire où les bactéries sont retrouvées dans les poumons. Parmi les tuberculoses extra-pulmonaires, il existe des formes méningées, osseuses ou encore uro-génitales.
Infection bactérienne tuberculose
Il semblerait que le tiers de la population mondiale soit concernée par cette bactérie. On parle alors de tuberculose latente, non contagieuse. La bactérie peut rester des années à l’état « dormant » dans l’organisme. Seule une partie de la population contaminée, relativement faible (5 à 10 %) finirait par développer la maladie. Il s’agit dans ce cas de la tuberculose active ou « tuberculose maladie » qui est contagieuse.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime le nombre de nouveaux cas de tuberculose à 9.6 millions en 2014, les hommes étant plus touchés que les femmes. À noter, vingt-deux pays rassemblent à eux seuls 80 % des cas. Les zones les plus touchées sont l’Afrique, l’Asie du Sud Est et les pays de l’ex-URSS. Mais il ne faut pas oublier que la tuberculose est présente partout à travers le monde même si les pays dits « pauvres » sont dramatiquement plus touchés à cause d’un accès aux soins et à l’eau potable difficile.

Dans les pays occidentaux, l’augmentation des cas est particulièrement due aux mouvements de populations tels que l’immigration ou le tourisme. La France n’est d’ailleurs pas épargnée avec environ 5 000 nouveaux cas et 900 décès par an. Les zones les plus à risque sont l’Île de France, la Guyane et Mayotte.

La tuberculose est, par ailleurs, responsable de près d’1.5 millions de décès chaque année dans le monde. La lutte contre cette maladie s’est accrue depuis la fin des années 90 grâce notamment à un plan de lutte orchestré par l’OMS qui en a fait une priorité mondiale. Ces actions ont ainsi permis, qu’entre 1995 et 2014, la mortalité chute d’environ 47 %.

Les enfants, les personnes âgées ou encore les immunodéprimés sont les plus vulnérables et sont plus sujets à développer une tuberculose active. Il a été montré que l’épidémie de tuberculose est superposable à celle du VIH. L’OMS estime qu’en 2014, parmi les nouveaux cas de tuberculose, 12 % étaient co-infectées par le VIH. La tuberculose est d’ailleurs une des principales causes de mortalité chez les personnes atteintes du SIDA avec 400 000 décès en 2014 chez ces personnes.



Physiopathologie, symptômes, transmission et diagnostic

La tuberculose est une maladie à transmission interhumaine qui se fait par la voie aérienne. Il s’agit d’une maladie contagieuse qui se transmet par les gouttelettes de salives en suspension dans l’air. La transmission a lieu lorsqu’une personne malade, c’est-à-dire ayant une tuberculose active, tousse, crache ou éternue. Les gouttelettes contaminées contenant des bactéries pénètrent dans le tractus pulmonaire des personnes exposées.

radiographie des poumonsLes symptômes les plus répandus sont :

  1. Fièvre et sueurs nocturnes
  2. Toux avec crachats, contenant parfois du sang
  3. Fatigue générale
  4. Amaigrissement
  5. Douleurs dans la poitrine

Après un bilan clinique, différents examens doivent être mis en place pour établir le diagnostic. Il existe différents tests disponibles tels que l’intradermoréaction (IDR) à la tuberculine et le test à l’interféron gamma. Le diagnostic est généralement confirmé par une radiographie des poumons et des prélèvements de crachats pulmonaires. Si besoin, d’autres examens peuvent être réalisés pour compléter le diagnostic tels qu’un scanner ou un bilan sanguin.



Traitement et résistance

Il est important de noter qu’il existe un traitement efficace contre la tuberculose. C’est une maladie qui peut être guérie dans la majorité des cas. La guérison est généralement confirmée 18 mois après le début du traitement par une radiographie des poumons.

Le traitement de référence, d’une durée minimum de six mois, repose sur l’association de plusieurs antibiotiques :

  1. Isoniazide, Rifampicine, Ethambutol et Pyrazinamide pour les 2 premiers mois
  2. puis Isoniazide et Rifampicine pour les 4 mois suivants

À noter La durée de traitement de six mois est le minimum de temps nécessaire pour éradiquer les formes dites « dormantes » de la bactérie. En l’absence de traitement, la mortalité est estimée à environ 50 %.

Ces dernières années ont vu l’émergence de tuberculoses dites multirésistantes et ultrarésistantes aux antibiotiques. On parle de tuberculoses multirésistantes quand elles sont résistantes à au moins l’un des deux antibiotiques de référence (isoniazide et rifampicine). Les tuberculoses ultrarésistantes sont dues à des bactéries résistantes à presque tous les antibiotiques.

Ces formes résistantes apparaissent notamment lors d’un problème d’observance, c’est-à-dire d’un non-respect de la prescription médicale. Ce problème s’explique en partie parce que le traitement de la tuberculose est long mais également contraignant. En effet, la prise de plusieurs antibiotiques, parfois sous forme injectable complique le suivi du traitement quotidiennement.

Les tuberculoses multirésistantes sont généralement traitées par des antibiotiques dits « de seconde intention », moins efficaces, et engendrant généralement une augmentation des effets indésirables. Ce type de médication allonge les durées de traitement pouvant aller jusqu’à deux ans. En revanche, il n’y a pas de codification du traitement pour les tuberculoses ultrarésistantes, conduisant souvent à une impasse thérapeutique.

L’OMS estime qu’en 2014, 480 000 nouveaux cas de tuberculose étaient causés par des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Ce type d’infection sévit essentiellement en Chine, en Russie et en Indonésie. Les formes résistantes ont été responsables d’environ 190 000 décès à travers le monde cette même année. Il s’agit là d’un frein majeur dans la lutte contre la tuberculose.

À noter Des cas de tuberculoses ultrarésistantes ont été signalés dans 105 pays en 2015.



La vaccination : le BCG

Le vaccin « Bacille de Calmette et Guérin », du nom des chercheurs l’ayant mis au point dans les années 1920, est plus connu sous le nom de BCG.

Ce vaccin n’est en fait pas complètement efficace, de l’ordre de 80 %. Il protège essentiellement les jeunes enfants des formes graves de tuberculose. Chez les adultes vaccinés, seuls 50% seraient finalement immunisés. Il reste cependant l’unique moyen de se protéger de la tuberculose.

Suite à la publication en 2007 du décret de suspension de l’obligation de vaccination par le BCG celui-ci n’est plus obligatoire en France chez les enfants à l’entrée en collectivité (crèche, école, etc). Il reste cependant vivement recommandé pour les enfants exposés c’est-à-dire né dans une région à risque élevé, dans une zone à forte endémie de tuberculose, ou encore de parents originaires de ces zones.

Info utile Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un professionnel de santé ou des services de Protection Maternelle Infantile si vous avez des questions quant à la vaccination de votre enfant par le BCG.

Différentes équipes de recherche s’efforcent de mettre au point de nouveaux vaccins qui seraient complètement efficaces afin d’éradiquer complètement cette maladie.

Même si de nombreux progrès ont été faits depuis une quinzaine d’année aussi bien en termes de prise en charge des malades qu’en termes de mise en place d’outils diagnostic ou encore de recherches sur de nouveaux traitements et vaccins, la lutte contre la tuberculose n’est pas terminée. L’épidémie de VIH/SIDA et la dissémination de tuberculoses résistantes aux antibiotiques en font une maladie toujours d’actualité.



Mathilde C. PhD

« Tuberculose (Aide-mémoire N°104) ». OMS. Consulté le 22/03/16
« Rapport sur la lutte contre la tuberculose dans le monde ». OMS. Consulté le 22/03/16
« Tuberculose ». Institut Pasteur. Consulté le 22/03/16
« Tuberculose ». Base Ameli.fr. Consulté le 22/03/16