Le paludisme ou malaria est une maladie d’origine parasitaire se traduisant par de la fièvre et des troubles digestifs. Elle se transmet à l’Homme essentiellement par la piqûre d’un moustique (la femelle du genre Anophèle) infecté, et plus rarement lors d’une transfusion sanguine ou par transmission mère-enfant pendant la grossesse.

En 2015, l’OMS a répertorié 212 millions de cas de paludisme dont 429 000 décès. Et, près de 90% de ces malades étaient localisés en Afrique Subsaharienne. De plus, les deux tiers des décès liés au paludisme surviennent chez les enfants de moins de 5 ans.

paludisme


Le parasite en cause, Plasmodium, appartient à la famille des protozoaires (organismes constitués d’une unique cellule). On compte 5 espèces différentes de Plasmodium :

  • falciparum sévit sur le continent africain. Il est le plus agressif et responsable de la moitié des décès liés au paludisme ;
  • vivax est surtout présent en Asie, Amérique latine et certaines régions d’Afriqu;
  • ovale est localisé en Afrique de l’Ouest ;
  • malariae et knowlesi sont moins fréquents.

Les espèces P.vivax et P.ovale ont la particularité de pouvoir séjourner dans le foie sous forme inactive, ainsi les symptômes de la maladie peuvent se manifester plusieurs fois dans la vie d’un individu.

Symptômes du paludisme

Les symptômes du paludisme apparaissent dans les 9 à 30 jours (selon l’espèce de Plasmodium) qui suivent la contamination par la piqûre de moustique. La maladie se manifeste par une fièvre, des maux de tête, des vomissements, des douleurs musculaires et de la fatigue. Dans le cas d’une contamination par P.falciparum, sans traitement dans les 24h, le paludisme évolue vers des atteintes plus sévères, souvent mortelles.

Le paludisme (à P.falciparum essentiellement) est qualifié de grave lorsqu’un organe vital est atteint, soit d’emblée soit suite à un retard de prise en charge. Les complications sont diverses (détresse respiratoire, insuffisance rénale, coma, convulsions, etc.) et peuvent entraîner des séquelles irréversibles ou le décès. Ce risque de paludisme grave concerne essentiellement les voyageurs et les enfants n’ayant pas encore été infectés.

A savoir ! Pour les femmes enceintes, les risques d’avortement spontané et de faible poids à la naissance sont importants.

Diagnostic

Le diagnostic du paludisme est basé sur la présence des symptômes caractéristiques de la maladie et sur l’interrogatoire du patient (voyageur revenant d’une zone endémique, c’est-à-dire où la maladie sévit). Il est confirmé ensuite par l’analyse du sang au microscope.

Dans les zones endémiques, un test rapide est disponible. Il est proposé pour toute suspicion de paludisme.

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Traitement

L’OMS recommande de traiter le paludisme à P.falciparum avec des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA). Ce sont, actuellement, les antipaludéens les plus efficaces.  Ainsi, 5 CTA sont disponibles, et choisis en fonction des souches locales de paludisme à P.falciparum.

Concernant le paludisme à P.vivax, la chloroquine reste le traitement de référence dans les zones où il fonctionne encore. Dans les régions où des résistances se sont développées, l’utilisation d’une CTA est alors recommandée.

Le paludisme grave doit être traité par l’injection (intraveineuse ou intramusculaire) d’artésunate pendant au minimum 24h suivi d’une CTA pendant 3 jours.

Prévention

Des mesures environnementales telles que l’assainissement des zones humides, le recours aux insecticides pour lutter contre les moustiques, la protection des habitations par des moustiquaires sont nécessaires pour faire reculer le paludisme. Individuellement, il est recommandé de porter des vêtements suffisamment couvrants et d’utiliser des répulsifs anti-moustiques pour limiter les risques de piqûre.

Lors d’un voyage en zone endémique, plusieurs molécules peuvent être utilisées en prévention du paludisme, comme la chloroquine, la quinine ou encore la méfloquine. Ce traitement préventif est prescrit par un médecin en fonction de la zone visitée, de la durée du voyage, mais aussi selon le profil du voyageur (âge, antécédents, tolérance aux antipaludéens, etc.). Cependant, les molécules utilisées n’assurent pas une protection totale contre le parasite.

Aucune prévention ne permet à elle seule de se protéger totalement de la survenue de la maladie. Il est donc nécessaire d’associer plusieurs protections comme les moustiquaires, les insecticides, etc.

Charline D., Pharmacienne

– Paludisme. OMS. Décembre 2016.
– Paludisme. INSERM. Janvier 2015.
– Paludisme. Institut Pasteur. Consulté le 4 avril 2017.