La toxoplasmose est une maladie parasitaire, provoquée par la consommation de viande contaminée mal cuite, de crudités mal lavées ou encore par de l’eau souillée. Cette maladie est asymptomatique (ne provoque pas de symptômes) dans la majorité des cas.

Cependant, chez les femmes enceintes non immunisées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli, elle peut causer des complications parfois graves.

toxoplasmose

Toxoplasmose : Définition

En France, la toxoplasmose est une infection fréquente, non-contagieuse et majoritairement bénigne. On estime que pratiquement la moitié des adultes auraient été contaminés durant leur enfance ou adolescence. Et chaque année 200 000 à 300 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.

Le parasite en cause dans la maladie est Toxoplama gondii. Il est présent sous forme inactive ou de « kyste » chez certains animaux comme le porc, le bovin, le mouton, etc. qui l’ingère dans l’environnement. Ainsi, lorsque l’Homme se contamine par la consommation de viande infestée insuffisamment cuite pour tuer les parasites, ou bien en consommant des crudités mal lavées ou de l’eau souillée.  chat qui se nourrit en chassant dehors peut également être parasité  et contaminé l’Homme par l’intermédiaire des parasites contenu dans ses excréments.

Symptômes

80% des individus atteints ne développent aucun symptôme et la toxoplasmose passe inaperçue. Lorsque la maladie a été contractée une fois, l’immunité est valable pour le reste de la vie.

Après consommation d’aliments contaminés, la période d’incubation est comprise entre 5 et 10 jours. Ainsi dans 20% des cas des symptômes peuvent apparaitre tels que :

  • Fièvre modérée (moins de 38°) ;
  • Présence de ganglions ;
  • Fatigue ;
  • Mal de tête ;
  • Douleurs articulaires ;
  • Eruptions cutanées sur le corps.

Le parasite reste ensuite présent dans le corps sous forme inactive pendant plusieurs années, sans entraîner de symptômes.

Complications

Chez les patients immunodéprimés :

Pour les patients souffrants de déficience immunitaire, par exemple atteintes du SIDA, ayant subi une greffe d’organe ou étant sous chimiothérapie, la complication la plus fréquente est l’atteinte cérébrale. Elle est caractérisée par les symptômes suivants : fièvre supérieure à 38°, mal de tête intense, crises d’épilepsie et difficulté dans la réalisation de certains mouvements voire paralysie. La choriorétinite (inflammation de la choroïde et de la rétine de l’œil) est également une complication fréquente se traduisant par une baisse de l’acuité visuelle, une rougeur de l’œil et l’impression de « mouches » devant les yeux. D’autres organes (poumons, cœur, etc.) peuvent parfois être atteints également.

Chez les femmes enceintes non immunisées :

En France, 2700 nouveaux cas de toxoplasmose sont diagnostiqués tous les ans, chez les femmes enceintes. Lorsque le fœtus est touché (25 à 30% des cas), on parle de toxoplasmose congénitale,. Ainsi, le risque de transmission du parasite à l’enfant est de :

  • 5% au premier trimestre, et peut engendrer une fausse-couche ;
  • 40% au deuxième trimestre ;
  • 70% au troisième trimestre.

Plus la contamination est tardive et proche du terme de la grossesse, moins les conséquences pour l’enfant à naître sont graves.

La complication la plus fréquente est la choriorétinite (inflammation de la choroïde et de la rétine de l’œil) qui peut se manifester dès la naissance, dans l’adolescence voire à l’âge adulte. D’autres complications plus graves comme une mort in utéro, un accouchement prématuré ou des séquelles neurologiques peuvent être observées selon le stade de la grossesse.

Diagnostic

Le diagnostic de la toxoplasmose est établi par des analyses sanguines afin de détecter la présence d’anticorps (substance synthétisée par le corps et impliquée dans l’immunité) dans l’organisme dirigés contre le parasite.

Lors d’une grossesse, le dépistage de la toxoplasmose est obligatoire. Si la femme enceinte est déjà immunisée aucune mesure particulière à prendre. En revanche, dans le cas contraire, un dépistage systématique va être effectué chaque mois jusqu’à l’accouchement. Dans les cas où la contamination a lieu pendant la grossesse, une échographie va être réalisée tous les mois afin de dépister d’éventuelles anomalies fœtales. L’infection pouvant être transmise à l’enfant jusqu’à l’accouchement, le dernier prélèvement sanguin a donc lieu directement sur l’enfant après l’accouchement.

A savoir ! Lorsque la contamination de la mère a lieu dans les 6 premiers mois de grossesse, un prélèvement du liquide amniotique (par amniocentèse) entre la 18ème et 32ème semaine d’aménorrhée est nécessaire pour déterminer si l’enfant est lui aussi contaminé.

Si le fœtus présente une toxoplasmose congénitale, différents prélèvements (liquide amniotique, sang fœtal, etc.) sont effectués afin de déterminer les atteintes liées à la maladie.

En cas d’immunodépression (déficience immunitaire), une surveillance régulière est réalisée avec éventuellement un traitement préventif.

Traitement

Pour les personnes sans déficience immunitaire, aucun traitement n’est administré pour traiter la toxoplasmose. Sinon des antibiotiques peuvent être prescrits dans certaines situations, notamment en cas de toxoplasmose congénitale, en prévention chez les personnes immunodéprimées ou encore lors d’une première infection chez la femme enceinte.

Prévention

La vaccination contre la toxoplasmose n’existe pas. La prévention contre la maladie repose essentiellement sur des mesures d’hygiènes simples, comme par exemple bien se laver les mains, mais également bien nettoyer les produits alimentaires issus de la terre avant de les manger ou cuisiner. L’éviction de certains aliments est recommandée lors d’une grossesse.

Ainsi pour les personnes dites à risque (à savoir les femmes enceintes et les immunodéprimés) :

  • Se laver les mains (sans oublier les ongles) avec du savon pendant minimum 30 secondes, en particulier après avoir manipulé de la viande crue ou des légumes pleines de terre ;
  • Eviter tout contact avec la terre (porter des gants pour jardiner par exemple) ;
  • Rincer les fruits et les crudités à l’eau avant de les consommer ;
  • Laver les ustensiles ainsi que les surfaces après avoir cuisiné ;
  • Congeler la viande au moins 3 jours et la cuire suffisamment (à plus de 68°) ;
  • Eviter la charcuterie et les fruits de mer crus
  • Laver tous les jours à l’eau chaude (plus de 70°) le bac à litière du chat avec des gants (sauf si c’est un chat d’appartement).

A savoir ! Contrairement à une idée largement répandue, la contamination humaine par le chat est exceptionnelle. En effet, le félin n’excrète le parasite dans ses selles que quelques semaines dans sa vie (après la contamination). De plus, s’il n’est jamais sorti et ne mange que des boîtes et des croquettes, il a peu de risque de s’être contaminé par la toxoplasmose. Il n’est donc pas nécessaire de demander à une femme enceinte non immunisée de se débarrasser de son chat. Par mesure de précaution, il faut lui conseiller de changer la litière avec des gants… ou de le faire faire par quelqu’un d’autre. Et si c’est un chat qui sort, de se laver les mains après les câlins.

Charline D., Pharmacienne

Ameli-santé. Toxoplasmose. Le 18 février 2015.
Anses. Toxoplasmose. Le 10 juin 2016.