Le ronflement, aussi appelé ronchopathie, peut être causé par deux mécanismes qui ont lieu pendant le sommeil, et principalement le sommeil profond.

D’une part, le ronflement survient lorsque les muscles de l’arrière de la gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue se relâchent pendant le sommeil. Ces organes prennent alors davantage de place dans la bouche et bloquent le passage de l’air dans les voies respiratoires.

En effet, dans ce cas, l’air a plus de mal à passer et fait vibrer le pharynx, ce qui engendre le bruit du ronflement.

ronfleur

D’autre part, l’air que l’on inspire se rend à l’arrière de la gorge et prend de la vitesse avant d’atteindre la trachée et les poumons, c’est cette accélération qui crée une pression négative attirant la luette et le voile du palais mou vers l’arrière. Au moment de l’expiration ces deux organes reviennent à leur position initiale. Ce sont ces mouvements rapides de va-et-vient qui provoquent une vibration et produisent le ronflement.

Le ronflement peut être défini par l’un des deux aspects décrits ci-dessus, ou par l’association des deux.
Il est difficile de déterminer la fréquence de la population qui ronfle, car les personnes concernées par ce phénomène ne s’en rendent pas forcément compte. Toutefois, il a été noté que le ronflement touche plus souvent les hommes, et qu’au-delà de 40 ans, 60% des hommes et 40% des femmes ronflent un peu. Il a également été observé, que 25% des hommes et 15% des femmes souffrent de ronflements importants, on parle alors de ronchopathie chronique. Ces personnes ont tendance à également souffrir d’apnée du sommeil.

L’apnée du sommeil correspond à des arrêts fréquents de la respiration pendant la nuit : le relâchement des muscles de la langue et de la gorge est tel que l’air ne peut plus du tout passer dans la trachée, ce qui entraîne un arrêt de la respiration. Ces arrêts durent en général entre quelques secondes à quelques minutes. Plus les ronflements de la personne sont forts et bruyants, plus ils sont susceptibles d’être accompagnés par des apnées du sommeil.

Personnes à risque et causes du ronflement

Certains individus ont plus de risque de ronfler que d’autres à cause de différents facteurs :

  1. Excès de poids : chez les personnes ayant un excès de poids, la graisse qui s’accumule dans la gorge réduit l’espace, déjà étroit, de la trachée, ce qui augmente le risque de ronflement.
  2. Anatomie de la gorge : ce facteur joue un rôle très important dans la survenue des ronflements car la taille et l’aspect des organes composant la gorge influencent directement le passage de l’air dans la trachée. En effet les ronflements sont favorisés par un rétrécissement marqué de l’espace à l’arrière de la luette, une base plus volumineuse de la langue, un pharynx plus long et étroit et un cou court. La forme de la mâchoire a également un rôle dans le développement des ronflements, une mâchoire reculée entraine la langue dans le fond de la gorge et empêche l’air de passer librement dans les voies respiratoires.
  3. Obstruction du nez : cette cause peut être due à de nombreux facteurs, un nez est potentiellement bouché suite à une congestion nasale, une déviation de la cloison nasale, une présence de polypes ou une hypertrophie des cornets du nez. Les cornets de nez sont formés d’os et de muqueuse et servent à humidifier et à filtrer l’air. Si le nez est obstrué, l’air passe plus difficilement, et un ronflement apparait.
  4. Végétations adénoïdes : également appelées amygdales, sont situées à l’arrière du palais. Si leur taille est importante, elles peuvent bloquer le passage de l’air, ce qui fait vibrer le pharynx et ainsi, cette vibration provoque un ronflement. On retrouve principalement des végétations volumineuses chez les jeunes enfants, de 2 à 3 ans, mais les adultes peuvent aussi souffrir de cela.
  5. Ménopause : ce phénomène s’accompagne d’une perte de tonus des tissus et des muscles, les muscles de la gorge sont donc touchés par ce relâchement, ce qui augmente le risque de vibrations. De plus, à cette période, les femmes ont tendance à prendre du poids, ce qui correspond à un facteur de risque de survenue du ronflement. Les femmes ménopausées ronflent plus que les femmes qui ne le sont pas encore. En effet, la progestérone n’est plus produite lors de la ménopause, or cette hormone a un rôle protecteur sur les tissus mous, dont ceux de la gorge font partie. Les tissus de la gorge ne sont donc plus protégés pendant la période de ménopause, et sont ainsi plus volumineux ce qui empêche l’air de passer librement dans les voies respiratoires.

  1. Mode de vie : le mode de vie de chaque individu a une incidence sur le ronflement, les caractéristiques suivantes augmentent le risque de survenue du ronflement :
  2. Tabagisme : Un fumeur a la muqueuse du nez et de la gorge plus enflée et irritée qu’un non-fumeur, ce qui augmente la résistance à l’air inspiré.
  3. Repas copieux et alcoolisé : cela entraine la relaxation des muscles et les muscles relâchés vibrent davantage.
  4. Tranquillisants : pour les mêmes raisons, tous les médicaments tranquillisants, comme les somnifères par exemple, augmentent les risques de ronflement car ils détendent les muscles du corps humain.
  5. Dormir sur le dos : dans cette position, la langue et les autres tissus glissent vers le fond de la bouche et dans la gorge, et obstruent de cette manière les conduits aériens.
  6. Vieillissement : les différents tissus se relâchent avec l’âge, vibrent plus et prennent plus de place, notamment ceux de la bouche et de la gorge.

Traitements

Les traitements du ronflement dépendent de sa cause, de sa gravité et des complications qui peuvent lui être associées. Tout d’abord il faut différencier les ronflements légers et les ronflements moyens ou majeurs :

      1. Ronflements légers : il s’agit des ronflements qui ne sont pas associés à une complication, et qui dérange peu l’entourage du ronfleur. Dans ces cas, le changement des habitudes quotidiennes permettent de diminuer les ronflements. En effet, le fait de perdre du poids, d’arrêter de fumer, d’éviter de consommer de l’alcool et d’avoir des repas copieux avant d’aller se coucher ont une incidence positive sur les ronflements. Il est également conseillé de dormir sur le ventre ou sur le côté pour ne pas ronfler car dormir sur le dos favorise l’apparition des ronflements. Il existe pour cela des t-shirts anti-ronflement dans lesquels l’on peut insérer 3 balles de tennis, et qui empêche de dormir sur le dos. Il faut tout de même noter que ces modifications de comportement ne peuvent pas faire totalement disparaitre un ronflement, mais elles participent à son atténuation. Dans le commerce, on trouve aussi des oreillers anti-ronflement, qui permettent de surélever la tête et le cou et d’empêcher l’obstruction des voies respiratoires, mais aucune preuve scientifique de l’efficacité de ces oreillers n’a été démontrée.
      2. Ronflements majeurs : Il s’agit de ronchopathies chroniques souvent associées à des apnées du sommeil. En ce qui concerne les traitements de ces ronflements, nous distinguons deux types de traitements : les traitements chirurgicaux et les traitements non chirurgicaux.

Traitements non chirurgicaux

Dans ces traitements, on retrouve ceux pour la congestion nasale et ceux contre les allergies (anti-histaminiques). On retrouve également des bandelettes qui se collent sur le nez et qui permettent d’écarter les narines pour faciliter le passage de l’air. Le port d’une prothèse dentaire la nuit permet d’avancer la mâchoire inférieure et la langue de quelques millimètres donc ainsi d’augmenter l’ouverture des voies respiratoires. Ce traitement réduit considérablement la fréquence et l’intensité des ronflements, mais le port de cette prothèse peut être très inconfortable.

L’appareil CPAP « Continuous Positive Airway Pressure » ou « Ventilation par pression continue positive » est un masque porté la nuit qui est relié à une pompe qui force l’entrée de l’air dans la bouche par une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique. L’entrée continue de l’air dans la bouche empêche les tissus de la gorge et de la bouche de s’affaisser et donc facilite le passage de l’air dans les voies respiratoires ce qui diminue le ronflement.

Traitements chirurgicaux

Ils sont recommandés lorsque les ronflements du patient sont associés à des apnées du sommeil. Il existe trois types de chirurgies qui ont toutes le même but : réduire l’épaisseur des tissus afin de faciliter le passage de l’air. En général on retire une partie du voile ou de la luette, mais il se peut qu’il faille également enlever les polypes nasaux et les amygdales. Les trois types de chirurgie sont, la chirurgie classique sous anesthésie générale, la chirurgie par laser qui se fait sous anesthésie locale et qui requiert parfois plusieurs séances, et enfin la chirurgie par radio-fréquence qui réduit par cautérisation l’épaisseur des tissus.

Alice S., MSc