Fer
La carence en fer, ou carence martiale, est la carence nutritionnelle la plus courante dans le monde. Elle touche particulièrement la population féminine. Le fer est un des sels minéraux indispensables pour le corps humain. En effet, on le retrouve dans tous les types de cellules.

Une carence en fer se développe lorsque les apports sont inférieurs aux besoins finissant alors par affecter les fonctions physiologiques et avoir des conséquences sur la santé et le bien-être. Voici un guide pour mieux comprendre cette déficience et vous aider à retrouver une santé de fer !

Les besoins en fer

Le corps humain recycle et conserve une grande partie du fer mais il existe tout de même des pertes journalières à compenser. En moyenne, un adulte stocke entre 1 et 3 g de fer dans son corps. Environ 1 mg de fer est perdu chaque jour par élimination des cellules mortes. Les femmes en pré-ménopause ont des pertes moyennes journalières d’environ 2 mg. Les enfants et adolescents ont des besoins qui augmentent constamment pendant la croissance et la puberté. Enfin, les femmes enceintes ont de grands besoins en fer pendant la grossesse du fait du développement rapide du placenta et du fœtus.

Les besoins nutritionnels moyens journaliers en fer sont de 7 mg pour un homme adulte et de 12,3 mg pour une femme adulte. Ces valeurs correspondent aux besoins (consommation et pertes) et sont donc des valeurs minimales d’apport conseillé.


Où trouver le fer ?

Le fer est présent en quantité abondante sur terre et c’est un composant essentiel de tous les organismes vivants.

Par exemple, le fer apporté par les aliments d’origine végétale, ou par le lait ou les œufs, est beaucoup moins bien absorbé que le fer apporté par les aliments carnés.

Ceci est dû au fait que le fer existe sous deux formes principales :

  1. Le fer héminique ou fer ferreux ou Fe2+. Le fer héminique est présent dans les aliments d’origine animale (abats, viande rouge, poissons, fruits de mer). Il est absorbé à hauteur de 15 à 35 % par l’organisme.

  2. Le fer non-héminique ou fer ferrique ou Fe3+ : Le fer non-héminique est présent dans les produits laitiers, les œufs, les céréales, les fruits et légumes (frais et secs) et il n’est absorbé qu’à hauteur de 2 à 5 % par l’organisme. Contrairement au fer héminique, son absorption est modulée par la présence d’autres nutriments dans l’alimentation. La vitamine C ainsi que la viande, le poisson et la volaille favorise l’absorption du fer non-héminique. Au contraire, le café et le thé (qui contiennent des tanins), les phytates et polyphénols (qui sont présents dans les végétaux), et le calcium défavorisent son absorption.
En conclusion selon le régime alimentaire, ceci peut poser des problèmes pour la couverture des besoins en fer, notamment chez les personnes végétariennes.


A quoi sert le fer ?

carence en ferLe fer est impliqué dans des fonctions majeures du corps humain. La principale fonction est le transport de l’oxygène dans le sang et le stockage de l’oxygène dans le muscle :

Le fer est un composant de l’hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges du sang. Cette protéine permet de transporter l’oxygène des poumons vers tous les autres organes. Sans fer, le corps humain ne peut plus former d’hémoglobine et n’est donc plus capable d’assurer cette fonction de transport vitale.

Comme pour l’hémoglobine, le fer entre aussi dans la structure d’une autre protéine : la myoglobine. La myoglobine est, elle, responsable du stockage de l’oxygène dans les muscles. Ce stockage permet aux muscles d’être oxygénés au cours d’une activité physique prolongée.

Deux tiers du fer présent dans le corps humain se trouve dans l’hémoglobine des globules rouges circulants et 15% est retrouvé lié à la myoglobine dans les muscles.

Les 8% de fer restant participent aux réactions du métabolisme oxydatif qui permet l’oxydation des aliments pour fournir l’énergie dont le corps a besoin. Le fer est aussi impliqué dans le maintien de l’immunité via le contrôle des flux de fer dans les tissues de façon à ce que les bactéries aient un accès limité au fer, empêchant ces dernières d’utiliser nos réserves en fer.


Quelles sont les causes d’une carence en fer ?

Une carence en fer survient lorsque, pendant une période prolongée, l’apport de fer n’est plus suffisant pour subvenir aux besoins de l’organisme, ceci finissant par dépasser nos capacités de stockage. La survenue d’une carence en fer peut avoir plusieurs causes :

  1. Des pertes de sang chroniques (Les règles représentent la première cause chez les femmes), maladies parasitaires, infections comme les ankylostomoses et la trichocéphalose, saignements occultes : intestinaux par exemple (première cause chez les hommes).

  2. Des situations causant des besoins plus élevés en fer (au cours de la grossesse avec le développement du placenta, au cours de la croissance, à la puberté en particulier chez les jeunes filles qui ont les menstruations qui s’ajoutent à la croissance)

  3. L’exercice physique important (en particulier dans les sports d’endurance avec un besoin plus important d’oxygénation des muscles)

  4. Un faible apport en fer (un régime alimentaire qui n’est pas assez varié, personnes végétariennes)



Conséquences d’une carence en fer ?

mal de têteLa principale conséquence d’une carence en fer est l’anémie (baisse de la quantité d’hémoglobine circulante) mais il existe des carences sans anémie, qui impliquent également des changements fonctionnels.

L’anémie est définie par la baisse de l’hémoglobine dans le sang. L’hémoglobine, contenue dans les globules rouges, transporte l’oxygène du poumon aux organes. 50% des anémies sont attribuées à une carence en fer ce qui représente environ 1 milliard de personnes dans le monde.

Avec ou sans anémie, les symptômes d’une carence en fer sont variés :
  1. Fatigue et étourdissements
  2. Pâleur
  3. Diminution de la force physique, essoufflement à l’effort
  4. Fonctions cognitives altérées (retard de croissance, retard de développement, faibles capacités de concentration, difficultés d’apprentissage)
  5. Chutes de cheveux
  6. Sensibilité au froid
  7. Palpitations, tachycardie
  8. Syndrome des jambes sans repos
Une personne carencée en fer peut exprimer un ou plusieurs de ces symptômes.


Diagnostic d’une carence en fer

échantillon de sangDes analyses biologiques sont essentielles pour déterminer si un individu souffre d’une carence en fer. Suite à une prise de sang, différentes mesures peuvent être évaluées pour un diagnostic précis :

  1. Dosage de la ferritine.
    La ferritine est une protéine de stockage du fer dans le sang. Elle est le reflet des réserves en fer de l’organisme et joue un rôle de régulation de l’absorption intestinale du fer. Une ferritine abaissée confirme l’existence d’une carence en fer, auquel cas, d’autres dosages ne sont pas nécessaires.

  2. Dosage du fer associé à la transferrine.
    Lorsque le patient souffre d’insuffisance rénale chronique, en situation d’inflammation ou lorsque le dosage de la ferritine est normal mais que de nombreuses observations laissent à penser qu’une carence en fer est belle et bien existante, le dosage du fer associé à la transferrine peut faciliter le diagnostic. La transferrine est une protéine du sang qui sert au transport du fer après son absorption par l’intestin. Lorsque l’organisme a un déficit en fer, la quantité de transferrine dans le fer augmente mais la quantité de transferrine liée au fer diminue.



Traitements d’une carence en fer

saumon et légumes

Diversification alimentaire

Favoriser : La consommation de viande rouge, les poissons, les fruits de mer, les fruits et légumes riches en vitamine C (kiwis, agrumes, chou, persil, poivrons…)

Éviter La consommation de café et thé à proximité des repas.

Supplémentation en fer

La supplémentation orale en fer peut être envisagée avec un médecin. La prise des suppléments est recommandée sur un estomac vide pour favoriser l’absorption mais ceci peut provoquer des effets indésirables (nausées, douleurs abdominales). Pendant le repas l’absorption des suppléments diminue de deux tiers. Malgré tout, en cas de survenue d’effets indésirables, une diminution de la dose peut être envisagée ainsi que la prise pendant le repas.

Il est vivement recommandé de consulter un médecin avant la prise de tout médicament.

Les femmes enceintes souffrant de carence en fer sont encouragées à évaluer avec leur médecin les bénéfices de la supplémentation par rapport au risque de la carence sur le fœtus.

Karen T., MSc