jeune femme souffrant de migraine ophtalmique

Plus connue sous le nom de « migraine avec aura », cette pathologie représente environ 20 % de la totalité des migraines.

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Comment se manifeste-t-elle ?

Les migraines

Une migraine est une maladie survenant par crise. Elle se manifeste par des céphalées (ou maux de tête), qui sont généralement pulsatiles et unilatérales. Elle s’accompagne également d’une sensibilité augmentée à la lumière et au bruit.

Les migraines ophtalmiques

Lorsque l’on parle de migraine ophtalmique ou encore de migraine avec aura, on décrit bien un phénomène neurologique et non une maladie oculaire. Ce type de pathologie est caractérisé par des manifestations oculaires précédant la crise douloureuse, tels que l’apparition :
  1. de « mouches » noires ou points lumineux devant les yeux ;
  2. d’un écran noir divisant par deux le champ de vision.
Ces troubles sont la conséquence d’une contraction des vaisseaux de la tête dont on a encore du mal à identifier la cause. La seule certitude à l’heure actuelle est le fait que la migraine soit une maladie génétique. Passé plusieurs minutes, les vaisseaux se dilatent et les céphalées apparaissent. Sans traitement efficace, la crise peut durer quelques heures comme plusieurs jours.

À savoir ! Parmi les migraines avec aura, les manifestations visuelles sont les plus fréquentes (90 % des migraines avec aura). Plus rarement on peut observer des auras dites « sensitives » (fourmillements ou picotements des bras et de la bouche) et des auras « aphasiques » (troubles du langage type difficulté à trouver ses mots).

Mécanisme des crises

cortex cérébralMême si on ne sait pas encore comment la crise se déclenche, des progrès considérables ont été faits de ce côté. On sait que l’aura migraineuse serait provoquée par un dysfonctionnement momentané du cortex cérébral (siège des fonctions nerveuses de base) entrainant une baisse d’activité des neurones. Ces mécanismes expliqueraient alors les différents troubles neurologiques (visuels, du langage…) que l’on peut observer lors de l’aura.

Quant aux maux de tête au cours de la crise migraineuse, ils seraient dus à une inflammation et une dilatation des vaisseaux cérébraux. Ces deux mécanismes résultent de l’activation d’un système appelé « système trigéminovasculaire », une structure nerveuse impliquée dans le contrôle des vaisseaux sanguins. On évoque alors une origine neuro-vasculaire.

Les facteurs déclenchants

Il est communément admis que plusieurs facteurs peuvent déclencher une crise, comme le stress, certains aliments (chocolat, vin…) ou les hormones. Ainsi, il n’est pas rare d’observer une recrudescence des maux de tête lors des menstruations chez les femmes. Eliminer les facteurs connus responsables de la crise peut aider à maîtriser la pathologie.


Diagnostic

Le diagnostic de migraine est basé sur la description des crises : selon leur durée, leur intensité et les symptômes associés (nausées, vomissements). Le fait que le patient soit en bonne santé en dehors des épisodes douloureux est aussi un élément du diagnostic. Il est donc nécessaire d’avoir fait plusieurs crises, 5 au minimum, pour évoquer une migraine.

Pour les cas où les manifestations sont moins typiques, la réalisation d’examens complémentaires comme un scanner ou une IRM peuvent être réalisés afin d’éliminer toute autre maladie.


Traitements

Le traitement préconisé en première intention est du paracétamol ou de l’aspirine à prendre le plus tôt possible au début des manifestations. Le fait de se poser au calme, sans lumière ni bruit est vivement conseillé également. Des anti-inflammatoires non-stéroïdiens peuvent être prescrit en cas d’inefficacité de l’aspirine et du paracétamol. Enfin, les triptans (molécules permettant de contracter les vaisseaux sanguins) sont proposés si aucune des molécules précédentes ne permet le soulagement. Attention, ces derniers ne doivent pas être pris pendant l’aura, mais bien à l’apparition des maux de tête (compte tenu de leur mécanisme d’action).

À savoir ! Les dérivés de l’ergot de seigle ne sont actuellement plus prescrits en raison de leurs effets secondaires (ergotisme : intoxication à l’ergot de seigle de forme soit convulsive soit gangréneuse) et de l’arrivée sur le marché des triptans.

Un traitement de fond peut être instauré par un neurologue dans les cas où les patients décrivent plus de 3 crises par mois. Plusieurs molécules ont une efficacité démontrée pour prévenir les crises, comme certains antidépresseurs ou antiépileptiques, des bêtabloquants ou d’autres traitements habituellement utilisés dans l’hypertension.

Il est aussi possible d’apprendre (avec l’aide d’un spécialiste des céphalées) à gérer sa migraine. L’objectif principal est d’être capable d’identifier les symptômes ainsi que les éléments déclencheurs des crises afin de pouvoir adapter son mode de vie.
Sources
- Migraine ophtalmique ou migraine avec aura. Institut du mal de tête. Article rédigé pour Santé Magazine.fr le 26 Septembre 2012.
- Conduite à tenir devant une migraine ophtalmique. Fiche pratique de neuro-ophtalmologie. 2003 Elsevier Masson. Téléchargéé le 14 février 2017.
- C’est quoi une aura migraineuse ? Société française d’études des migraines et céphalées. Consulté le 14 février 2017.
- Migraine. Inserm. Mis à jour en novembre 2013.