La DMLA ou Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age est une pathologie touchant l’œil, et plus précisément la rétine responsable de la perte progressive de la vision centrale.

Elle représente la première cause de malvoyance chez la personne âgée puisqu’elle touche près de 10 % des 65-75 ans et 25 à 30 % des plus de 75 ans.

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DMLA : définition et symptômes

La DMLA résulte de la détérioration de la macula, qui est la zone centrale de la rétine de l’œil où l’acuité visuelle est maximale. Cette zone permet la vision des détails et des couleurs avec précision. La dégénérescence maculaire est la conséquence du vieillissement entrainant une perte progressive de la vision centrale. En France, on estime de 800 000 à 1 million le nombre de personnes atteintes.

Bien que parfois héréditaire, l’origine de la maladie reste obscure. Cependant, 2 facteurs sont connus pour augmenter les risques de développer une DMLA : l’âge et le tabagisme. Il semble également que les rayons ultraviolets lors d’expositions intenses à la lumière du jour accélèrent la progression de la maladie. Par ailleurs, l’hypertension artérielle ainsi que des taux élevés de cholestérol dans le sang seraient associés à la DMLA.

Pendant plusieurs années, la maladie est silencieuse. Cette phase précoce est appelée MLA (Maculopathie Liée à l’Age) ou « forme sèche précoce » et se traduit par l’accumulation de dépôts au niveau de la macula. Majoritairement asymptomatique (aucun symptôme), la MLA peut parfois entraîner des troubles de la vision comme la perception de déformations des lignes droites ou de taches floues. Ce premier stade de la maladie peut rester tel quel tout au long de la vie ou bien évoluer en DMLA.

On distingue deux types de DMLA :

  • La forme atrophique ou « sèche avancée » est caractérisée par un rétrécissement de la rétine avec accumulation de protéines. Elle se traduit par une perte progressive (sur 5 à 10 ans) de la vision centrale au niveau d’un œil. Les détails sont flous, mais la perception des couleurs et la vision périphérique restent intactes.
  • La forme humide est caractérisée par le développement de nouveaux vaisseaux sanguins au niveau de la macula. Des protéines s’échappent de ces vaisseaux et s’accumulent sur la macula. La perte de la vision dans cette forme de DMLA est beaucoup plus rapide (quelques jours à quelques semaines sans prise en charge).

Généralement, la DMLA touche un seul œil, mais le risque de bilatéralisation (atteinte des 2 yeux) est de 10 % à 1 an et 42 % à 5 ans.

Diagnostic

DMLA diagnostic
Le diagnostic de DMLA est posé par un médecin ophtalmologue après divers examens :

  • Une mesure de l’acuité visuelle ;
  • Un fond de l’œil afin d’observer la présence ou non de lésions au niveau de la macula, de la rétine et des vaisseaux rétiniens ;
  • Une tomographie par cohérence optique (OCT) pour observer plus précisément la constitution de la rétine. Cet examen sert également au suivi de la pathologie ;
  • Une angiographie (photographie des vaisseaux de la rétine après injection intraveineuse d’un colorant) qui permet de préciser le type (sec ou humide) de la dégénérescence maculaire.

A savoir ! L’examen du fond de l’œil et l’angiographie nécessitent l’administration d’un collyre permettant de dilater la pupille. Ce dernier agit pendant quelques heures durant lesquelles la vision est floue et empêche toute conduite de véhicule.

Traitements

Il n’existe aucun traitement contre la forme sèche de DMLA, cependant une surveillance est indispensable afin de limiter les complications (évolution vers une forme humide).

Concernant la forme humide de la maladie, plusieurs traitements ciblent les vaisseaux sanguins : ce sont les traitements anti-angiogéniques ou anti-VEGF. L’objectif de ces médicaments est de stabiliser la maladie en empêchant le développement de nouveaux vaisseaux sanguins au niveau de la macula. L’injection médicamenteuse se fait sous anesthésie locale (via un collyre) directement dans l’œil (dite intra-vitréenne). Le nombre d’injections nécessaires est défini par l’ophtalmologue.

En cas d’intolérance ou contre-indication aux anti-VEGF, le médecin peut proposer :

  • La photothérapie dynamique qui se traduit par l’injection intraveineuse d’un colorant (la vertéporfine) destiné à se fixer dans les vaisseaux anormaux de la rétine, puis par l’exposition de l’œil à la lumière. La réaction du colorant à la lumière provoque la formation de caillots sanguins obturant les vaisseaux. Ainsi, les vaisseaux obturés ne peuvent plus proliférer et finissent par dégénérer.
  • Le laser chirurgical détruit les nouveaux vaisseaux sanguins pour éviter une hémorragie dans la macula. Il permet de ralentir la progression de la maladie.

Dépistage

La DMLA peut être dépistée lors d’une consultation d’ophtalmologie, il est donc conseillé y compris en l’absence de troubles de la vue et particulièrement à partir de 50 ans, de consulter régulièrement un ophtalmologue.

Il est indispensable de se diriger rapidement vers un ophtalmologue dès l’apparition de signes tels que :

  • Déformation des images et lignes droites ;
  • Difficulté à percevoir les détails ;
  • Apparition d’une ou plusieurs taches noires dans le champ de vision ;
  • Gêne en vision nocturne ;
  • Difficulté de lecture ;
  • Sensation d’éblouissement ;
  • Modification de la vision des couleurs.
La grille d’Amsler, test de référence permettant de déceler les premiers signes d’une DMLA, est constituée d’un réseau de lignes verticales et horizontales avec un point au centre.

Il suffit de tenir la grille à une distance de lecture confortable et fixer le point central.

Les patients souffrants de DMLA voient des lignes déformées, interrompues et des zones floues.

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Prévention

La prévention de la dégénérescence maculaire repose sur l’évitement des facteurs aggravants, à savoir :

  • Arrêt du tabac ;
  • Port de lunettes de soleil ;
  • Surveillance du taux sanguin de cholestérol et de la pression artérielle ;
  • Consommation d’aliments riches en antioxydants comme la vitamine C et E (cassis, goyaves, poivrons rouges, persil, oranges, etc.), le zinc (huîtres, viandes, crustacées, graines de sésame) et les caroténoïdes (choux verts, courgettes, brocolis, petits pois, maïs, kiwis, oranges, mangues, etc).

Charline D., Pharmacienne

– Dégénérescence maculaire liée à l’âge. Inserm. Juin 2014.
– DMLA. ameli-sante. Le 16 septembre 2014.
– Dégénérescence maculaire (DMLA). EurekaSante. Le 20 octobre 2016.