Entorse de la cheville
Une entorse est un étirement ou une déchirure d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation. Les ligaments sont des faisceaux de bandes de tissus fibreux très résistants et peu extensibles qui unissent les os entre eux et qui donnent une stabilité aux articulations.
L’articulation la plus touchée par ce phénomène est la cheville, mais il existe également des entorses de genoux, de poignets et des coudes.
Les symptômes principaux de l’entorse sont la douleur, l’enflure et la difficulté à bouger.

Il existe 3 sortes d’entorses selon leur gravité, c’est-à-dire selon l’atteinte des ligaments

  1. Entorse légère ou bénigne: Il s’agit d’un étirement des ligaments, l’articulation est encore fonctionnelle. Une douleur est ressentie au niveau de l’articulation, mais les mouvements de celle-ci sont encore possibles. On observe dans ce cas un gonflement de l’articulation dans les heures qui suivent ou le lendemain.

  2. Entorse modérée : Il s’agit d’un étirement des ligaments associé à une déchirure partielle. Une douleur est ressentie au niveau de l’articulation, et les mouvements de celle-ci sont limités mais possibles. On observe un gonflement de l’articulation en moins de 4h et des ecchymoses apparaissent également.

  3. Entorse grave : Il s’agit d’une rupture complète des ligaments avec une possibilité que les tendons se détachent de l’os. Lors de ce détachement, un petit morceau d’os peut également être entrainé avec le tendon. Un craquement et une sensation de déchirure sont ressentis au niveau de l’articulation, ils sont également associés à une douleur intense et une difficulté importante à bouger. On observe des ecchymoses et un gonflement de l’articulation en quelques minutes.

Personnes et facteurs à risques

Les personnes les plus amènes à subir des entorses sont les sportifs, qu’il s’agisse d’athlètes professionnels ou de sportifs amateurs, les personnes qui ont déjà eu des entorses, ou d’autres problèmes liés aux articulations.
Les individus en surpoids ou en mauvaise condition physique sont également susceptibles d’avoir des entorses.
Et enfin, les personnes âgées sont touchées par ce traumatisme car leurs réflexes sont amoindris et elles sont plus sujettes aux troubles de coordination des mouvements.
Par conséquent, les facteurs de risque sont liés à toute activité physique et sportive, notamment ce qui concerne les sports de contact, et de pivot pour lesquels les individus effectuent des changements brusques de direction (football, basketball, tennis…). La marche, ou la course à pied, sur des terrains de mauvaise qualité et de surface irrégulière sont aussi propices aux entorses, par exemple les terrains glissants ou rocailleux. Faire une activité sportive avec un échauffement et un entrainement insuffisant, et/ou avec un équipement non adéquat (surtout concernant les chaussures) sont des facteurs de risque pour la survenue d’entorses.


Traitements de l’entorse

traiter l'entorse de la cheville avec de la glaceDans l’immédiat, lorsque l’on suspecte une entorse, il faut arrêter toute activité physique qui avait été entreprise. Ensuite, pour les trois types de gravité d’entorse, il est conseillé de suivre le traitement « GREC » pendant environ 72h après la survenue de l’entorse. Ce traitement repose sur quatre principes :
  1. Glace : il faut appliquer de la glace le plus tôt possible sur l’articulation afin de minimiser le gonflement. En effet, la glace permet de diminuer l’inflammation et l’enflure en resserrant les vaisseaux sanguins. Elle permet également d’atténuer la douleur et les saignements s’il y a eu une déchirure des ligaments.

  2. Repos : le patient doit se reposer après une entorse, mais cette période de repos ne doit pas excéder 72h car le mouvement de l’articulation est recommandée et bénéfique pour la guérison de l’entorse. Dans certains cas, notamment en ce qui concerne les entorses graves, le patient doit immobiliser l’articulation plus longtemps, c’est bien évidemment au médecin de définir le temps de repos. Une orthèse rigide ou semi-rigide peut être prescrite afin d’immobiliser la zone touchée. L’orthèse limite les mouvements dans l’axe des ligaments endommagés, mais permet les autres mouvements. Plus rarement, un plâtre est prescrit, afin d’éviter vraiment tout mouvement.

  3. Élévation : il est conseillé de surélever le membre blessé à une hauteur de 10 cm au-dessus du cœur, et si possible de réitérer cette action pendant 2h à 3h tous les jours jusqu’à ce que la douleur et le gonflement diminuent. Le fait d’élever l’articulation blessée favorise la circulation du sang et donc celle du liquide inflammatoire pour qu’il ne s’accumule pas autour de l’articulation.

  4. Compression : il faut envelopper la zone de l’entorse avec un bandage élastique afin de réduire le gonflement et les ecchymoses et également de soutenir les ligaments blessés, tout en laissant le sang circuler. Il ne faut donc pas serrer trop fort.

Les entorses peuvent se soigner à l’aide de médicaments, il s’agit d’analgésiques ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les analgésiques sont, la plupart du temps, des comprimés utilisés pour soulager la douleur, les AINS sont souvent sous forme de gel ou de pommade et sont appliqués localement sur l’entorse. Ces derniers médicaments soulagent également la douleur, mais ont aussi pour rôle de réduire l’inflammation et le gonflement de l’entorse.
Pour les entorses graves, la chirurgie peut être envisagée. Elle est surtout effectuée pour des sportifs de haut niveau qui utilisent l’articulation endommagée de façon intensive.


Réadaptation

Les périodes de réadaptation et de remise au sport dépendent de la gravité de l’entorse. En règle générale, elles sont de :
  1. Entorse légère ou bénigne : 1 à 3 semaines
  2. Entorse modérée : 4 à 6 semaines
  3. Entorse grave : 6 semaines à 3 mois
Bien sûr, ces périodes sont données à titre indicatif, il est préférable de reprendre, après une entorse, une activité physique de manière progressive afin d’éviter tout risque de récidive. Pour les sportifs de haut niveau, et les entorses graves, un kinésithérapeute peut aider le patient à regagner toutes ses capacités physiques avec différents exercices qui ont pour but d’aider les ligaments à retrouver leur capacité en diminuant leur raideur et en renforçant la musculature qui s’est amoindrie pendant la convalescence.

Alice S., MSc