La polyarthrite rhumatoïde touche environ 200 000 personnes en France, avec une prédilection pour les femmes.

C’est une maladie auto-immune des articulations qui peut mener, dans 20 % des cas, à une invalidité fonctionnelle.

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Causes de la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie articulaire inflammatoire chronique due à une réaction auto-immune. C’est-à-dire que le système immunitaire du malade (les globules blancs) se retourne contre ses propres articulations. Ces globules blancs produisent des substances appelées anticorps qui vont endommager la membrane synoviale. Cette membrane tapisse les articulations et produit la synovie, le liquide lubrifiant de l’articulation ; son attaque provoque inflammation, destruction du cartilage et production excessive de synovie. Les articulations deviennent douloureuses et se déforment.

L’origine de la maladie est multifactorielle. Plusieurs causes sont possibles :

  1. La génétique (expliquerait 50 % du risque de développer une polyarthrite) ;
  2. Les hormones (la maladie est fréquente à la ménopause) ;
  3. Le tabac ;
  4. La pollution environnementale ;
  5. Le stress.

Symptômes de la polyarthrite rhumatoïde

La maladie touche surtout les femmes entre 40 et 60 ans, mais il peut y avoir des formes plus précoces, et même chez l’enfant (rare).

La polyarthrite rhumatoïde se manifeste essentiellement par des douleurs et raideurs articulaires. Ces douleurs surviennent la nuit, au niveau des mains, poignets, pieds ou genoux de façon symétrique. Les articulations gonflées et douloureuses, finissent par se déformer. Une fièvre et de la fatigue peuvent être associées.

Dans certaines formes, on observe une sécheresse des yeux ou de la bouche, ou l’atteinte d’organes profonds (cœur, poumons, nerfs…).

La maladie évolue par poussées avec des périodes d’accalmie. L’évolution est variable et imprévisible.

évolution de la polyarthrite rhumatoïde

Diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde

Le diagnostic repose sur les symptômes, un bilan sanguin et radiologique.

La prise de sang s’attache à rechercher une inflammation et le caractère auto-immun de la maladie (détection du facteur rhumatoïde ou d’anticorps spécifiques). La présence du facteur rhumatoïde ne suffit cependant pas à elle seule pour affirmer le diagnostic.

Les radiographies mettent en évidence les lésions articulaires. Elles servent de référence pour surveiller l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde. À noter que les radios sont souvent normales en début de maladie.

Parfois, on peut avoir recours à l’IRM, à l’échographie ou à l’analyse du liquide synovial.

Traitements de la polyarthrite rhumatoïde

Le traitement médicamenteux repose sur une prise en charge des poussées et un traitement de fond. Il est important que ce dernier soit instauré rapidement pour éviter une destruction avancée et irréversible des articulations.

Les douleurs des poussées sont soulagées par du paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (comme l’ibuprofène) ou des corticoïdes.

Le traitement de fond doit être initialisé dans les 6 premiers mois pour stabiliser le malade, voire le mettre en rémission. Il repose sur :

  1. Des immunosuppresseurs qui vont contrer « l’emballement » du système immunitaire du patient. Le méthotrexate est le plus utilisé. Il commence à agir au bout de 3 semaines. Les effets secondaires sont une baisse des globules blancs, une fragilité aux infections, des pneumopathies ou atteintes rénales. Le méthotrexate est contre-indiqué pendant la grossesse et chez les hommes désirant procréer. La sulfasalazine, le léflunomide et l’hydroxychloroquine sont des alternatives ;
  2. Des immunosuppresseurs spécifiques issus des biothérapies : ils agissent contre les anticorps responsables de la maladie. On utilise essentiellement les anti-TNF-alpha (infliximab, adalimumab, étanercept, certolizumab, golimumab). Ils sont efficaces chez 60 à 80 % des patients. Ils sont administrés par perfusion (hospitalisation de jour) ou en injection ;
  3. Des infiltrations articulaires de corticoïdes.

À savoir ! Les biothérapies sont une nouvelle génération de médicament. Elles sont fabriquées par des cellules mises en culture (d’où leur nom de « biothérapie » ou « biomédicament »). Du fait de ce mode de production biologique, leur coût est très élevé. Certaines cellules sont ainsi utilisées pour synthétiser des anticorps contre une cible particulière, dont le fameux TNF-alpha (Tumour necrosis factor alpha) responsable de l’inflammation dans les polyarthrites. Les anti-TNF-alpha agissent sur la douleur et limitent la destruction de l’articulation. Ils sont prescrits sous haute surveillance par des rhumatologues hospitaliers après un bilan complet.

Le suivi du traitement, une relation médecin-patient de qualité et une bonne hygiène de vie sont importantes dans la gestion au long terme de la polyarthrite rhumatoïde.

Isabelle V., journaliste scientifique

– Polyarthrite rhumatoïde. ameli-sante. Mise à jour le 20 mai 2016.
– Polyarthrite rhumatoïde. inserm. Consulté le 31 mars 2017.
– Les traitements de fond des rhumatismes inflammatoires. public.larhumatologie. Consulté le 31 mars 2017.