Radiographie de la colonne vertébrale

La spondylarthrite ankylosante, également connue sous le nom de pelvispondylite rhumatismale, est une maladie inflammatoire chronique, d’origine auto-immune. Chez 90 % des individus atteints de cette maladie, le gène appelé HLA B27 est en cause. Or, ce même gène ne serait présent que chez 10 % maximum de la population, son implication dans la maladie semble donc évidente. Cette dernière est caractérisée par l’atteinte des articulations des vertèbres et du bassin. Elle est également responsable de douleurs dans ces mêmes régions.
À savoir ! Le terme « spondyl » désigne la colonne vertébrale, tandis que l’« arthrite » est l’inflammation des articulations.

Cette pathologie appartient à la famille des spondylarthropathies, autrement dit les maladies touchant les articulations des vertèbres. Parmi ces pathologies, on compte le rhumatisme psoriasique, les arthrites réactionnelles (c’est-à-dire liées à une infection) et les arthrites en lien avec certaines affections chroniques de l’intestin (la maladie de Crohn par exemple).

En France, ce type de rhumatisme inflammatoire touche 0.3% de la population, soit 300 000 personnes environ. Il atteint préférentiellement les jeunes adultes et se manifeste de manière plus sévère chez les hommes. De plus, la spondylarthrite ankylosante n’apparaît que rarement après 50 ans.

De la même façon que la polyarthrite rhumatoïde, cette affection est d’origine auto-immune. C’est le système immunitaire du patient qui est à l’origine de l’inflammation des articulations. Au bout d’un certain temps, une raideur ou « ankylose » responsable de handicap peut survenir.

À savoir ! Une « ankylose » se définie comme une limitation, plus ou moins importante, de la mobilité articulaire.


Symptômes

femme souffrant de douleurs dans le bas du dosLe patient commence généralement par se plaindre de douleurs dans le bas du dos ou au niveau des fesses. Celles-ci peuvent être aussi bien symétriques (des deux côtés), qu’asymétriques (à droite ou à gauche). Elles sont d’ailleurs dites « à bascules » en raison de leur apparition parfois à gauche et d’autres fois à droite. Ces douleurs sont généralement, et de façon caractéristique, exacerbées en fin de nuit et au levé.

La maladie évolue par poussées. Au cours de ces dernières, on peut observer d’autres atteintes comme :
  1. Les vertèbres du dos et du cou ;
  2. Les articulations du thorax ou des membres ;
  3. Les ligaments et tendons, en particulier le tendon d’Achille.

Cependant, la spondylarthrite ankylosante ne se limite pas obligatoirement aux articulations. Elle peut être à l’origine de bon nombre de manifestations, telles que:
  1. Une uvéite (inflammation de l’œil) se traduisant par une douleur et une rougeur oculaire ;
  2. Un psoriasis ;
  3. Une maladie inflammatoire de l’intestin (par exemple la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique) ;
  4. Une atteinte cardiaque ;
  5. Une insuffisance respiratoire ;
  6. Une atteinte rénale ;
  7. Une inflammation de la vessie ou du col de l’utérus peut parfois être constatée.
En plus de ces symptômes, la spondylarthrite est fréquemment accompagnée de fatigue ou de signes plus généraux comme de la fièvre ou une perte de poids.


Évolution

Rupture de la colonne vertébraleChaque spondylarthrite est variable, mais elles évoluent de façon lente (pendant 10 à 20 ans) et le plus souvent (dans 65 % des cas) par poussées. Malgré le fait qu’elles ne mettent pas en jeu le pronostic vital, elles peuvent tout de même être à l’origine de handicap.

À savoir ! La spondylarthrite ankylosante n’entraîne pas de risque lors d’une grossesse, cependant, il est nécessaire de suspendre les traitements, qui sont contre-indiqués.

Sans traitement efficace, la maladie peut être à l’origine de certaines complications. Ainsi, l’ankylose se traduit par un blocage définitif des articulations présentent dans le bas du dos. Elle peut même être à l’origine de l’enraidissement et de déformations de la colonne vertébrale dans les cas les plus graves.

D’autres complications plus rares peuvent être constatées comme :
  1. Des fractures d’une ou plusieurs vertèbres (en particulier au niveau cervical) ;
  2. Le « syndrome de la queue-de-cheval » est la compression des nerfs à l’extrémité de la moelle épinière. Il se traduit par une douleur ou une perte de la sensibilité en bas du dos, une difficulté à bouger les jambes, une constipation et des difficultés à uriner.
  3. Des formes invalidantes très rares comme l’ankylose du thorax, la coxite bilatérale (atteinte des hanches) et la cyphose (courbure pathologique de la colonne vertébrale) peuvent aussi être observées.


Diagnostic

Le diagnostic de la spondylarthrite repose sur plusieurs paramètres. L’examen clinique ainsi que l’interrogatoire du médecin sont les premiers éléments permettant son orientation. Le médecin va ainsi au travers de diverses questions reconstituer l’histoire de la maladie et ses caractéristiques. Des radiographies de la colonne vertébrale et des hanches ainsi qu’un bilan sanguin (nécessaire à l’identification de l’inflammation) viennent compléter la recherche. Le médecin peut aussi demander à ce que le gène HB 27 soit recherché lorsqu’il n’existe pas d’antécédents familiaux, tout en sachant que l’absence de ce gène ne permettra pas d’écarter la maladie.


Traitements

La prise en charge de cette pathologie repose sur l’association des traitements à la fois médicamenteux et non-médicamenteux. Le but est de lutter contre la progression de la maladie en calmant la douleur, en prévenant ou traitant les complications et en maintenant les capacités fonctionnelles.

Traitements médicamenteux

En période de poussées, des Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens aussi appelés AINS (Ibuprofène, diclofénac …) sont prescrits afin de réduire l’inflammation et la douleur au niveau des articulations. Ils permettent également une amélioration de la mobilité articulaire. Ils peuvent être associés à des antalgiques (contre la douleur) tels que le paracétamol ou des opiacés lorsqu’ils ne suffisent pas à soulager le patient. Des infiltrations de corticoïdes, c’est-à-dire des injections locales, peuvent également être prescrites.

En dehors des crises douloureuses, si l’état du patient ne s’améliore pas, l’instauration d’un traitement de fond peut s’avérer nécessaire. Ainsi, la prescription de méthotrexate, de sulfasalazine ou d’anti-TNF (molécule interférant dans l’activité des cellules immunitaires) est indiquée.

Autres traitements

La rééducation, en particulier de la colonne vertébrale, est un complément indispensable dans la prise en charge de la spondylarthrite. Elle permet au patient de conserver la mobilité de ses articulations et de prévenir les potentielles déformations.

La physiothérapie (l’application de chaleur sur la zone douloureuse) peut également trouver son intérêt lors des poussées douloureuses.

En complément, ou plus largement en prévention, l’ergothérapie est une discipline à ne pas négliger. Elle permet au patient, en adaptant ses gestes, de prendre soin de ses articulations.

Le recours aux synoviorthèses (injection intra-articulaire de substances radioactives) ou à la chirurgie est réservé aux cas particuliers des formes sévères de la pathologie.

Charline D., Pharmacienne
Sources
- Spondylarthrite. Eurekasante par Vidal. Mis à jour le 09 janvier 2017.
- Spondylarthrite ankylosante. Vidal. Mis à jour le 24 janvier 2017.