Le mal des transports, aussi appelée cinétose ou encore cinépathie, est un fait commun survenant lors de déplacements réalisés dans un véhicule : en bateau (le plus fréquemment), en voiture, car, ou encore en avion.

Cette sensation, très désagréable, touche principalement les enfants et les femmes. Ce sont les deux à douze ans qui sont les plus exposés selon un avis du haut conseil de la santé publique en date du 25 avril 2013.

Le plus souvent sans danger, ce mal se manifeste par des nausées, vertiges, maux de tête, etc. Quelle en est la cause ? Quels sont les symptômes ? Existe-t-il des astuces ou des traitements ?

Conseils pratiques pour le mal des transports

La cause du mal des transports

Le malaise lié au mal des transports est le résultat d’une réponse inadaptée du cerveau, liée à une contradiction entre la perception visuelle (information fournie par les yeux) et le centre de l’équilibre (information donnée par le vestibule, organe de l’équilibre situé dans l’oreille interne).
Lors d’un déplacement prolongé, il y a une stimulation inhabituelle du vestibule : l’oreille interne perçoit rapidement les balancements, les ralentissements, les accélérations du moyen de transport. Les yeux perçoivent ces informations de façon plus lente. De ce fait, le cerveau a des difficultés à analyser les informations exactes sur la position du corps, d’où l’apparition des symptômes de la cinétose.

Les symptômes et complications

Mal des transportsLes troubles les plus fréquemment ressentis sont :

  1. une sensation de malaise ;
  2. une sensation d’inconfort dans la partie haute du ventre ;
  3. une sensation de fatigue générale ;
  4. des nausées ;
  5. un dégoût des aliments.

D’autres symptômes peuvent survenir :

  1. une pâleur ;
  2. des sueurs froides ;
  3. une anxiété importante ;
  4. une hypersalivation ;
  5. des vomissements ;
  6. des vertiges ;
  7. une accélération de la respiration ;
  8. des maux de tête ;
  9. etc.

Le mal de transport ne présente aucune complication grave à moins que les vomissements persistent au point où la personne soit déshydratée. Les symptômes du mal de transport s’atténuent habituellement après l’arrêt du mouvement, mais peuvent prendre jusqu’à quelques jours pour complètement disparaître.

Quelques conseils et astuces


  1. Éviter autant que possible les facteurs favorisant le mal des transports : mauvaises odeurs (tabac, café, alcool), confinement, bruits agressifs, fatigue, anxiété, chaleur, etc.
  2. Ne pas voyager avec l’estomac vide mais manger léger avant le départ : ne pas manger trop gras ou de façon trop copieuse. Privilégier les sucres lents tels que le riz, les pâtes, etc.
  3. Voyager dans un endroit frais ou penser à mettre la ventilation au niveau du visage : se placer près d’une fenêtre, ou si le temps le permet aller sur le pont du bateau par exemple.
  4. En avion ou en bateau, se placer au milieu : les sensations de turbulence sont moindres. En voiture, se placer devant.
  5. Éviter de lire, de jouer aux jeux vidéo : cela requiert une importante attention visuelle.
  6. Se placer et regarder dans le sens de la marche : par exemple en voiture, regarder par la vitre avant du véhicule (pare-brise) et fixer un point à l’horizon.
  7. S’occuper l’esprit : par exemple en voiture, prendre le volant. Le conducteur n’a pas le mal des transports. Il est conseillé d’écouter de la musique, se détendre…
  8. Boire de l’eau, boissons sucrées ou salées par petites gorgées. Ceci est primordial en cas de vomissements, afin d’éviter la déshydratation.
  9. Maintenir sa tête fixe pour limiter la sensation de mouvement (avec un petit coussin, ou avec l’appui-tête s’il y en a un)
  10. Enfin, ne pas penser au malaise ! Il ne faut pas se focaliser sur le fait d’avoir déjà eu le mal des transports : l’anxiété peut générer des maux de ventre, vertiges…

Si malgré cela les symptômes apparaissent, il est conseillé de fermer les yeux un instant, de respirer profondément et calmement, de se placer dans un endroit frais (ouvrir la fenêtre de la voiture par exemple), et lorsque cela est possible, de s’allonger quelques instants avec un linge frais et humide sur le front.
Si ces malaises surviennent régulièrement, si la gêne est très importante ou bien si elle est accompagnée de fièvre ou de douleurs particulières, il est nécessaire de consulter un médecin. Ce dernier pourra prescrire un traitement adéquat.

Les traitements pour lutter contre le mal des transports

Des médicaments délivrés avec ou sans ordonnance permettent de soulager les symptômes du mal des transports. Ils doivent être pris une demi-heure à une heure avant le départ, voire la veille. Certains s’utilisent également durant le voyage. Il est déconseillé d’associer plusieurs de ces médicaments. Il est important de bien lire la notice, ainsi que les précautions d’emploi, pour utiliser les médicaments convenablement. Pour les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées, il est fortement conseillé de consulter un médecin, avant de prendre l’un de ses médicaments.

Les médicaments les plus employés sont de deux types :

  1. Les antihistaminiques (dimenhydrinate, diphénhydramine, méclozine) : Ces substances diminuent les risques de nausées. Ces médicaments sont couramment utilisés pour les trajets de quelques heures. Les antihistaminiques ont tendance à provoquer une somnolence, plus ou moins intense : il est donc déconseillé de conduire ou de réaliser toute autre activité nécessitant une importante concentration.
  2. La scopolamine : elle agit sur l’oreille interne, pour éviter la transmission d’informations « perturbantes » au cerveau. Elle se présente sous forme de patch (réservés aux plus de 15 ans). Ces patchs sont utilisés pour les voyages en bateau ou tout autre voyage relativement long. Les effets peuvent durer jusqu’à 72h.

Les médicaments homéopathiques ou des dérivées d’huiles essentielles (par exemple, la menthe poivrée qui peut contrer les nausées et apaiser les maux de tête) peuvent également être utilisés pour faire face aux symptômes du mal des transports. Soyez très vigilants à ne pas utiliser d’huiles essentielles pures, elles peuvent se révéler dangereuses si la concentration utilisée est trop importante, demandez toujours conseils à votre médecin ou pharmacien.
Enfin, depuis quelques années, sont apparus des bracelets pour lutter contre le mal des transports. Ils appuieraient sur des points d’acupuncture. Toutefois, leur efficacité n’a pas été prouvée.

Karine A., MSc