La boulimie est un trouble du comportement alimentaire lié à l’image que le patient a de son corps. Cette maladie qui se manifeste essentiellement chez les adolescentes, est caractérisée par une ingestion compulsive de nourriture en grande quantité.La boulimie concerne 1.5% des jeunes âgés de 11 à 20 ans, avec un pic de fréquence entre 19 et 20 ans. Ce trouble touche plus volontiers les jeunes filles (6 pour 1 garçon).

adolescente boulimique

Symptômes de la boulimie

La boulimie, généralement provoquée par un stress, se manifeste par des crises ou pulsions irrépressibles. Elles se déroulent majoritairement entre les repas, et à l’abri des regards. Ainsi, sur une période de temps courte, la personne va ingérer une grande quantité de nourriture, sans pouvoir s’arrêter. Les différents aliments sont engloutis tels quels sans être préparés au préalable. En effet, l’objectif premier lors d’une crise de boulimie est de se « remplir » et non de se faire plaisir culinairement.

Cette perte de contrôle est douloureuse pour le patient une fois la crise terminée. Le remord voire même très souvent le dégout de soi pousse le patient à se faire vomir, prendre des laxatifs ou utiliser divers autres stratagèmes afin de reprendre le contrôle.

À savoir ! Une personne boulimique est rarement obèse. Au contraire, elle fait très attention à ne pas prendre de poids. Le recours aux laxatifs, aux vomissements provoqués ou au sport intensif est fréquent.

Diagnostic de la boulimie

Le diagnostic de ce trouble du comportement repose sur l’association de plusieurs critères :

  1. La sensation de perte de contrôle lors des crises ;
  2. La fréquence des crises (une moyenne égale ou supérieure à 2 crises hebdomadaires sur au minimum 3 mois) ;
  3. Le recours fréquent à des comportements dits compensatoires pour prévenir la prise de poids, à savoir le jeûne, l’exercice physique intensif, la prise de laxatifs ou coupe-faim, les vomissements provoqués, etc. ;
  4. Un intérêt exacerbé pour son poids et ses formes.

À savoir ! L’hyperphagie boulimique est à différencier de la boulimie, elle se traduit par des crises mais sans comportements compensatoires.

Traitement et prévention de la boulimie

Il est possible de guérir de la boulimie, cependant le chemin vers la guérison est long et souvent marqué par les rechutes. Pour la favoriser, il est préférable que la prise en charge soit précoce afin de limiter l’évolution vers la chronicité, et les diverses souffrances (psychologiques et physiques) liées à la maladie.

La prise en charge de la boulimie est pluridisciplinaire. Ainsi, un suivi à la fois psychiatrique, nutritionnel, social et médical est nécessaire. L’objectif est le même que pour l’anorexie. La patiente doit retrouver une alimentation équilibrée ainsi que l’estime d’elle-même. Dans ce but, une psychothérapie individuelle, en groupe ou même familiale peut être proposée. La nécessité d’hospitalisation d’une patiente est rare.

Quelques mesures individuelles peuvent aider à prévenir les troubles du comportement alimentaire :

  1. Valoriser l’identité de chacun ;
  2. Ré évaluer sa propre notion de poids « idéal » ;
  3. Se méfier des médias ;
  4. Privilégier le plaisir dans la nourriture et les activités ;
  5. Fuir toutes restrictions caloriques ;
  6. Éviter les remarques concernant l’apparence d’un individu ;
  7. Accepter et valoriser la diversité des êtres.

Complications et séquelles de la boulimie

Le recours à certaines pratiques, à savoir les vomissements provoqués ou l’utilisation de laxatifs, peut induire chez les boulimiques certaines complications :

  1. Atteinte de l’émail des dents (en cause l’acidité provenant des vomissements) ;
  2. Atteinte gastrique (en cause l’acidité provenant des vomissements) ;
  3. Troubles cardiaques et rénaux (manque de potassium).

Sur le plan psychique ce n’est guère mieux, avec des risques de dépression, d’idée suicidaire, d’anxiété, de troubles obsessionnels, etc. D’autant plus que bien souvent le mal être ressenti par la boulimique entraîne un repli sur soi, pouvant aboutir à terme à un isolement social.

Charline D., Pharmacienne