Un géant de la pharmacie s’oppose à la peine de mort

May 18, 2016 par

pfizer peine de mort

Pfizer était jusqu’ici le dernier laboratoire à fournir les institutions pénales américaines en médicaments destinés à la peine capitale. Vendredi dernier, la compagnie a annoncé l’arrêt de l’utilisation de ses produits dans les injections létales aux États-Unis.

Ethique ou coup de com’ ?

Le laboratoire Pfizer, pionnier du secteur biopharmaceutique, a publié un communiqué vendredi 13 mai 2016 pour annoncer le refus de l’utilisation de ses produits pour les exécutions pénales. Le géant a déclaré que ses médicaments disponibles sur le marché sont destinés à soigner les patients et à améliorer leurs conditions de vie. Son but est, dit-il, d’assurer la qualité ainsi que la sécurité de la recherche et du développement de la médecine.

En pratique, cette nouvelle politique devrait passer par la limitation du nombre de distributeurs, et en faisant certifier aux établissements acheteurs que ses produits sont bels et biens destinés à un but médical.

Cette position redore le blason de l’industrie pharmaceutique. Dans un monde où l’image d’entreprise est primordiale, cette stratégie éthique reste logique et respectable. Du côté des professionnels de santé, la démarche est largement saluée.

Point d’histoire ! Les 70 ans qui nous séparent de la Seconde Guerre mondiale n’ont jamais effacé le nom de IG-Farben de la mémoire des scientifiques. Durant la guerre, cette industrie chimique a ouvertement collaboré avec le parti nazi à des fins économiques, y compris dans les projets les plus sombres de l’histoire. Citons, entre autres, son implication dans la construction du camp Auschwitz III, dans l’utilisation des travailleurs forcés et sa nonchalance vis-à-vis de l’extermination de masse. Elle est, à ce jour, l’un des souvenirs les plus douloureux pour la communauté scientifique internationale et l’image de l’industrie. IG-Farben fut démantelée en 1952.

Les médicaments concernés

Les médicaments en jeu étaient nombreux. Citons le propofol (un anesthésique), le midazolam (un hypnotique, c’est-à-dire un somnifère), l’hydromorphone (un opioïde comparable à la morphine), les bromures de rocuronium, de pancuronium, de vécuronium (des anesthésiques myorelaxants), ainsi que le chlorure de potassium (ce dernier normalement utilisé dans le traitement des hypokaliémies, est utilisé dans ces situations à forte dose pour provoquer un arrêt cardiaque).

Clémence R. & Hadrien V. – Pharmaciens


Sources 

Pfizer’s position on use of our products in lethal injections for capital punishment, Pfizer, 13 mai 2016

Etats-Unis : Pfizer refuse que ses produits servent pour des executions, AFP, L’express, 16 mai 2016

Clémence R.
Pharmacienne.
Passionnée par la neuropsychiatrie et la e-santé.
Aime l’univers de la musique et de la photographie.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.