Ibuprofène, kétoprofène: attention à leur utilisation lors des infections bactériennes

May 7, 2019 par

Maux de têtes, fièvres, douleurs…le recours à l’ibuprofène est souvent banalisé dans ces situations de la vie quotidienne. Cependant, ce médicament anti-inflammatoire n’est pas sans risque. L’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, met en garde contre son utilisation en cas d’infections sévères. Depuis 2000, 386 complications infectieuses graves sont survenues après la prise d’ibuprofène ou de kétoprofène.

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La mise en garde de l’ANSM : les AINS aggravent les infections

En constatant une hausse des déclarations de complications infectieuses après la prise d’anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) utilisés pour la fièvre ou la douleur, l’ANSM a demandé, en juin 2018, une enquête nationale de pharmacovigilance sur les deux médicaments AINS les plus utilisés : l’ibuprofène et le kétoprofène.

À savoir ! L’ibuprofène et le kétoprofène possèdent des propriétés antalgiques (contre la douleur), antipyrétiques (contre la fièvre), anti-inflammatoires et inhibent temporairement la coagulation sanguine.

L’objectif de ces investigations, menées par les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille, était de mesurer s’il y avait un lien de cause à effet entre la prise ces médicaments et la survenue de complications infectieuses graves causées par des bactéries de type Streptocoque ou  Pneumocoque.

Ces complications des infections ont été observées chez des enfants et des adultes après de brèves durée de traitement (2 à 3 jours) et même lorsque la prise d’AINS (sur prescription médicale ou en automédication pour soigner une toux, un mal de tête, une angine) était associée à un agent antibiotique.

À savoir ! Les complications observées étaient des infections sévères au niveau de la peau et des tissus mous, du sang (sepsis), des poumons, du système nerveux ou de la sphère ORL entraînant une hospitalisation, des séquelles voire le décès.

Après dix mois d’investigations et d’analyses des données médicales de 337 cas de complications infectieuses graves avec l’ibuprofène et de 49 cas avec le kétoprofène, les deux centres de pharmacovigilance s’accordent sur le fait que ces AINS possèdent un rôle aggravant en cas d’infection. Et notamment, dans les infections à streptocoques.

Quelles sont les précautions à prendre avec les AINS ?

Dans son point information, l’autorité sanitaire rappelle aux patients :
  • D’éviter les anti-inflammatoires en cas de suspicion infectieuse et recommande de privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre liée à une angine, une toux, une rhinopharyngite, une otite, une infection pulmonaire, une lésion cutanée ou la varicelle ;
  • D’utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible ( 3 jours en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleurs) ;
  • De stopper le traitement dès la disparition des symptômes ;
  • De ne jamais prendre simultanément 2 AINS ;
  • De ne pas prendre des AINS en cas de varicelle, car ils sont à l’origine de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante ou maladie cutanée) dans cette situation.

Pour aller plus loin dans la compréhension de ces complications infectieuses liées à la prise d’AINS, l’ANSM a partagé ces données à ses homologues européens.


Julie P., Journaliste scientifique

– Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses graves – Point d’Information. ANSM. Consulté le 18 avril avril 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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