Intoxication au monoxyde de carbone : toujours trop de victimes

Nov 17, 2017 par

Avec le retour du froid, c’est le temps de rallumer les appareils combustibles comme les poêles, les cheminées ou autres appareils de chauffage utilisant des combustibles. Pour profiter dans les meilleures conditions de ces dispositifs de chauffage, les pouvoirs publics rappellent, une fois de plus, que le monoxyde de carbone est un gaz dangereux qui fait encore trop de victimes en France. Focus sur les derniers signalements recensés et les réflexes à appliquer pour prévenir toutes intoxications causées par ce gaz indétectable.

Intoxication monoxyde de carbone

Les chiffres en hausse de l’intoxication au monoxyde de carbone

Le bulletin de surveillance, paru le 10 octobre montre qu’entre avril et août 2017, 217 signalements impliquant 560 personnes exposées ont été émis. Neuf personnes sont décédées dont six à cause d’une chaudière ou de ses raccordements.

Entre septembre et octobre, le système de surveillance de la Direction Générale de la Santé (DGS) a déjà recensé 63 cas de signalements d’intoxications toxiques par le monoxyde de carbone.

A savoir ! Le monoxyde de carbone est un gaz dont le symbole chimique est CO. Il est produit lors de la mauvaise combustion des combustibles organiques. Il est hautement toxique même en faible quantité.

Le gaz, dont le symbole chimique est CO (un atome de carbone lié à un atome d’oxygène), est potentiellement produit par les appareils et les moteurs utilisant des combustibles comme, entre autres, le gaz naturel, le bois, le charbon, le fuel ou encore l’essence ou pétrole.

Parmi l’ensemble de ces signalements, 132 personnes ont été prises en charge aux urgences hospitalières et 25 ont été dirigées vers un service de médecine de réoxygénation hyperbare.

Malheureusement, deux personnes n’ont pas survécu à l’inhalation de CO et sont décédées par intoxication oxycarbonée.

A savoir ! Une intoxication oxycarbonée est causée par la liaison du monoxyde de carbone à l’hémoglobine, la molécule située dans les globules rouges (hématies) qui a pour fonction de transporter l’oxygène. Comme le monoxyde de carbone a plus d’affinité pour l’hémoglobine que l’oxygène, il prend peu à peu sa place sur la molécule. Les symptômes de l’intoxication oxycarbonée suraiguë sont la paralysie, l’apparition de convulsions, puis une syncope et le décès.

Ce chiffre préoccupe les autorités sanitaires compte tenu de son augmentation par rapport à la même période l’an passé.

En effet, entre septembre et octobre 2016, seulement 55 signalements ont été rapportés au système de surveillance incluant une prise en charge de 84 personnes dans un service d’urgence.

A savoir ! Lorsque que vous avez connaissance d’une probable intoxication par le monoxyde de carbone, à l’exclusion des intoxications par incendie, vous devez le signaler à l’Agence Régionale de Santé (ARS) ou au Centre Antipoison (CAP) le plus proche du lieu de l’accident.

Des réflexes simples pour prévenir le pire

Dans son communiqué de presse, la DGS rappelle que « Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France. Invisible, inodore et non irritant, le monoxyde de carbone est indétectable. Des gestes simples contribuent pourtant à réduire les risques ».

La DGS et Santé Publique France préconise, chaque année, de :

  • Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées ;
  • Faire vérifier et entretenir chaudières, chauffe-bains, inserts, poêles ;
  • Ne jamais se chauffer avec des appareils non destinés à cet usage (groupe électrogène, braseros et barbecues).

Autres recommandations importantes pour éviter la libération de monoxyde de carbone :

  • Avec un poêle à bois, utiliser du bois sans vernis ni peinture ;
  • Ne pas laisser allumer un moteur de véhicule dans un garage ;
  • Utiliser un chauffage d’appoint au maximum 2 heures et dans une pièce aérée ;
  • Ne pas empêcher l’air de circuler dans les ouvertures (sous les portes, au niveau des bouches de ventilation) ;
  • Aérer quotidiennement les pièces de vie pendant au moins 10 minutes.

Sans oublier, qu’il existe désormais, dans le commerce, et à des prix raisonnables, des détecteurs de monoxyde de carbone.

Julie P., Journaliste scientifique

– La DGS alerte sur les risques d’intoxication au monoxyde de carbone. Le généraliste. Le 6 novembre 2017.
– Surveillance des intoxications au monoxyde de carbone. Bulletin au 10 octobre 2017. Santé Publique France. Le 12 octobre 2017.
– Les dangers du monoxyde de carbone- Pour comprendre. Santé Publique France. Brochure consultée le 16 novembre 2017.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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