24 mars 2019 : journée mondiale de lutte contre la tuberculose

Mar 22, 2019 par

Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé développe une stratégie internationale pour éradiquer la tuberculose d’ici 2035, cette maladie infectieuse continue à sévir dans le monde, mais aussi en France. À l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la tuberculose le 24 mars 2019, Santé sur le Net fait le point sur cette maladie.

journée mondiale contre la tuberculose

Une maladie éradiquée dans moins de 20 ans ?!

La tuberculose figure actuellement dans les 10 premières causes de mortalité dans le monde. En 2016, 10,4 millions de personnes ont contracté cette maladie bactérienne et 1,7 millions de personnes en sont mortes.

Près de 65 % des cas sont regroupés dans 7 pays (Inde, Indonésie, Chine, Philippines, Nigéria, Pakistan et Afrique du Sud). À l’échelle mondiale, l’incidence de la tuberculose baisse d’environ 2 % par an, un rythme insuffisant pour espérer éradiquer cette maladie à l’horizon 2030, un souhait pourtant formulé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015.

La stratégie développée par l’OMS pour lutter contre cette maladie repose sur les progrès du diagnostic et sur un meilleur accès aux traitements antibiotiques. Entre 2000 et 2016, les avancées dans ces deux domaines auraient permis de sauver la vie de 53 millions de personnes.

Elle frappe particulièrement les personnes porteuses du VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine), pour lesquelles elle représente le premier facteur de mortalité. Ainsi en 2016, 40 % des décès de personnes séropositives étaient liés à la tuberculose.

Par ailleurs, les efforts internationaux pour lutter contre cette maladie se heurtent au développement de l’antibiorésistance, qui s’accompagne de l’émergence de tuberculose multirésistante. L’OMS estime chaque année à 600 000 le nombre de nouveaux cas de résistance à la rifampicine (l’antibiotique le plus efficace contre la maladie), dont 490 000 sont des cas de résistances à plusieurs antibiotiques. La souche multirésistante est ainsi devenue un enjeu capital pour les autorités sanitaires, dans la perspective d’éradiquer le plus rapidement possible cette maladie.

Des formes extra-pulmonaires, plus difficiles à diagnostiquer

L’amélioration du diagnostic représente un autre enjeu majeur dans la lutte mondiale contre la tuberculose, or ses formes les plus communes et connues sont les formes pulmonaires, qui se manifestent par des symptômes caractéristiques :

  • Une toux persistante ;
  • Des douleurs thoraciques ;
  • Des crachats teintés de sang ;
  • Une altération de l’état général avec une perte de poids ;
  • De la fièvre et des sueurs nocturnes.

Mais d’autres formes de tuberculose, beaucoup moins connues, sont impliquées dans 25 à 30 % des cas. Ces formes dites extra-pulmonaires surviennent lorsque la bactérie responsable de la maladie n’affecte pas les tissus pulmonaires, mais d’autres localisations, telles que :

  • Les os et les articulations, notamment les vertèbres (maladie de Pott) ;
  • L’appareil uro-génital (tuberculose uro-génitale, peu fréquente) ;
  • Les ganglions lymphatiques périphériques ;
  • Le cœur (tuberculose péricardique, rare) ;
  • La peau (tuberculose cutanée, rare) ;
  • Les yeux (tuberculose oculaire très rare) ;
  • Le système nerveux central (tuberculose neuro-méningée) ;
  • Les glandes surrénales (tuberculose surrénale très rare) ;
  • La cavité abdominale (tuberculose péritonéale, hépatique ou iléo-caecale) ;
  • L’oreille ;
  • La thyroïde.

Ces formes sont plus fréquentes en Afrique, chez les femmes et les personnes immunodéprimées. Leur diagnostic est beaucoup plus difficile que celui des formes pulmonaires. Bien qu’elles soient le plus souvent non contagieuses, elles peuvent être très graves, laisser des séquelles fonctionnelles ou esthétiques, voire mettre en jeu le pronostic vital.

La vitamine C pour améliorer l’efficacité des antibiotiques contre la tuberculose

Le traitement classique associe plusieurs antibiotiques efficaces contre la bactérie responsable de la maladie. Mais face au développement de l’antibiorésistance, les chercheurs essaient d’optimiser ces traitements. L’une des pistes explorées récemment repose sur l’intérêt de la vitamine C.

Des études préalables avaient mis en évidence que la vitamine C pouvait être bénéfique pour lutter contre les formes résistantes de la maladie. Plus récemment, une nouvelle étude américaine a démontré l’intérêt de cette vitamine dans les traitements standards de l’infection.

Dans cette étude, les chercheurs ont traité des souris infectées par la bactérie responsable de la tuberculose par différents protocoles :

  • Des antibiotiques seuls ;
  • La vitamine C seule ;
  • L’association antibiotiques et vitamine C.

Les résultats de l’étude montrent que 4 à 6 semaines après le traitement, la vitamine C seule n’a aucun effet sur les souris infectées. En revanche, associée aux antibiotiques, elle permet d’améliorer leur efficacité. La vitamine C pourrait ainsi potentialiser l’efficacité thérapeutique de la rifampicine et de l’isoniazide, les deux antibiotiques de première intention contre cette maladie.

Grâce à cet effet bénéfique de la vitamine C, il serait possible d’envisager une diminution de la durée du traitement antibiotique. Or le protocole habituel dure 6 mois, un temps particulièrement long, qui augmente le risque d’une mauvaise observance du patient et le risque de tuberculose résistante.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Les tuberculoses extra-pulmonaires. Centre de lutte anti-tuberculeuse. Hôpital Joseph Ducuing de Toulouse. 3 décembre 2016.
– Vitamin C potentiates the killing of Mycobacterium tuberculosis by the first-line tuberculosis drugs isoniazid and rifampicin in mice. Vilchèze, C. and al. 2018. Antimicrob Agents Chemother. pii: AAC.02165-17. doi: 10.1128/AAC.02165-17.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.