La levure de riz rouge contre le cholestérol !

Mar 21, 2017 par

Tandis que la tendance actuelle est au retour au naturel, la levure de riz rouge, cultivée depuis des siècles en Chine, semble être un traitement de choix dans le contrôle du taux de cholestérol sanguin. Qu’en est-il réellement de ses propriétés ? Et comment l’utiliser ? Santé sur le Net mène l’enquête.

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La levure de riz rouge, une efficacité démontrée

La levure de riz rouge est connue depuis très longtemps en Chine, mais essentiellement pour ses bienfaits sur la circulation sanguine et la digestion. C’est un champignon microscopique portant le nom de Monascus purpureus et contenant des substances appelées monacolines. La levure de riz rouge qui se présente dans le commerce sous forme de gélules ou comprimés est obtenue par la culture du riz, d’abord récolté puis séché.

A savoir ! La levure de riz rouge est utilisée aussi bien en colorant alimentaire (du fait de sa couleur rouge intense) que comme ingrédient dans diverses préparations culinaires (sauces, marinades).

La monacoline K contenue dans la levure de riz rouge, plus connue sous le nom de lovastatine appartient à la famille des statines qui sont des médicaments habituellement utilisés dans le traitement de l’hypercholestérolémie (excès de cholestérol dans le sang).

L’efficacité de la levure de riz rouge a été démontrée par plusieurs études. En 2012, la European Food and Safety Autority et la Commission européenne ont autorisé les compléments alimentaires, proposés depuis une quinzaine d’années sur le marché, contenant de la levure de riz rouge, à mentionner leur action sur le maintien d’un taux normal de LDL cholestérol. Les autorités de santé précisent que pour que les bénéfices soient réels, il faut un apport minimum de 10mg de monacoline quotidienne.

A savoir ! Le cholestérol est véhiculé dans le sang par des molécules appelées lipoprotéines. Elles peuvent être de 2 types : LDL (low density lipoprotein) ou HDL (high density lipoprotein). Le rôle des HDL est de récupérer le surplus de cholestérol au niveau des organes jusqu’au foie pour qu’il les élimine. Tandis que les LDL ont tendance à favoriser l’accumulation de cholestérol dans les artères, d’où le terme très répandu dans la population de « mauvais cholestérol ».

La levure de riz rouge, pas sans risque

Les compléments alimentaires sont souvent perçus, à tort, comme inoffensifs. La levure de riz rouge, malgré ses origines naturelles en Chine, ne déroge pas à la règle. Elle contient en effet des statines, peu étudiées pour certaines, dont l’action résulte du blocage de la synthèse du cholestérol dans l’organisme, et favorisant secondairement la diminution du LDL cholestérol sanguin. Notamment la lovastatine ou monacoline K à l’origine de son utilisation. A ce titre, l’utilisation de la levure de riz rouge doit se faire avec les mêmes précautions qu’un médicament. Ainsi, comme les personnes qui prennent des statines, la prise de levure de riz rouge doit faire l’objet d’une surveillance médicale.

De même, les effets secondaires pouvant être observés sont ceux de la famille thérapeutique des statines, à savoir : constipation ou diarrhées, nausées, flatulences, douleurs abdominales, maux de tête, vertige et fatigue. D’autres symptômes tels qu’une sensibilité ou une faiblesse musculaire, des douleurs musculaires ou encore des crampes doivent donner lieu à une consultation immédiate avec un médecin.

Comme avec les statines, il est important lorsque l’on utilise des compléments alimentaires à base de levure de riz rouge, de veiller à éviter toutes interactions médicamenteuses. La levure de riz rouge peut ainsi majorer l’action ou les effets indésirables de beaucoup de médicaments. C’est le cas avec les anticoagulants par exemple. Une raison supplémentaire justifiant le suivi médical lors de la prise de ce complément alimentaire.

A savoir ! Le jus de pamplemousse est à éviter avec la levure de riz rouge ! Il augmente le taux de monacolines dans le corps, donc potentiellement aussi la toxicité du complément alimentaire.

De plus, il arrive que les compléments alimentaires de levure de riz rouge contiennent de la citrinine (une toxine) pouvant engendrer des lésions rénales, lorsque leur quantité dépasse les recommandations des autorités de santé.

Les recommandations de l’Anses

Ainsi, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation environnement travail) déconseille les compléments alimentaires de levure de riz rouge chez les personnes âgées (plus de 70 ans), les enfants et les adolescents, chez les patients atteints d’hypothyroïdie, d’insuffisance rénale ou de maladies musculaires. Elle appelle également à une grande vigilance chez les personnes pratiquant régulièrement du sport (susceptible de favoriser les effets secondaires musculaires). Enfin, elle précise que les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que celles en âge de procréer, compte tenu de l’absence de données concernant l’impact sur le fœtus, ne doivent pas avoir recours à la levure de riz rouge.

L’Anses recommande l’instauration d’un suivi médical adapté qui passe notamment par un bilan hépatique avant la prise du produit, ainsi qu’un suivi de la toxicité musculaire et hépatique tout le long de sa consommation. Elle conseille également la mise à disposition pour les patients d’informations facilement accessibles concernant les contre-indications et les précautions d’emploi des statines, en particulier pour les situations à risque (interactions alimentaires et médicamenteuses).

Pour finir, elle rappelle que le contrôle de la cholestérolémie (taux de cholestérol dans le sang) passe avant tout par la pratique régulière d’une activité sportive et une alimentation adaptée.

Charline D., Pharmacienne


Source :
Levure de riz rouge. Eureka Vidal. Mis à jour le 18 aout 204.

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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