Tumeur et kyste sont deux termes redoutés par les patients qui prennent peur à leur simple évocation. S’ils peuvent être similaires en apparence, ces deux types de croissance cellulaire anormale sont pourtant bien différents. Comment les distinguer ? Tour d’horizon des connaissances actuelles.

tumeur - kyste - poignet

Qu’est-ce qu’un kyste ?

Un kyste désigne une cavité (ou un sac) remplie de liquide, d’air ou d’une substance semi-solide. Il peut se former dans n’importe quelle région du corps y compris dans les os et dans les tissus mous.

Le développement d’un kyste peut relever d’une production bénigne (non cancéreuse) ou d’un processus malin (cancéreux). Sa taille peut varier de quelques millimètres à plusieurs centimètres.

La plupart des kystes ne sont pas cancéreux bien qu’il puisse exister des exceptions. Certains peuvent perturber le fonctionnement d’un organe et provoquer des douleurs.

Il existe différents types de kystes :

  • Kyste synovial : apparait de manière spontanée ou suite à un traumatisme. Il se localise sur le dos du poignet ou à la base des doigts. Inoffensif, il disparait habituellement après quelques semaines ou quelques mois. Si tel n’est pas le cas, une petite intervention chirurgicale peut être envisagée pour le retirer.
  • Kystes de la peau : apparaissent sur le visage, sur le cou, sur la poitrine et le dos et les membres. Souvent indolores, leur croissance est lente et aucun traitement n’est généralement nécessaire. On distingue :
    • le kyste épidermoïde (se forme dans la couche supérieure de la peau, appelée l’épiderme)
    • le kyste sébacé (formé dans les glandes sébacées).
  • Kystes du sein : ce sont des sacs remplis de liquide produit par les glandes mammaires et que la patiente peut facilement déplacer sous les doigts. Une personne présentant plusieurs de ces kystes souffre de ce que l’on appelle des seins « fibrocystiques ».
  • Kystes ovariens : ils se forment au niveau ovaires, généralement au moment de l’ovulation. Ils sont inoffensifs et asymptomatiques.
  • Kystes rénaux : ils se développent dans les reins.
  • Kystes hépatiques : ils se développent dans le foie.
  • Kystes pilonidal: il désigne une petite cavité contenant des poils et des débris de peau. Il se localise en haut du sillon interfessier. S’il s’infecte, il peut être très douloureux et nécessiter une intervention chirurgicale. Souvent récurrent, le kyste pilonidal touche surtout les personnes qui demeurent assises de façon prolongée comme les étudiants ou les chauffeurs routiers.

Qu’est-ce qu’une tumeur ?

Le terme « tumeur » est une appellation générique désignant toute masse issue d’une formation nouvelle et anormale de tissu solide ou d’une multiplication cellulaire incontrôlée et anarchique, distincte d’un processus inflammatoire.

D’origines diverses, on distingue :

  • les tumeurs bénignes : non cancéreuses, elles ne se propagent pas dans le corps et ne risquent pas de détruire les tissus voisins. Elles peuvent néanmoins exercer une pression sur un organe ou un tissu.
  • les tumeurs malignes : cancéreuses, elles se développent dans une zone bien précise avant de se propager dans d’autres zones du corps.

Les tumeurs peuvent se développer dans presque toutes les zones du corps. Elles tendent à croitre rapidement et sont habituellement fermes au toucher.

Il existe plusieurs types de tumeurs, classées en fonction de la nature du tissu dans lequel elles se développent :

LocalisationTUMEURS BÉNIGNESTUMEURS MALIGNES
Tissu épithélial glandulaireAdénomes
Tissus connectifs et fibreuxFibromes
Cellules graisseusesLipomes
Tissu de supportSarcomes
EpithéliumCarcinomes
  • Adénomes : ils sont constitués par un tissu nommé « tissu épithélial glandulaire », qui recouvre à la fois les organes et les glandes. Les adénomes peuvent être cancéreux mais sont habituellement bénins. Parmi les adénomes, on retrouve les polypes du colon, les adénomes du canal biliaire, et les adénomes hépatiques.
  • Fibromes : ils se développent sur les tissus connectifs ou fibreux et surtout sur ou autour de l’utérus. Ce sont des tumeurs bénignes.
  • Lipomes : il s’agit de tumeurs de cellules graisseuses. Elles se forment généralement chez les personnes âgées de plus de 40 ans. Presque toujours bénignes, elles sont habituellement souples et localisées juste sous la peau.
  • Les tumeurs malignes (cancéreuses) peuvent se développer partout dans le corps. Il en existe plus d’une centaine de variétés pouvant se loger dans différents tissus et organes. Parmi elles, on distingue :
    • Les sarcomes : qui se développent à partir des tissus connectifs ou « tissus de support » comme la moelle osseuse (ostéosarcome), les tissus graisseux (liposarcomes) ou les tissus musculaires.
    • Les carcinomes : qui se développent au sein d’un épithélium, nom du tissu qui recouvre les surfaces internes comme les organes ou externes (comme la couche supérieure de la peau). Dans cette famille, on distingue les carcinomes (colon, foie) des adénocarcinomes qui naissent à partir de l’épithélium d’une glande comme le sein ou la prostate.

Il existe enfin des tumeurs des cellules sanguines. Diffuses au sein de l’organisme, elles affectent principalement la moelle osseuse ou le sang.

Toutes les tumeurs cancéreuses font l’objet d’une ablation chirurgicale sauf pour celles impossibles à atteindre ou bien celles localisées si près d’un organe vital qu’une opération devienne risquée pour le patient.

Comment établir un diagnostic ?

Afin de faire la différence entre une tumeur et un kyste, le médecin peut avoir recours à différentes méthodes diagnostiques :

  • Historique médical
  • Datation du début des premiers symptômes et du moment de leur aggravation.
  • Examen de la masse : localisation, couleur, puis palpation pour savoir si elle draine ou non de la matière

Si la tumeur ou le kyste sont localisés profondément dans le corps, le médecin pourra procéder à une échographie pour évaluer si la masse est vide, remplie de liquide ou bien solide.

Dans le cas d’une tumeur solide, il est indispensable de prévoir l’évolution de la maladie en identifiant de quel cancer il s’agit au moyen d’un examen des tissus contenant les cellules cancéreuses. Cet examen est réalisé par un anatomopathologiste et utilise des morceaux de tissus prélevés sur la zone tumorale soit au moyen d’une biopsie soit par ablation chirurgicale. Il permet de définir la forme et la structure des cellules impliquées et de poser un diagnostic sur le type de cancer concerné ainsi que d’orienter le choix des traitements que devra suivre le patient.

Quand faut-il consulter ?

Il est nécessaire de consulter un médecin dans les cas suivants :

  • En cas d’apparition rapide et de croissance rapide de la masse
  • En cas de gêne importante
  • En cas de doute sur la nature de la masse

Le médecin se chargera d’examiner la masse et de surveiller son évolution voire de procéder à son ablation chirurgicale.

D’autres symptômes nécessitent également une consultation médicale :

  • Saignements à partir d’une zone localisée
  • Douleur ou sensibilité
  • Impossibilité de réaliser certains mouvements
  • Impossibilité d’accomplir les taches du quotidien

Toute personne observant l’apparition d’une masse ou d’une excroissance devrait consulter un médecin qui sera à-même de diagnostiquer la masse et de déterminer si le patient a besoin ou non d’un traitement.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– What is the difference between a cyst and a tumor? R. Nall. Medical News Today. Le 22 mai 2018.
– Classification des cancers. Institut National du Cancer. Consulté le 13 juin 2018.