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Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Lors de la consultation, si le médecin suspecte une maladie de Raynaud, deux tests peuvent être effectués :

  • La manœuvre d’Allen qui consiste à comprimer les artères du bras du patient pendant qu’il est demandé à celui-ci de fermer la main plusieurs fois. La main apparaît pâle. Lorsque la compression est stoppée, la main doit retrouver sa coloration. Le test est positif si la recoloration est retardée et non uniforme ;
  • La manœuvre du chandelier qui consiste à lever les bras en ouvrant et fermant les bras de manière répétitive. Le test révèle la maladie de Raynaud si les symptômes apparaissent dès la première minute de la manœuvre.

Tout examen complémentaire est inutile, sauf en cas d’aggravation des symptômes ou si le médecin suspecte une autre cause. Il peut alors demander en plus : des analyses sanguines (mise en évidence d’une maladie auto-immune), un écho-doppler des artères des membres supérieurs (vérifier l’état des vaisseaux), une capillaroscopie périunguéale (observation des petits capillaires à la base des ongles afin de détecter une maladie inflammatoire auto-immune) pour laquelle le patient doit placer sa main sous le microscope du médecin.

Quel traitement ?

La forme primitive de la maladie de Raynaud, nécessite le plus souvent uniquement des conseils pour éviter le déclenchement d’une crise. En effet, des mesures simples peuvent limiter les risques :

  • Arrêter de fumer ;
  • Bien se protéger du froid (plusieurs couches de vêtements, port de moufles) ;
  • Utiliser des sachets chauffe-mains dans les gants lors d’une sortie par temps très froid ;
  • Éviter les changements brusques de température ;
  • Utiliser modérément la climatisation ;
  • Porter des gants isolants pour la manipulation d’aliments ou objets froids ;
  • Éviter les bijoux et les chaussures trop serrés ;
  • Éviter de porter des charges à la main ;
  • Consulter la notice de tous médicaments pour vérifier qu’ils ne contiennent pas la maladie comme effet indésirable ;
  • Éviter les boissons riches en caféine ;
  • Éviter les médicaments contenant de la pseudoéphédrine ou de la phényléphrine (contre le rhume) ;
  • Pratiquer une activité sportive régulière ;
  • Demander à adapter son poste si la maladie est liée à l’activité professionnelle.

A savoir ! Il est également possible d’adopter quelques mesures lors d’une crise pour diminuer les symptômes comme réchauffer les doigts soit en les plongeant dans l’eau tiède soit en les plaçant sous les aisselles par exemple. Il est également possible d’effectuer des mouvements des bras et des rotations rapides des mains pour faire circuler le sang.

La forme secondaire de la maladie de Raynaud nécessite en revanche de mettre en place un traitement de la maladie qui en est à l’origine. Le médecin peut prescrire des médicaments dits « vasodilatateurs », c’est-à-dire ayant le mécanisme inverse de la maladie en dilatant les vaisseaux sanguins plutôt que de les contracter. Généralement, ce sont des molécules de la classe des inhibiteurs calciques (par exemple la nifédipine) ou des prostaglandines (Ilomédine) lorsque la maladie est sévère et que les inhibiteurs calciques ne suffisent pas.

Lorsque les doigts sont nécrosés, le traitement repose essentiellement sur les soins locaux et une antibiothérapie si il y a une infection.

Charline D., Pharmacien

– Phénomène de Raynaud. Ameli. Le 22 mars 2017.
– Maladie de Raynaud. Eurekasante. Le 26 octobre 2017.