analyse d'urines

L’ECBU ou examen cytobactériologique des urines est la recherche de la présence d’un germe dans les urines. La simple présence de germes dans les urines, normalement stériles, suffit à mettre en évidence une infection urinaire. Il est prescrit par le médecin devant les signes évocateurs de l’infection : envie fréquente d’uriner, sensation de brûlure au moment  d’uriner et forte odeur des urines.

Définition et objectifs de l’ECBU

L’ECBU ou examen cytobactériologique des urines est un examen de biologie médicale de première intention que le médecin prescrit en cas de suspicion d’infection urinaire ou en contrôle après une antibiothérapie pour une infection urinaire. Cet examen est réalisé en laboratoire et permet d’effectuer sur un échantillon d’urine :

  • Une cytologie (étude des différents types de cellules retrouvés dans l’urine) ;
  • Une bactériologie (recherche et identification des germes pouvant se trouver dans l’urine), et éventuellement un antibiogramme (test de la sensibilité du germe à divers antibiotiques) une fois le germe identifié.

Préparation et précautions

Le recueil des urines nécessaire aux examens précédemment décrits de l’ECBU est une étape importante qui va conditionner la qualité des résultats.

Il est en effet demandé au patient de réaliser lui même le prélèvement à son domicile, à l’aide d’un flacon stérile d’environ 20 à 30 mL (disponible en pharmacie ou au laboratoire), et de venir ensuite le porter au laboratoire d’analyses. Ainsi, quelques règles doivent être respectées. Notamment, il est demandé de procéder au recueil d’urine le matin, au réveil. Le prélèvement doit être effectué au moins 4h après la précédente émission d’urine afin que l’urine ait séjournée suffisamment longtemps dans la vessie et que les bactéries présentes en cas d’infection soient suffisamment nombreuses pour être détectées à l’examen.

L’ECBU doit être réalisée avant tout traitement antibiotique (ou au moins 48h après l’arrêt du traitement) afin de ne pas bloquer la prolifération bactérienne à détecter à l’examen.

La toilette intime

Certaines bactéries présentes sur la peau et les muqueuses peuvent contaminer l’urine à examiner et fausser les résultats. Ainsi, avant le prélèvement, il faut se laver soigneusement les mains avec de l’eau et du savon et prendre le temps de les rincer abondamment et de les essuyer avec du linge propre. Il est aussi possible de se frictionner les mains avec un produit hydro alcoolique. Une toilette intime minutieuse avec de l’eau et du savon est ensuite nécessaire.

Pour une femme, il est conseillé de procéder par étapes afin de bien décontaminer la zone vaginale :

  • Écarter les grandes et petites lèvres avec une main ;
  • Laver la vulve avec de l’eau et du savon doux, d’avant en arrière ;
  • Rincer à l’eau et appliquer un antiseptique à l’aide d’une compresse stérile ;
  • Mettre un tampon ou une compresse en cas de pertes vaginales le temps du prélèvement.

Pour un homme, la région génitale doit être lavée avec du savon et de l’eau en prenant soin de bien décalotter  le gland. Il faut ensuite procéder au rinçage et à l’application d’un produit antiseptique avec une compresse stérile sur l’extrémité du pénis.

Le recueil des urines

Généralement, la méthode la plus utilisée est celle du « milieu de jet » :

  • Se placer au dessus des toilettes sans s’asseoir sur la cuvette ;
  • Ouvrir le flacon stérile en faisant attention à ne pas toucher l’intérieur du pot et en plaçant bien le couvercle avec la face interne vers le haut ;
  • Éliminer le premier jet d’urine dans les toilettes ;
  • Poursuivre la miction directement dans le pot et le remplir de moitié (les hommes doivent uriner en relevant le prépuce) ;
  • Terminer d’uriner dans les toilettes ;
  • Refermer le pot avec le couvercle ;
  • Se laver les mains ;
  • Inscrire le nom et prénom ainsi que la date et l’heure du prélèvement sur le pot ;
  • Apporter le prélèvement le plus rapidement possible au laboratoire.

Une fois recueillies, les urines doivent être analysées rapidement. Elles ne doivent pas être conservées plus de 2h à température ambiante. Si le patient ne peut pas se rendre aussitôt au laboratoire, il devra conserver le prélèvement au réfrigérateur (maximum 24h).

Afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles, le laboratoire demandera plusieurs informations concernant le recueil, notamment l’heure et la modalité de prélèvement (milieu de jet), le contexte justifiant la prescription, s’il existe une grossesse, une maladie (par exemple un diabète) ou un traitement antibiotique en cours.

Les suites de l’examen

Bactériologie

Bactériologie

Les premiers résultats sont disponibles en quelques heures. La bactériologie prend cependant plus de temps puisqu’elle nécessite une mise en culture pouvant aller jusqu’à 48h des germes.

D’ordinaire, l’urine est un liquide jaune pâle, limpide et d’odeur safranée et légèrement acide.  Les urines normales comprennent un certain nombre de cellules : des globules blancs (ou leucocytes) en quantité inférieure à 10 000/ml, des globules rouges (ou hématies) en quantité inférieure à 1000/ml et des cellules épithéliales (cellules composant la paroi interne de la vessie). En cas d’infection, la quantité de globules rouges et de globules blancs est augmentée.

A savoir ! Afin d’interpréter les résultats facilement, des normes sont indiquées sur le compte rendu d’examen.

L’élévation du taux de cellules dans les urines indique la présence de germes, alors que les urines sont normalement stériles. La bactériologie consiste à mettre en culture ces germes afin de déterminer leur identité et leur quantité.

A savoir ! Lors d’une infection urinaire, un seul type de bactérie est généralement en cause.

Antibiogramme

Antibiogramme

Cette bactériologie suivie d’un antibiogramme permet au médecin de prescrire l’antibiotique adéquat pour venir à bout du germe responsable de l’infection ou bien de ré-adapter le traitement antibiotique qui a été proposé antérieurement au patient. Sur le compte rendu d’examen, la quantité de germes présents est exprimée en UFC (unité formant les colonies) par millilitre. Ainsi, lorsque le nombre de colonies d’un germe est inférieur à 1000 UFC/ml, il n’y a pas d’infection urinaire.

Finalement, on peut dire qu’il y a présence d’une infection urinaire quand :

  • Les globules rouges sont supérieurs à 10 000/ml ;
  • Les globules blancs sont supérieurs ou égales à 10 000/ml ;
  • Le nombre de colonies d’un germe est supérieur à 1 000 UFC/ml.

A savoir ! La bactérie Escherichia Coli est la plus fréquente dans les infections urinaires. On parle d’infection urinaire lorsque le nombre de colonies de cette bactérie excède 1 000 UFC/ml.  En revanche pour d’autres bactéries telles que Klebsiella ou Enterobacter, on parle d’infection urinaire pour un nombre de colonies supérieur à 10 000 UFC/ml chez une femme contre 1 000 UFC/ml chez un homme.

Les résultats d’un ECBU ne sont cependant pas toujours aussi évidents. En effet, lorsque le recueil des urines n’a pas été effectué avec soin en respectant les consignes, les résultats peuvent être incohérents.

Ainsi, lorsque l’ECBU a été effectuée trop précocement, ou lorsque les urines ont été contaminées par un germe provenant du vagin ou du rectum ou encore chez les patients immunodéprimés (ayant un taux de globules blancs bas), il est possible d’observer une diminution du taux de globule blancs associée à une présence significative de germes sans pour autant qu’il y est une infection urinaire.

De la même façon, il est possible d’obtenir un taux élevé de globules blancs en l’absence de germes lorsque le patient a reçu des antibiotiques avant l’examen ou que les urines ont été contaminées par des cellules de la sphère génitale en présence d’une infection génitale.

Dans tous ces cas, il est nécessaire de refaire une ECBU.

Charline D., Pharmacien

– Se préparer à l’ECBU et lire les résultats. Ameli. Le 5 mai 2017.