Le myélogramme est un examen médical, qui correspond à l’analyse d’un prélèvement de moelle osseuse. La moelle osseuse est prélevée par ponction et aspiration. Elle est ensuite étalée sur une lame (frottis), avant d’être colorée et examinée au microscope. L’analyse du myélogramme fournit des informations capitales dans le diagnostic des maladies du sang et de la moelle osseuse.

cellules - myélogramme

Moelle osseuse et myélogramme

Le myélogramme est l’examen médical qui consiste à analyser la moelle osseuse. La moelle osseuse est la substance particulière, qui se situe à l’intérieur des os du corps humain. Il est possible de distinguer deux types de moelle osseuse :

  • La moelle jaune, tissu adipeux, qui prend le nom de moelle grise avec l’âge ;
  • La moelle rouge, encore appelé tissu hématopoïétique.

À noter ! Il ne faut pas confondre la moelle osseuse avec la moelle épinière. La moelle épinière fait partie du système nerveux central et participe à la transmission de l’influx nerveux entre les nerfs et le cerveau. Elle se situe dans le canal formé par l’empilement des vertèbres de la colonne vertébrale et baigne dans le liquide cérébrospinal. L’analyse du liquide cérébrospinal s’effectue lors d’une ponction lombaire.

Le tissu hématopoïétique renferme les cellules souches hématopoïétiques, qui sont les précurseurs de l’ensemble des cellules sanguines, à savoir :

  • Les globules rouges ou hématies ;
  • Les plaquettes ;
  • Les globules blancs de différents types (macrophages, lymphocytes, …).

La moelle rouge est présente chez l’adulte au niveau des os courts et plats (colonne vertébrale, crâne, côtes, sternum, bassin). Le myélogramme est l’examen médical qui vise à analyser la composition de la moelle rouge.

Les indications médicales du myélogramme

Le myélogramme est un examen médical, prescrit dans un certain nombre d’indications :

  • La suspicion d’une maladie du sang ou de la moelle osseuse : leucémies, maladie de Vaquez, syndromes myélodysplasiques (ensemble de maladies caractérisées par la production insuffisante de cellules sanguines matures saines par la moelle osseuse), … ;
  • Un bilan médical d’exploration suite à la découverte d’une anémie, d’une thrombopénie (diminution des plaquettes sanguines), d’une neutropénie (diminution des globules blancs du sang) ou face à une fièvre prolongée sans cause apparente ;
  • La recherche de métastases d’un cancer ;
  • Un bilan d’extension des lymphomes.

Cet examen ne fait pas partie des examens les plus couramment prescrits. Il est généralement prescrit à la demande d’un médecin spécialiste ou d’un service hospitalier. Une biopsie de moelle osseuse est souvent nécessaire dans un second temps, pour confirmer le diagnostic évoqué par les résultats du myélogramme.

Par ailleurs, un myélogramme peut être prescrit comme examen de surveillance annuel chez les patients atteints d’aplasie médullaire (raréfaction de la moelle osseuse) congénitale, après traitement immunosuppresseur.

Prélèvement de moelle osseuse en vue d’un myélogramme

Pour réaliser un myélogramme, il est nécessaire de prélever une petite quantité de moelle osseuse. Le prélèvement de moelle osseuse s’effectue avec un trocart (tige métallique pointue coulissant à l’intérieur d’une canule), sur lequel est adaptée une seringue pour aspirer la moelle osseuse.

Le prélèvement de moelle osseuse est réalisé au niveau des os suivants :

  • Le plus fréquemment la partie supérieure du sternum (manubrium sternal), l’un des os plats le plus riche en moelle osseuse et ce jusqu’à un âge avancé ;
  • La crête des os iliaques, notamment chez les enfants où le prélèvement au niveau du sternum est dangereux ;
  • L’épiphyse des os longs, comme la bosse tibiale chez les enfants ;
  • Une apophyse vertébrale (appendice des vertèbres).

Avant le prélèvement, une anesthésie locale est indispensable, de même qu’une désinfection cutanée de la zone de ponction. Un gaz (le MEOPA) peut être utilisé en soutien de l’anesthésie. Chez l’enfant, le prélèvement peut aussi être effectué sous anesthésie générale, à l’occasion d’une intervention pour un autre motif. La ponction de moelle osseuse s’effectue ensuite en seulement quelques instants. En première intention, une goutte de moelle osseuse est prélevée avec une première seringue. Une autre seringue est ensuite utilisée pour prélever plusieurs millilitres de moelle osseuse, qui sont répartis dans plusieurs tubes pour des analyses ultérieures si nécessaire.

La technique de prélèvement est douloureuse au moment de l’aspiration de la moelle osseuse. Mais elle reste bien tolérée par les patients, avec un très faible risque de complications :

  • Un risque hémorragique presque absent, même en cas de thrombopénie (taux réduit de plaquettes sanguines) ;
  • Des difficultés pour perforer l’os dans le cas de certaines maladies (risque de cassure du trocart) ;
  • Un risque infectieux minimisé par une désinfection cutanée adaptée.

Les analyses du myélogramme

Le myélogramme proprement dit implique la réalisation de plusieurs analyses sur la moelle osseuse :

  • Une analyse cytologique de la moelle au microscope ;
  • Des examens cytogénétiques (immunophénotypage des populations cellulaires médullaires, caryotype, techniques de biologie moléculaire) pour affiner le diagnostic de la maladie, étudier les chromosomes des cellules de la moelle ou rechercher des modifications génétiques ;
  • Des analyses complémentaires spécifiques, en fonction de l’indication du myélogramme, telles que des cultures cellulaires ou des examens bactériologiques (recherche de bactéries).

Pour l’analyse cytologique, une goutte de moelle est étalée sur une lame de microscope, selon une technique particulière dite en frottis, puis colorée avec des colorants spécifiques. En général, plusieurs frottis sont nécessaires pour chaque patient, afin d’effectuer les différentes analyses. L’analyse microscopique se déroule en deux temps :

  1. Une première lecture rapide du frottis ;
  2. Une seconde lecture approfondie pour établir le pourcentage des différentes populations de cellules médullaires.

La première lecture du frottis, effectuée à un faible grossissement, permet d’obtenir plusieurs résultats :

  • Une première estimation de la richesse de la moelle osseuse, cotée en 5 grades :
    • Le grade 0 pour une moelle presque sans cellules (aplasie médullaire) ;
    • Le grade 1 (moelle pauvre) ;
    • Le grade 2 (moelle normale) ;
    • Le grade 3 (moelle un peu trop riche) ;
    • Le grade 4 (moelle hyperplasique où les cellules sont tassées les unes sur les autres) ;
  • Le comptage des mégacaryocytes (cellules géantes précurseurs des plaquettes sanguines), avec 4 possibilités :
    • Une absence totale de mégacaryocytes dans le cas de l’aplasie médullaire ;
    • Une moelle pauvre en mégacaryocytes en dessous de 10-15 ;
    • Aux alentours de 50, une moelle normale ;
    • Au-dessus de 100, une moelle anormalement riche en mégacaryocytes ;
  • La recherche d’éventuels amas de cellules, indiquant des anomalies dans les proportions relatives des différents types de cellules de la moelle osseuse ;
  • La recherche de cellules non hématopoïétiques (cellules graisseuses, cellules osseuses) ou de cellules étrangères à la moelle osseuse, ayant contaminé le prélèvement (cellules de la peau par exemple) ;
  • La recherche de cellules métastatiques.

Au terme de cette première lecture rapide, le biologiste choisit le meilleur endroit du frottis pour la seconde étape de l’analyse.

Pour la seconde lecture approfondie du frottis, le biologiste établit le pourcentage des différentes lignées de cellules médullaires, après comptage d’au moins 200 cellules. Les proportions relatives des différentes populations de cellules de la moelle osseuse sont nécessaires pour analyser et interpréter le myélogramme.

Les résultats du myélogramme

A l’issue des analyses effectuées sur le prélèvement de moelle osseuse, le biologiste rédige le compte-rendu du myélogramme, qui doit comporter l’ensemble des éléments suivants :

  • L’identification du patient ;
  • Le siège de la ponction de moelle osseuse ;
  • L’appréciation de la dureté de l’os ponctionné ;
  • La cotation de la richesse de la moelle osseuse (de 0 à 4) ;
  • Le nombre absolu de mégacaryocytes ;
  • Les pourcentages des différentes lignées de cellules médullaires ;
  • La présence d’amas de cellules ou de cellules anormales ;
  • Des commentaires particuliers sur d’éventuelles anomalies morphologiques ;
  • La conclusion du biologiste.

Le myélogramme considéré comme normal est effectué sans difficulté de pénétration dans l’os pour ponctionner la moelle osseuse. La richesse de la moelle est entre 2 et 3. Le nombre de mégacaryocytes avoisine les 50. La moelle osseuse présente un équilibre entre les 3 lignées cellulaires :

  • La lignée granuleuse : 60 % (plus ou moins 10 %), de laquelle dérivent les différents types de globules blancs ;
  • La lignée érythroblastique : 25 % (plus ou moins 5 %), qui aboutit aux globules rouges du sang;
  • Les lignées non granuleuses : 15 % (plus ou moins 5 %), d’où vont dériver les plaquettes sanguines.

Au sein de chaque lignée cellulaire, différents types de cellules peuvent être retrouvés, témoignant du degré de maturation de ces cellules, des cellules souches précurseurs jusqu’aux cellules sanguines matures. Dans une moelle normale, l’évolution de chaque lignée cellulaire doit être harmonieuse.

Lorsque le myélogramme ne correspond pas à celui d’une moelle osseuse normale, le médecin peut, à partir des signes cliniques du patient et des différents résultats d’analyses, établir le diagnostic d’un certain nombre de maladies du sang ou de la moelle osseuse. Parfois, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour confirmer ou préciser le diagnostic.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Moelle Myélogramme. Cytologiesanguine.com. Consulté le 20 avril 2018.
– Myélogramme. Aplasiemédullaire.com. Consulté le 20 avril 2018.