Septicémie

La septicémie néonatale (sepsis néonatal)

Parmi les catégories de population les plus à risques de développer une septicémie, se trouvent les nourrissons, qui sont affectés par une forme particulière de sepsis, le sepsis néonatal ou septicémie néonatale. Chaque année dans le monde, environ 350 000 nourrissons décèdent des suites d’une septicémie néonatale.

La septicémie peut toucher l’enfant dès les premières heures ou les premiers jours après la naissance, lorsque le nourrisson a été exposé à un agent pathogène in utero ou lors de l’accouchement. La septicémie néonatale peut impliquer des bactéries, des virus (comme le virus de l’herpès) ou plus rarement des champignons.

Certaines catégories de nourrissons ont un risque plus élevé de développer une septicémie néonatale :

  • Les nourrissons nés prématurément ;
  • Les nourrissons de faible poids de naissance ;
  • Les nourrissons avec un faible score d’APGAR ;
  • L’existence de certaines complications obstétricales, comme une rupture prématurée de la poche des eaux ;
  • Les garçons, plus exposés statistiquement que les filles.

Le score d’APGAR est une échelle d’évaluation de la vitalité d’un nouveau-né. Il prend en compte les paramètres suivants observés à la naissance :

    • A pour apparence ;
    • P pour pouls ;
    • G pour grimace ;
    • A pour activité ;
    • R pour respiration.

    Le score d’APGAR peut varier de 0 à 10. 10 correspond au meilleur état de santé possible, tandis qu’une valeur en-dessous de 7 indique une détresse du nourrisson.

Le plus souvent, un nourrisson atteint de septicémie présente des signes alarmants d’un état de santé dégradé :

  • Une apathie ;
  • Une coloration grise de la peau ;
  • Des difficultés pour s’alimenter, voire un arrêt total de l’alimentation ;
  • Des troubles digestifs ;
  • Des convulsions ;
  • Une température corporelle basse, beaucoup plus rarement une fièvre.

Chez le nouveau-né, la septicémie peut se compliquer en provoquant d’autres infections :

  • Une infection des tissus recouvrant le cerveau (méningite) ;
  • Une infection du cerveau (encéphalite).

Les spécialistes distinguent deux catégories de septicémie néonatale, selon le délai d’apparition après la naissance :

  • La septicémie précoce, avant trois jours de vie, le plus souvent liée à un agent pathogène transmis au moment de l’accouchement ou dans les derniers jours de la grossesse ;
  • La septicémie tardive, après trois jours de vie, lorsque l’agent pathogène est contracté dans les premiers jours de vie.

Le diagnostic de la septicémie néonatale est le même que celui de la septicémie chez l’adulte, l’objectif étant de mettre en évidence la présence d’un agent pathogène dans le sang de l’enfant et de l’identifier pour instaurer rapidement le traitement le plus efficace possible.

La prise en charge de la septicémie néonatale, précoce ou tardive, est proche de celle des adultes, avec les aspects suivants :

  • Un traitement adapté de l’infection en cause ;
  • Le maintien des paramètres vitaux ;
  • Une assistance respiratoire ;
  • Des transfusions de produits sanguins (sang total, plasma ou plaquettes) ;
  • Des médicaments pour augmenter la tension artérielle.

La septicémie néonatale représente une cause majeure de décès chez les nourrissons nés prématurés. Plus la prématurité est importante, plus le risque est élevé. Lorsque le nourrisson survit à la septicémie, il peut conserver des séquelles à moyen – long terme, telles que :

  • Un retard de développement ;
  • Une paralysie cérébrale ;
  • Des convulsions ;
  • Une perte d’audition.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Sepsis/septicémie. Institut Pasteur. Consulté le 15 mai 2019.
– Septicémie. Manuel MSD. Consulté le 15 mai 2019.
– Septicémie du nouveau né. Manuel MSD. Consulté le 15 mai 2019.