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Pronostic, diagnostic et traitement

Quel pronostic ?

thrombopénie-diagnostic-traitementChez l’enfant, le traitement est généralement symptomatique. La majorité des enfants guérissent spontanément d’une thrombopénie, même sévère, en quelques jours voire quelques semaines.

Chez l’adulte, la guérison peut parfois être spontanée, mais elle reste rare. Dans la majorité des cas, les symptômes sont peu présents et découverts fortuitement à l’occasion d’un bilan sanguin de routine. Heureusement, les hémorragies mortelles sont rares.

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une thrombopénie nécessite des analyses sanguines permettant de mettre en évidence une diminution du nombre de plaquettes dans le sang. L’objectif d’une numération de la formule sanguine (NFS ou hémogramme) est de compter et d’analyser les cellules sanguines. Une simple prise de sang suffit pour réaliser ce test. Le sang prélevé est conservé dans un tube contenant un anticoagulant afin de maintenir les cellules sanguines intactes jusqu’à leur analyse au microscope.

Le diagnostic étiologique est orienté par la présence ou non de signes infectieux, d’une consommation médicamenteuse, d’adénopathies ou d’hépato-splénomégalie (en faveur d’une hémopathie), d’une splénomégalie isolée, etc.

D’autres examens complémentaires peuvent être prescrits, notamment un myélogramme lorsque les résultats de l’hémogramme révèlent des anomalies associées à la thrombopénie, que les symptômes ne sont pas caractéristiques ou que le patient ne répond pas au traitement mis en place. Un myélogramme qui consiste à prélever une petite quantité de moelle osseuse, aspirée par une aiguille. Ce geste est réalisé sous anesthésie locale. L’échantillon est analysé au microscope afin de déterminer si son aspect et le nombre de plaquettes sont normaux. Le myélogramme permet donc de préciser au médecin si le trouble est en lien avec une production cellulaire insuffisante ou si il est dû à une utilisation ou destruction excessive. Parfois, le myélogramme révèle la présence d’un cancer ou d’une infection.

En cas de thrombopénie (inférieure à 50 000 plaquettes par microlitre), quelques précautions sont nécessaires : éviter les injections intramusculaires, les biopsies cutanées, toute intervention chirurgicale, la prise d’aspirine et d’AINS.

En cas de thrombopénie (inférieure à 20 000 plaquettes par microlitre), les ponctions lombaires, pleurales ou péricardiques, et les sports à risque sont à proscrire.

Quel traitement ?

Le traitement d’une thrombopénie dépend de sa cause.

La transfusion plaquettaire est généralement réservée aux diminutions de plaquettes liées à une insuffisance de production dans la moelle osseuse, en cas d’hémopathie maligne par exemple.

Devant une thrombopénie sévère à risque hémorragique important, une corticothérapie (prednisone par voie orale) ou l’administration d’immunoglobulines est souvent prescrite. Généralement, une augmentation du taux sanguin de plaquettes survient dans les quelques jours (voire quelques semaines) qui suivent l’instauration du traitement. Les traitements répétés peuvent être efficaces, mais les corticoïdes ne sont pas dépourvus d’effets secondaires. Une utilisation prolongée, sur plusieurs mois, est déconseillée.

Une splénectomie (ablation de la rate) permet d’obtenir une rémission complète chez près des deux tiers des patients ayant rechuté après une première corticothérapie. Cette intervention est réservée aux patients qui ont une thrombopénie et/ou un saignement sévère.

À savoir ! D’autres traitements, dits de seconde ligne, peuvent être utilisés chez les patients à fort risque hémorragique : ce sont les immunosuppresseurs (dont le rituximab).

Charline D., Docteur en pharmacie

– Thrombopénies : autres causes. LE MANUEL MSD. Consulté le 12 avril 2020.
– Revue générale des troubles plaquettaires. LE MANUEL MSD. Consulté le 12 avril 2020.
– Thrombopénie immunitaire. LE MANUEL MSD. Consulté le 12 avril 2020.