amibiaseL’amibiase est une maladie intestinale provoquée par la présence d’un parasite du genre Entamoeba histolytica. Cette parasitose occupe la troisième place parmi les maladies parasitaires les plus tueuses dans le monde. L’infection est généralement asymptomatique, mais peut aussi, parfois, entraîner de graves complications.

Définition de l’amibiase

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’amibiase est « l’état dans lequel l’organisme humain héberge avec ou sans manifestations cliniques, un protozoaire Entamoeba histolytica ».

C’est une pathologie présente sur l’ensemble du globe. Sa présence est, cependant, plus élevée dans les régions pauvres en lien avec les mauvaises conditions d’hygiène. On estime, aujourd’hui, le nombre de cas d’amibiase à 50 millions dans le monde, dont près de 100 000 décès chaque année. Parmi les individus infectés 10 à 20% développent des manifestations graves de la maladie.

On distingue deux formes d’amibiase :

  • Sans symptôme, on parle alors d’amibiase-infection ;
  • Avec symptômes, on parle plutôt d’amibiase-maladie.

Le parasite en cause dans la maladie existe sous trois formes différentes : une forme kystique (kyste) éliminée dans les selles, qui permet la résistance et la dissémination du parasite, et deux formes dites trophozoïtes (l’une non pathogène, en cause dans l’amibiase-infection, et l’autre pathogène impliquée dans l’amibiase-maladie). Le cycle du parasite est simple, le kyste présent dans l’environnement est ingéré par l’homme, ce qui entraîne soit un cycle non pathogène, soit un cycle pathogène responsable de la maladie.

En effet, une fois les kystes ingérés, ils se transforment en trophozoïtes et migrent jusqu’au côlon où ils se multiplient et colonisent la muqueuse. A ce stade, le parasite (sous sa forme trophozoïte pathogène) peut être à l’origine d’ulcération de la muqueuse intestinale. Le parasite peut également migrer vers d’autres organes comme le foie, les poumons ou le cerveau. Les trophozoïtes repassent ensuite sous forme de kyste, plus résistants. Enfin, ils sont rejetés dans les matières fécales et susceptibles de contaminer d’autres personnes. Lorsque l’Entamoeba histolytica est sous forme pathogène, le parasite possède un pouvoir nécrosant qui aboutit à une nécrose hépatique.

À savoir ! L’amibiase hépatique est toujours secondaire à une amibiase intestinale, le plus souvent passée inaperçue.

La transmission de la maladie est en lien avec les matières fécales contaminées par des kystes d’entamoeba histolytica. La contamination passe majoritairement par les mains et les ongles sales contenant des kystes, mais aussi par le sol et l’eau souillée par les excréments, les aliments contaminés et les mouches.

Symptômes

Lorsque le parasite s’implante au niveau de la muqueuse intestinale, et ne cesse de la traverser, il peut être à l’origine de l’amibiase.

Les symptômes de l’amibiase sont variables. Ils peuvent aller d’une diarrhée légère à la dysenterie avec du sang et du mucus dans les selles. Par ailleurs, des ulcères peuvent se former lorsque la paroi intestinale est trop altérée.

Lorsque le parasite gagne la circulation sanguine, il peut coloniser le foie, et être à l’origine d’abcès, qui lorsqu’ils ne sont pas traités sont fatals. Cette maladie peut aussi évoluer vers d’autres complications comme des abcès pulmonaires, voire plus rarement, au cerveau.

Diagnostic

Le diagnostic d’amibiase peut être évoqué devant la nature des symptômes et les circonstances de survenue de la maladie. Cependant, le diagnostic de certitude repose sur l’analyse des selles permettant de mettre en évidence le parasite.

Traitements

Les amibiases dites aiguës sont traitées par l’association d’antiparasitaires et d’amoebicides de contact  agissant localement au niveau de l’intestin.

Prévention

Il n’existe aucun vaccin.

La prévention est essentielle. Elle repose sur l’élimination de la transmission des kystes, et donc sur l’élimination de contamination fécale de l’eau, des aliments et des mains. Pour cela plusieurs mesures :

  • Le dépistage du personnel en contact avec les aliments ;
  • Des recommandations d’hygiène (lavage des mains, utilisation d’eau filtrée) ;
  • Le développement de moyens sanitaires adaptés dans les zones à risque (traitement des eaux usées, installation de latrines, approvisionnement en eau potable, etc.).

Charline D., Docteur en pharmacie

– Amoebose (Amibiase). Médecine tropicale. 2016.
– Amibiase. Institut Pasteur. Décembre 2012.