Carence en fer


Rédigé par Charline D., publié le 27 août 2015 et mis à jour le 27 avril 2022

résultats d'analyses sanguines dans des tubes

Une carence en fer est un trouble fréquent lié à un manque ou une mauvaise absorption du fer par l’organisme. Elle se manifeste par l’installation d’une anémie qui peut engendrer divers symptômes comme de la fatigue, un essoufflement, des maux de tête. Le diagnostic d’une carence en fer repose sur la réalisation d’un bilan sanguin. Son traitement implique la prescription d’un régime alimentaire adapté et d’une supplémentation en fer si besoin.

Définition et symptômes d’une carence en fer

Qu’est-ce qu’une c’est ?

Une carence en fer, ou carence martiale, est la carence nutritionnelle la plus courante dans le monde. Elle touche particulièrement la population féminine. Une carence en fer s’installe dès lors que les apports sont inférieurs aux besoins.

Les différents types de fer

Le fer est un des sels minéraux indispensables pour le corps humain. Il est apporté par l’alimentation. Cependant, tous les aliments ne se valent pas en fer. En effet, l’absorption des fers issus de produits d’origine végétale, du lait ou des œufs, est moins bonne que celle du fer apporté par les aliments carnés. Cela s’explique par les deux formes du fer :

  1. Le fer héminique, aussi appelé fer ferreux. Il est présent dans les protéines animales comme les abats, la viande rouge, les poissons, les fruits de mer. L’organisme l’absorbe à hauteur de 15 à 35 %.
  2. Le fer non-héminique, aussi appelé fer ferrique. Il se trouve par exemple dans les produits laitiers, les œufs, les céréales, les fruits et légumes (frais et secs). L’organisme ne l’absorbe qu’entre 2 et 5 %. Contrairement au fer héminique, l’absorption de celui-ci est modifiée par la présence d’autres nutriments. Par exemple, l’absorption du fer non-héminique est favorisée par la vitamine C, la viande, le poisson et la volaille. A l’inverse, le café et le thé (contenant des tanins, phytates et polyphénols et calcium) défavorisent son absorption.

Ainsi, selon le régime alimentaire, l’apport en fer n’est pas le même, ce qui peut générer chez les personnes qui ne consomment pas suffisamment de viande par exemple, une carence en fer.

Les fonctions du fer

Le fer est impliqué dans diverses fonctions majeures du corps humain. La fonction principale du fer est le transport de l’oxygène dans la circulation sanguine et le stockage de l’oxygène dans le muscle.

En effet, le fer est un composant indispensable de l’hémoglobine (protéine présente dans les globules rouges). L’hémoglobine assure le transport de l’oxygène des poumons vers les autres organes. Sans fer, le corps humain ne peut plus produire d’hémoglobine et n’est donc plus capable d’assurer correctement le transport de l’oxygène.

Le fer entre également dans la composition d’une autre protéine, la myoglobine. La myoglobine est impliquée dans le stockage de l’oxygène au niveau des muscles.

Entre 70 et 80% de la totalité du fer présent dans l’organisme est retrouvée dans l’hémoglobine des globules rouges. Environ 10% du fer restant sert à constituer la myoglobine dans les muscles. Enfin, les derniers pourcents participent aux réactions du métabolisme oxydatif qui permet de fournir l’énergie dont le corps a besoin.

Le fer a aussi un impact sur l’immunité.

Le corps humain recycle et conserve une grande partie du fer, mais il existe tout de même des pertes journalières à compenser. Un adulte stocke entre 1 et 3 g de fer en moyenne. Chaque jour, près de 1 mg de fer est perdu avec les cellules mortes. Les femmes en pré-ménopause ont des pertes journalières plus importantes, pouvant atteindre 2 mg. Par ailleurs, les besoins en fer peuvent augmenter à certaines périodes de la vie : pendant la croissance, la puberté et la grossesse.

Infographie Santé sur le Net

Lien

Pour un homme, les besoins journaliers en fer sont de 7 mg et de 12,3 mg pour une femme.

Quels sont les symptômes ?

La principale conséquence d’une carence en fer est l’anémie (baisse de la quantité d’hémoglobine circulante) mais il existe des carences sans anémie, qui impliquent également des changements fonctionnels.

L’anémie se traduit par une diminution de l’hémoglobine dans le sang. Les carences en fer sont responsables d’environ la moitié des anémies. Cela concerne plus d’un milliard de personnes dans le monde.

Avec ou sans anémie, les symptômes d’une carence en fer sont variés :

  1. Fatigue et étourdissements;
  2. Pâleur;
  3. Diminution de la force physique, essoufflement à l’effort ;
  4. Fonctions cognitives altérées (retard de croissance, retard de développement, faibles capacités de concentration, difficultés d’apprentissage) ;
  5. Chutes de cheveux;
  6. Sensibilité au froid;
  7. Palpitations, tachycardie;
  8. Syndrome des jambes sans repos.

Une personne carencée en fer peut exprimer un ou plusieurs de ces symptômes.

Diagnostic et traitement d’une carence en fer

Quel est le diagnostic ?

Des analyses biologiques sont essentielles pour déterminer si un individu souffre d’une carence en fer. Suite à une prise de sang, différentes mesures peuvent être évaluées pour un diagnostic précis. Il s’agit des dosages de :

  • La ferritine
    La ferritine est une protéine qui permet le stockage du fer dans le sang. Son taux est le reflet des réserves en fer de l’organisme. Sa valeur joue un rôle de régulation de l’absorption intestinale du fer. Une ferritine basse confirme l’existence d’une carence en fer.
  • Du fer associé à la transferrine
    Par exemple, si le patient souffre d’insuffisance rénale chronique, en cas d’inflammation ou lorsque le dosage de la ferritine est normal mais que le médecin suspecte une carence en fer, le dosage du fer associé à la transferrine permet de confirmer le La transferrine est une protéine présente dans le sang. Elle permet le transport du fer après son absorption par l’intestin. En cas de carence martiale, la quantité de transferrine augmente tandis que la quantité de transferrine liée au fer diminue.

Quels sont les traitements disponibles ?

La prise en charge d’une carence en fer repose sur deux grands axes : la supplémentation en fer et un rééquilibrage alimentaire.

fruits et légumes

Concernant le régime alimentaire, il est conseillé au patient d’augmenter sa consommation de viande rouge, de poissons, de fruits de mer, de fruits et légumes riches en vitamine C (kiwis, agrumes, chou, persil, poivrons…) A l’inverse, il est préférable d’éviter la consommation de café et thé à proximité des repas.

La supplémentation orale en fer peut être envisagée avec un médecin. La prise des suppléments est recommandée sur un estomac vide pour favoriser l’absorption, mais ceci peut provoquer des effets indésirables (nausées, douleurs abdominales). Pendant le repas, l’absorption des suppléments diminue de deux tiers. Malgré tout, en cas de survenue d’effets indésirables, une diminution de la dose peut être envisagée ainsi que la prise pendant le repas.

Les femmes enceintes souffrant de carence en fer sont encouragées à évaluer avec leur médecin les bénéfices de la supplémentation par rapport au risque de la carence sur le fœtus.

Publié le 27 août 2015 par Charline D., Docteur en pharmacie. Mis à jour le 27 avril 2022.

Sources
– Recommandation nutrition. economie.gouv.fr. Consulté le 27 avril 2022.
– Iron and the immune system . pubmed.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 27 avril 2022.
– Diagnostic biologique d’une carence en fer : en première intention, doser la ferritine seule. has-sante.fr. Consulté le 27 avril 2022.
– Choix des examens du métabolisme du fer en cas de suspicion de carence en fer. has-sante.fr. Consulté le 27 avril 2022.