des morceaux de sucre et un stéthoscope

Lors d’une mesure de la glycémie à jeun, une hypoglycémie peut être détectée. Elle correspond à une valeur inférieure à la normale de la glycémie, le taux de glucose dans le sang. Les hypoglycémies passagères peuvent survenir chez n’importe quelle personne, mais les personnes les plus touchées par les hypoglycémies sévères sont les sujets diabétiques dans certaines circonstances particulières. L’hypoglycémie du sujet diabétique n’est pas à prendre à la légère, car elle peut entraîner un coma et mettre en jeu le pronostic vital du patient.

Définitions et symptômes de l’hypoglycémie

Qu’est-ce que l’hypoglycémie ?

une femme allongée par terre

La glycémie à jeun correspond au taux sanguin de glucose (un sucre simple), mesuré à partir d’une simple prise de sang ou d’une goutte de sang capillaire. En temps normal, la glycémie à jeun doit être comprise entre 0.70 gramme par litre de sang et 1.10 gramme par litre de sang. L’hypoglycémie correspond à un taux de glucose dans le sang inférieur à ces valeurs normales, soit une glycémie à jeun inférieure à 0.70 gramme par litre de sang.

À savoir ! L’hypoglycémie est une diminution anormale du taux sanguin de glucose. L’hyperglycémie correspond quant à elle à une augmentation anormale du taux sanguin de glucose.

Au fil du temps, la glycémie varie en fonction de l’alimentation et de la pratique d’une activité physique. Après un repas, la glycémie s’élève physiologiquement dans les deux heures qui suivent, mais doit rester inférieure à 1.40 gramme par litre de sang. L’organisme humain dispose de plusieurs systèmes de régulation de la glycémie, afin de la maintenir dans les valeurs normales :

  • Le glucagon est une hormone hyperglycémiante, sécrétée par le pancréas. Il agit en élevant la glycémie.
  • L’insuline est la principale hormone hypoglycémiante de l’organisme. Sécrétée elle aussi par le pancréas, elle agit en réduisant la glycémie.
  • D’autres hormones, comme l’hormone de croissance (sécrétée par l’hypophyse) ou l’adrénaline (sécrétée par les glandes surrénales), sont des hormones hyperglycémiantes. Elles agissent en élevant la glycémie.

Une faible glycémie à jeun modérée et passagère peut survenir chez toutes les personnes, par exemple en cas de jeûne prolongé ou après un exercice physique prolongé et à jeun. Les hypoglycémies sévères sont observées le plus souvent chez les sujets diabétiques, en général lorsque le traitement antidiabétique (médicaments antidiabétiques oraux ou insuline) est mal adapté à la glycémie ou au mode de vie du patient.

À savoir ! Les diabètes sucrés sont des maladies chroniques, associées à des épisodes répétés d’hyperglycémies. Et pourtant, les sujets diabétiques traités sont les personnes les plus fréquemment touchées par des épisodes d’hypoglycémies sévères, en lien avec une mauvaise adaptation de leur traitement ou un dérèglement de leur diabète. L’hypoglycémie reste rare chez les sujets non diabétiques.

D’autres causes plus rares d’hypoglycémies sont les suivantes :

  • La prise de certains médicaments utilisés dans le traitement de certaines infections pulmonaires ou des crampes musculaires ;
  • L’existence d’une maladie grave entraînant la défaillance d’un organe vital (foie, rein, cœur, …) ;
  • Une maladie d’Addison (maladie affectant la sécrétion des hormones de l’hypophyse et des glandes surrénales) ;
  • Une réaction à l’ingestion de grandes quantités de glucides chez des sujets prédisposés ;
  • L’existence d’une tumeur pancréatique productrice d’insuline (insulinome) ;
  • Des anomalies de digestion de certains sucres (comme le fructose ou le galactose) ou certains acides aminés (leucine) ;
  • Une perte de poids importante consécutive à certaines interventions de chirurgie bariatrique.

À savoir ! L’hypoglycémie néonatale correspond à une hypoglycémie touchant le nouveau-né. Elle peut être transitoire ou chronique. Certains nourrissons présentent un risque majoré de développer une hypoglycémie à la naissance ou dans les jours qui suivent : les nourrissons prématurés, les nourrissons de poids ou de taille inférieurs à la normale, les nourrissons dont la mère est diabétique et les nourrissons exposés à une asphyxie au moment de la naissance. Les nouveaux nés présentent alors une accélération du rythme cardiaque (tachycardie), une coloration bleue du visage et des extrémités (cyanose), des convulsions et une apnée. Le pronostic varie selon l’origine de l’hypoglycémie. Le traitement doit être instauré en urgence et repose sur une alimentation entérale ou une perfusion intraveineuse de glucose

Quels symptômes ?

Classiquement, l’hypoglycémie se manifeste par quelques signes particuliers :

  • La faim ;
  • Une transpiration excessive ;
  • Des tremblements ;
  • Une nervosité ;
  • Des palpitations ;
  • Une fatigue ;
  • Une faiblesse pouvant aller jusqu’à l’évanouissement.

Si l’hypoglycémie devient plus sévère, des troubles plus graves peuvent apparaître, tels que :

  • Une confusion mentale ;
  • Des troubles du langage ;
  • Des maux de tête ;
  • Des convulsions ;
  • Des troubles visuels ;
  • Un coma, le coma hypoglycémique.

Le seuil entre une hypoglycémie modérée et une hypoglycémie sévère varie selon les personnes et notamment en fonction de leur statut diabétique, de l’origine de l’hypoglycémie et de sa durée.

Diagnostic et traitements de l’hypoglycémie

Quel diagnostic ?

mesure de la glycémie au bout du doigt

Le diagnostic d’une hypoglycémie doit être recherché si des signes spécifiques se manifestent, en particulier chez une personne diabétique. Le sujet diabétique doit immédiatement contrôler sa glycémie capillaire, grâce à son système d’autosurveillance glycémique. Chez le sujet non diabétique, le dosage de la glycémie à partir d’une prise de sang permet de vérifier et de quantifier l’hypoglycémie.

À savoir ! Une hypoglycémie passagère chez un sujet non diabétique ne nécessite pas systématiquement un avis médical. Généralement, la consommation d’un morceau de sucre permet de confirmer l’hypoglycémie et de faire disparaître les symptômes.

Toute hypoglycémie symptomatique et répétée doit absolument faire l’objet d’une consultation médicale pour en rechercher la cause. Le médecin cherchera à déterminer l’origine des hypoglycémies grâce à des examens spécifiques :

  • Un dépistage du diabète, par des mesures répétées de la glycémie ou une hyperglycémie provoquée par voie orale ;
  • La recherche d’une tumeur pancréatique ;
  • La recherche d’une maladie grave ou de la défaillance de certains organes ;
  • Le contrôle de l’ensemble des médicaments pris par le patient.

Un suivi glycémique à l’hôpital ainsi que des examens d’imagerie et des contrôles sanguins peuvent être nécessaires en fonction de la maladie recherchée.

Quels traitements ?

Une hypoglycémie passagère et modérée, n’entraînant que des symptômes mineurs, chez des sujets diabétiques ou non diabétiques, se résout dans la plus grande majorité des cas en consommant un ou deux morceaux de sucre ou une boisson sucrée. Si l’hypoglycémie est sévère ou qu’elle a entraîné un coma, du glucose doit être administré en urgence par voie intraveineuse.

À savoir ! Les sujets diabétiques, les plus exposés au risque d’hypoglycémie, doivent toujours avoir quelques morceaux de sucre sur eux, pour les consommer si des symptômes d’hypoglycémie apparaissent.

Lorsque l’origine de l’hypoglycémie est médicamenteuse, la réduction des médicaments responsables, voire leur arrêt, est nécessaire. Un autre traitement peut être mis en place, sans influence sur la glycémie. Chez les sujets diabétiques, la prise en charge du diabète doit être revue en lien avec le diabétologue et le diététicien :

  • Un contrôle du régime alimentaire et de la prise des repas au cours de la journée ;
  • Une adaptation du programme d’activité physique ;
  • Une adaptation des médicaments antidiabétiques oraux (diabète de type 2) ou du traitement par l’insuline (diabète de type 1, diabète de type 2 ou diabète gestationnel) ;
  • Une éducation thérapeutique du patient pour revoir le contrôle du diabète et la gestion du traitement.

Pour les autres causes d’hypoglycémies sévères, une prise en charge de la cause est nécessaire :

  • L’ablation de la tumeur et l’instauration de traitements anticancéreux ;
  • Le traitement des maladies graves ;
  • Les traitements adaptés pour faire face aux défaillances d’organes.

Les personnes ayant des pathologies à risque d’hypoglycémie peuvent se voir prescrire des doses de glucagon, sous forme de stylo injectable, à porter en permanence sur elles. L’injection de glucagon permet un retour à la normale de la glycémie en 5 à 15 minutes.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Hypoglycémie (Faible taux de sucre sanguin). Manuel MSD. Consulté le 24 novembre 2020.
– Comment faire face à une hypoglycémie ?. Fédération Française des Diabétiques. Consulté le 24 novembre 2020.
– Hypoglycémie néonatale. Manuel MSD. Consulté le 24 novembre 2020.