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Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Le diagnostic de l’encéphalopathie hépatique est clinique. Il repose sur l’étude des antécédents médicaux, un examen physique, et des tests cognitifs. En effet, le diagnostic est posé en fonction des symptômes, des résultats d’examen et de la réponse au traitement. La contribution des membres de la famille ou des amis proches est souvent utile pour détecter des changements subtils utiles au diagnostic.

Des examens complémentaires (analyses de sang) sont généralement réalisés pour déterminer les facteurs déclencheurs et pour confirmer le diagnostic. Une électroencéphalographie (EEG) peut être effectuée pour détecter d’éventuelles anomalies de l’activité cérébrale.

Le degré de gravité de l’encéphalopathie hépatique est évalué selon les critères de West-Haven. On distingue l’encéphalopathie hépatique latente (avec des symptômes subtils qui peuvent nécessiter des tests spéciaux pour être diagnostiquée) et l’encéphalopathie hépatique déclarée (lorsque les symptômes sont modérés à sévères).

Parmi les encéphalopathies hépatiques latentes, on distingue :

  • Le stade minimal, le diagnostic est posé grâce à des tests psychométriques ou neuropsychologiques en l’absence de symptôme ;
  • Le stade 1, avec un léger manque de sensibilisation, des oublis, des perturbations du sommeil, des difficultés à se concentrer et des légers troubles de la personnalité (irritabilité, euphorie, anxiété, dépression).

En cas d’encéphalopathie hépatique déclarée, on distingue :

  • Le stade 2 caractérisé par une léthargie, de l’apathie, une confusion, des troubles graves de la mémoire et un comportement inhabituel voire déplacé ;
  • Le stade 3 qui se traduit par une confusion et une désorientation prononcée, par exemple le patient peut aller jusqu’à oublier qui il est. Une somnolence peut être associée ;
  • Le stade 4 en cas de coma, sans réponse aux stimuli douloureux.

Quel traitement ?

Le traitement de l’encéphalopathie hépatique repose sur l’élimination des facteurs déclencheurs (lorsque c’est possible, par exemple une infection ou un médicament) et l’élimination des substances toxiques de l’intestin.

Pour éliminer les substances toxiques de l’intestin, plusieurs mesures peuvent être adoptées :

  • Limiter la consommation de viande rouge ou de protéines animales (poisson, fromage, œuf, etc.). Pour éviter une carence en protéines, le patient peut consommer plus d’aliments à base de protéines végétales ;
  • La prescription de lactulose (sucre non absorbable). Ce laxatif permet d’accélérer le passage de la nourriture en diminuant le pH gastrique et en modifiant la flore intestinale. Il diminue la quantité de déchets absorbés par l’organisme ;
  • La prescription d’antibiotiques (rifaximine) qui restent dans les intestins, où ils réduisent le nombre de bactéries à l’origine de la formation des toxines durant la digestion. L’antibiotique est prescrit en complément du lactulose lorsque ce dernier ne suffit pas.

L’encéphalopathie hépatique est souvent réversible avec un traitement adapté, notamment lorsque la maladie est déclenchée par un facteur réversible. Cependant, les patients atteints d’une maladie hépatique chronique sont plus à risque de futurs épisodes d’encéphalopathie. Certains nécessitent un traitement en permanence.

Lorsque des épisodes récurrents se produisent malgré un traitement médicamenteux bien conduit, la nécessité d’une greffe de foie peut être évaluée.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Encéphalopathie hépatique. LE MANUEL MSD. Consulté le 6 février 2020.
– Encéphalopathie hépatique. SCRI. Consulté le 6 février 2020.