En France, environ 120 000 traumatismes crâniens sont recensés chaque année en France et près de 10 000 personnes en conservent des séquelles à vie. Les traumatismes crâniens ont la plupart du temps pour origine des accidents ou des agressions. La nature des lésions et leur gravité définissent les symptômes présentés initialement par le patient et l’évolution de son état de santé dans les heures, les jours et les mois qui suivent le choc initial. Cette situation nécessite une prise en charge pluridisciplinaire sur le long terme.

Le cerveau, lieu des traumatismes crâniens

Qu’est-ce qu’un traumatisme crânien ?

Les traumatismes crâniens appartiennent aux lésions cérébrales acquises, parmi lesquelles se retrouvent également :

Un traumatisme crânien correspond à un choc violent affectant la boîte crânienne, qui survient en diverses occasions :

  • Un accident de la voie publique, cause la plus fréquente de traumatisme crânien ;
  • Un accident de sport ;
  • Un choc au cours d’une agression, en lien ou non avec la consommation d’alcool ;
  • Une chute ;
  • Les plaies par arme à feu ;
  • Un accident domestique ;
  • Les suicides.

En France, l’incidence des traumatismes crâniens est estimée à environ 200 cas pour 100 000 habitants par an, avec moins de 10 % des cas qui sont sévères. Les hommes sont deux fois plus touchés par les traumatismes crâniens que les femmes. Toutes les tranches d’âge peuvent être concernées.

Symptômes d’un traumatisme crânien

Les traumatismes crâniens entraînent immédiatement une perte de conscience, qui peut être brève ou prolongée, selon l’importance des lésions. Elle peut ainsi aller d’une simple perte de connaissance à un coma profond.

L’intensité et la localisation du choc peuvent être variables, ce qui conditionne l’importance des lésions cérébrales et vasculaires et donc le pronostic du patient. Les lésions peuvent concerner :

  • Le cerveau, principal organe touché, c’est la commotion cérébrale;
  • L’ensemble de l’encéphale ;
  • Le système vasculaire de la boîte crânienne, avec la formation possible d’hématomes ou la survenue d’hémorragies intracrâniennes ;
  • Beaucoup plus rarement, le cervelet ou le tronc cérébral.
Encephale et traumatismes crâniens

Deux grands types de lésions sont observés au cours d’un traumatisme crânien :

  • Des lésions cérébrales provoquées par des phénomènes d’accélération, de décélération ou de rotation du cerveau, étirant ou cisaillant les neurones.
  • Des contusions ou lésions focales, le plus souvent hémorragiques, lorsque le cerveau se heurte à un obstacle dur à l’intérieur de la boîte crânienne.

Evaluation d’un traumatisme crânien

Pour évaluer l’état de santé d’un patient, les médecins pratiquent différents examens spécialisés, comme une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) multimodale, qui permet de quantifier les lésions et de les visualiser en trois dimensions.

Les spécialistes distinguent trois niveaux de gravité dans les traumatismes crâniens :

  • Le traumatisme crânien léger, caractérisé par une brève perte de conscience (durée inférieure à 1 heure). Le patient perd la mémoire du moment de l’accident et des instants qui ont suivi, ce que les médecins appellent l’amnésie post-traumatique. Dans 90 % des cas, cette forme légère de traumatisme crânien guérit sans séquelles en quelques mois, les 10 % restants peuvent avoir des séquelles plus ou moins importantes.
  • Le traumatisme crânien modéré, dont la sévérité dépend de la durée de la perte de conscience, de la profondeur du coma et de la durée de l’amnésie post-traumatique.
  • Le traumatisme crânien sévère est marqué par un coma, avec un score inférieur ou égal à 8 sur l’échelle de Glasgow. Ce coma peut durer de quelques heures à plusieurs jours. Le risque de séquelles à long terme est alors significativement majoré.

À savoir ! L’échelle de Glasgow est l’une des méthodes les plus utilisées par les médecins pour évaluer l’état de conscience d’un patient. Le score obtenu va de 3, pour une personne plongée dans un coma profond, à 15, pour une personne parfaitement consciente.

Prise en charge d’un traumatisme crânien

Le choc initial à l’origine du traumatisme crânien peut provoquer un trouble de la conscience, pouvant aller d’une simple perte de connaissance à un coma profond. Sans soins immédiats, un traumatisme crânien peut rapidement mettre en jeu le pronostic vital du patient.

Dans tous les cas, une hospitalisation en service de soins intensifs est indispensable pour assurer les soins suivants :

  • Une réanimation pour garantir le fonctionnement des organes vitaux ;
  • L’administration de médicaments sédatifs et antalgiques ;
  • Une chirurgie si nécessaire ;
  • La pose d’une dérivation ventriculaire externe, en cas d’épanchement liquide dans le crâne et/ou d’hypertension intracrânienne ;
  • La mesure de la pression intracrânienne ;
  • Le traitement adapté de toutes les complications possibles.

Après cette première phase de prise en charge, les patients sont généralement suivis par des équipes pluridisciplinaires, spécialisées en rééducation et en réadaptation. Le suivi d’un traumatisme crânien ne peut s’envisager que sur le long terme et en impliquant l’entourage du patient.

La vie après un traumatisme crânien

D’une manière générale, plus le réveil du patient est rapide, meilleur est le pronostic. Mais la récupération en apparence totale dans les premiers jours ne signifie pas forcément une absence complète de séquelles à long terme.

Les conséquences à moyen-long terme d’un traumatisme crânien sont très variables selon la gravité des lésions cérébrales. Si certains patients se réveillent rapidement et reprennent le cours normal de leur vie quelques semaines après le traumatisme, d’autres peuvent conserver des séquelles invalidantes à vie.

Les principales séquelles observées après un traumatisme crânien sont les suivantes :

  • Un syndrome post-commotionnel, avec des maux de tête, des vertiges, une fatigue et des troubles pouvant affecter les connaissances et l’humeur ;
  • Des séquelles sensorielles :
    • Des troubles visuels, comme une vision double, une atteinte du nerf optique ou du champ visuel ;
    • Une perte du goût ou de l’odorat ;
    • Une altération du toucher ;
  • Des séquelles neuropsychiques, notamment une épilepsie post-traumatique ;
  • Des séquelles motrices, très variables selon la sévérité du traumatisme crânien :
    • Dans les cas les plus graves, une hémiplégie ou une tétraplégie ;
    • Des problèmes de coordination et d’équilibre ;
    • Des troubles moteurs ;
    • Une perte du contrôle des sphincters ;
    • Des troubles de la déglutition ;
  • Des troubles endocriniens, lorsque l’hypophyse a été touchée : la synthèse des hormones hypophysaires peut être altérée entraînant de nombreuses conséquences sur le fonctionnement de l’organisme ;
  • Des séquelles cognitives, pouvant associer des troubles de la mémoire, des difficultés d’attention et de concentration, une lenteur mentale et des difficultés d’organisation dans les tâches à accomplir ;
  • Une modification du caractère et du comportement, qui peut se matérialiser de diverses manières, allant de l’apathie à l’agressivité ;
  • Un état d’éveil non répondant, anciennement appelé un état végétatif.

Certaines séquelles disparaissent avec le temps ou avec les traitements, tandis que d’autres sont irréversibles et le patient devra apprendre à vivre avec. Elles représentent un véritable handicap pour les victimes de traumatisme crânien, qui ont une qualité de vie altérée, d’autant plus que dans la majorité des cas, les patients n’ont pas pleinement conscience de leur état de santé et des séquelles de leur accident.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Traumatismes crâniens. Campus de Neurochirurgie. Consulté le 27 février 2019.
– Mieux comprendre le traumatisme crânien et les lésions cérébrales. UNAFTC. Consulté le 27 février 2019.
– Les traumatismes crâniens. ICM. Consulté le 27 février 2019.