Nodule pulmonaire

24 novembre 2021 par

Nodule pulmonaire

La mise en évidence d’un nodule pulmonaire est relativement fréquente. Cette lésion est généralement source de nombreuses inquiétudes et interrogations. En effet, dans certains cas, il est le signe d’une maladie grave, d’origine néoplasique. Cependant, la plupart du temps, le nodule pulmonaire est asymptomatique et bénin.

Définition et symptômes du nodule pulmonaire

Qu’est-ce que c’est ?

Le nodule pulmonaire est une lésion localisée dans les poumons. Sur une radiographie ou un scanner, il apparait comme « une tache » anormale au niveau thoracique pulmonaire. Sa forme est plus ou moins arrondie, et les contours plus ou moins réguliers.

Le nodule pulmonaire est le plus souvent unique, on parle de nodule pulmonaire solitaire. Ils peuvent également être multiples. De la même manière, si le nodule est isolé ou bien associé à d’autres anomalies visibles à l’examen clinique ou paraclinique (ganglions pathologiques, épanchement pleural…)

La taille des nodules est variable mais par définition elle est inférieure ou égale à 30 mm de diamètre. Il est entouré de parenchyme pulmonaire. Les plus petits nodules (ceux dont le diamètre est inférieur à 10 mm) sont appelés des micro nodules. Au-delà de 30 mm de diamètre, on ne parle plus de nodule mais de masse.

On distingue plusieurs types de nodules pulmonaires en fonction de leur composition :

  • Les nodules solides ;
  • Les nodules en verre dépoli ;
  • Les nodules mixtes.

À savoir ! En fonction de la taille et du type de nodule pulmonaire, la prise en charge à visée diagnostique et thérapeutique sera différente.

Quels sont les symptômes ?

En général, les nodules pulmonaires sont totalement asymptomatiques. Ainsi, la découverte est souvent fortuite : elle survient par hasard ou au cours du suivi pour une autre pathologie.

Lorsque le nodule pulmonaire est associé à une symptomatologie, celle-ci peut-être variée. Elle est constituée généralement de signes respiratoires tels que la toux et l’essouflement mais varie également en fonction de la pathologie sous-jacente à l’origine du nodule :

  • si l’étiologie est infectieuse : possible présence de fièvre, d’adénopathies (augmentation de volume des ganglions) etc.
  • Si l’étiologie est néoplasique : possible présence d’altération de l’état général, d’une asthénie, d’un amaigrissement, d’une perte d’appétit, d’une hémoptysie (crachat de sang d’origine pulmonaire, au cours d’un effort de toux), etc.
  • Si l’étiologie est liée à une maladie auto-immune : signes généraux possibles (altération de l’état général, amaigrissement) et autres atteintes d’organes cibles (cutanés, articulaires, ophtalmiques, digestifs etc.).

Etiologies

Quelle sont les causes d’un nodule pulmonaire ?

Détaillons tout d’abord les causes non cancéreuses d’un nodule pulmonaire :

  • Les nodules thoraciques d’origine infectieuse: pneumopathie, tuberculose, Covid-19, etc. Parfois le nodule est la cicatrice d’une lésion infectieuse guérie.
  • Les nodules pulmonaires d’origine inflammatoire en rapport avec certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires chroniques : sarcoïdose, polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, etc.
  • Les nodules pulmonaires d’origine tumorale bénignes : en fonction du type cellulaire, il peut s’agir d’un hamartome, d’un fibrome, d’un lipome, etc.
  • Autres causes non tumorales : malformations vasculaires, etc.

Dans certains cas, la présence d’un nodule pulmonaire est liée à un cancer. Essentiellement deux situations peuvent être décrites :

  • Le nodule correspond à un cancer du poumon primitif, aussi appelé cancer broncho-pulmonaire ;
  • Le nodule est une métastase d’un cancer primitif d’un autre organe, par exemple le sein. Les cellules néoplasiques disséminent à partir du cancer primitif, via la circulation sanguine et lymphatique : on parle de localisations secondaires ou métastatiques.

À savoir ! Le nodule pulmonaire inquiète car il peut être en faveur d’un diagnostic de cancer. Cependant, il faut garder à l’esprit que la mise en évidence d’un nodule est fréquente, les étiologies possibles sont multiples, sans être synonyme de cancer.

Diagnostic et traitement du nodule pulmonaire

Quels moyens diagnostiques?

Le nodule pulmonaire est mis en évidence lors de la réalisation d’un scanner ou d’une radiographie du thorax. Des examens complémentaires plus invasifs seront prescrits au cas par cas par le spécialiste pneumologue, par exemple une fibroscopie bronchique ou une tomographie par émissions de positrons couplée à un scanner, aussi appelée TEP scan. Le but de ces différents examens est de permettre une description la plus fine possible du nodule, et de préciser le diagnostic étiologique.

radiographie des poumons

Le pneumologue s’appuie sur plusieurs critères pour déterminer un niveau de risque de malignité. En effet, tous les nodules pulmonaires ne se valent pas, la probabilité pour un nodule pulmonaire d’être malin (cancéreux) dépend de nombreux éléments :

  • Liés au patient et ses facteurs de risque : âge élevé, tabagisme, antécédents personnels ou familiaux de cancers, exposition professionnelle à l’amiante etc.
  • Liés au nodule pulmonaire lui-même : son caractère unique ou multiple, sa taille, sa densité, sa localisation, sa croissance, ses contours, la présence de calcifications etc.

En cas de forte suspicion de cancer, l’analyse histologique (l’analyse structurale des tissus) de la tumeur est indispensable pour confirmer le diagnostic. Pour cela, il faut prélever un échantillon de la lésion (biopsie) ou bien la lésion tout entière (exérèse).

À savoir ! Les micronodules de moins de 5 mm sont rarement investigués et ne justifient qu’une simple surveillance. Le plus souvent, un nodule de petite taille sera recontrôlé par un scanner, parfois «après un traitement antibiotique d’épreuve».

Quel traitement ?

Le plus souvent, le nodule pulmonaire est bénin : il ne nécessite donc aucun traitement spécifique.

En revanche, une surveillance régulière du nodule est généralement mise en place. Elle consiste à réaliser des scanners thoraciques selon une fréquence déterminée médicalement. Cela permet par exemple de s’assurer que le nodule n’est pas évolutif en terme de volume et de caractéristique. La surveillance du nodule pulmonaire par scanner thoracique peut se poursuivre plusieurs années puis s’arrêter, là encore selon les recommandations médicales.

Les traitements proposés seront bien évidemment fonction de la cause : une antibiothérapie en cas d’infection, un traitement immunosuppresseur éventuellement en cas de maladie systémique etc.

En cas de néoplasie, le traitement dépendra du patient et du stade évolutif de la tumeur. Parmi les différentes options possibles, citons la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie thoracique ainsi que le recours à des traitements innovants incluant thérapies ciblées et immunothérapie.

Sources
– Fiches santé – Nodule pulmonaire. chu-lyon.fr. Mis à jour le 1/7/2021 et consulté le 18/11/2021
– Version pour le grand public. Présentation des tumeurs pulmonaires. msdmanuals.com. Mis à jour en juillet 2020 et consulté le 18/11/2021
– Nodule pulmonaire solitaire. msdmanuals.com. Mis à jour en février 2020 et consulté le 18/11/2021
– Prise en charge d’un nodule pulmonaire (pour généraliste). revmed.ch. Article du 24/1/2018 consulté le 18/11/2021
Florence D-L.
Florence D.- L., pharmacienne, passionnée par la pharmacologie, la dermatologie, la nutrition et la santé en général, aime par-dessus tout lire, écrire et cuisiner Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.