Prise en charge et prévention

Médecin et patient parlant de traitementQuel diagnostic pour l’addiction au sport ?

Le diagnostic de l’addiction est établi sur des critères spécifiques déterminés par des instances internationales de santé mentale. Ils sont répertoriés dans un manuel nommé « Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders » ou DSM.

Ainsi, les 11 critères diagnostic du DMS V de l’American psychiatric association sont :

  • Un besoin irrépressible et impérieux de consommer la substance ou de jouer ;
  • Une perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à l’activité physique ;
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de substance ou de jeu ;
  • La présence d’un syndrome de sevrage (ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal du sport) ;
  • Une incapacité à remplir des obligations importantes ;
  • Une pratique même lorsqu’il y a un risque physique ;
  • Des problèmes personnels et sociaux ;
  • Un désir ou des efforts persistants pour diminuer l’activité ;
  • Des activités réduites au profit du sport ;
  • Une poursuite de la pratique malgré les dégâts physiques ou psychologiques.

Si le patient présente 2 à 3 critères, l’addiction est considérée comme faible. Entre 4 et 5, on parle de dépendance modérée. Au-delà de 6 critères, l’addiction est sévère.

L’OMS a établi une seconde classification appelée CIM 10 (destinée aux addictions aux drogues, mais adaptable pour les comportements) :

  • Un désir puissant ou compulsif ;
  • Des difficultés à contrôler le temps dédié à l’activité ;
  • Un syndrome de sevrage physiologique quand le sujet diminue ou arrête de pratiquer le sport ;
  • La mise en évidence d’une tolérance aux effets de la pratique (le sujet a besoin de plus en plus de « drogue » pour avoir le même effet) ;
  • Un abandon progressif des autres sources de plaisir et d’intérêt au profit de la substance, et augmentation du temps passé à se procurer la substance et à la consommer ;
  • Poursuite de l’activité en dépit des effets nocifs (en précisant si le sujet était au courant de la nature et de la gravité des conséquences).

Une addiction est diagnostiquée lorsqu’au moins 3 des manifestations ci-dessus sont présentes simultanément au cours de l’année.

Quelle prise en charge pour cette addiction ?

La bigorexie est une addiction, elle se traite donc comme telle en suivant une thérapie adaptée auprès de médecins addictologues et des psychologues. L’objectif de la prise en charge n’est pas l’abstinence, mais le réajustement du comportement vis-à-vis de l’activité sportive afin de ne pas mettre son corps en danger.

Le type de prise en charge dépend des conséquences à la fois physiques, sociales et relationnelles de l’addiction. Le suivi du patient doit être assuré sur le long terme, et l’atteinte des objectifs progressive. L’approche choisie peut être individuelle, en groupe ou elle peut mixer les deux.

En général, la prise en charge médicamenteuse est réservée au traitement des conséquences psychiatriques de l’addiction, par exemple des troubles anxieux ou d’une dépression.

Parfois, une prise en charge sociale est également nécessaire lorsque la dépendance à l’effort a eu des conséquences financières ou sur l’insertion professionnelle d’un individu.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Les dangers de la dépendance au sport. Envsn. Consulté le 3 juin 2019.
– Syndrome de dépendance. WHO. Consulté le 3 juin 2019.
– La bigorexie : rôle du pharmacien d’officine dans sa prévention et sa détection. Thèse de docteur en pharmacie. Cocaign A. Consulté le 3 juin 2019.
– Les types de prise en charge des addictions comportementales. IFAC. Cocaign A. Consulté le 3 juin 2019.