douleur dans le poignet à cause du syndrome du canal carpien

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Souvent, un simple examen clinique réalisé par son médecin traitant suffit à diagnostiquer un syndrome du canal carpien. En effet, il permet d’étudier la sensibilité et la motricité des doigts et de la main. Par ailleurs, le médecin va effectuer des tests dits de provocation afin d’approcher au plus près le ressenti du patient. Enfin, il apprécie la sévérité de la maladie.

Lorsque le médecin le juge nécessaire ou avant une intervention chirurgicale, un électroneuromyogramme (ENMG) peut être réalisé. Cet examen permet de mesurer la transmission nerveuse grâce au positionnement de 2 électrodes sur le trajet du nerf. L’ENMG complète et confirme le diagnostic clinique. Il permet en plus d’évaluer la gravité de l’atteinte.

D’autres examens peuvent être utiles :

  • Une radiographie du poignet et de la main pour diagnostiquer une origine osseuse du rétrécissement du canal carpien (lié à l’arthrose par exemple) ;
  • Une échographie pour identifier certaines causes (tendinite, kyste articulaire, etc.) ou l’origine d’une récidive.

Quel traitement ?

Un traitement précoce est important pour une bonne récupération et l’absence de séquelle.

Avant toute chose, le traitement du syndrome du canal carpien repose sur la suppression ou la modification des facteurs favorisants qui ont pu être identifiés. Parfois, cette mesure suffit à faire régresser les symptômes.

Lorsqu’aucun signe de gravité n’est présent, un traitement médical, dit « conservateur » est mis en place. Il repose sur le port d’une attelle amovible d’immobilisation du poignet. Le patient doit la porter toutes les nuits pendant 3 mois afin de soulager les symptômes nocturnes. Une infiltration de corticoïdes dans le canal carpien peut soulager le patient, bien que celui-ci ne soit pas immédiat. Des antalgiques tels que le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, par exemple l’ibuprofène) permettent de réduire les douleurs.

En cas d’échec du traitement médical ou lorsqu’il existe des signes de gravité de l’affection, un traitement chirurgical est envisagé. L’intervention consiste à décompresser le nerf médian en sectionnant le ligament annulaire. On distingue deux techniques :

  • La technique à ciel ouvert : le canal est libéré en incisant la paume de la main sur environ 3 centimètres ;
  • La technique endoscopique est plus discrète : une petite incision de près d’un centimètre est réalisée au niveau du pli de flexion du poignet.

Après l’intervention et quelle que soit la technique employée, les soins post-opératoires repose sur des pansements et un traitement antalgique. Les troubles sensitifs et les douleurs s’estompent en quelques semaines. Cependant, la paume de la main reste sensible pendant 3 à 6 mois.

Pour la poursuite ou la reprise des activités, il faut se référer à son médecin ou chirurgien.

En l’absence d’opération, le patient peut reprendre ses activités quotidiennes grâce au port d’une attelle. Les activités physiques ne sont reprises que lorsque les symptômes ont disparu. Un arrêt de travail peut être prescrit. Sa durée dépend de la main atteinte, du degré de sévérité de l’affection, du niveau de sollicitation demandé de la main, des possibilités d’adaptation ou modification du poste de travail, de la nécessité de conduire un véhicule.

En cas d’opération, il est conseillé de maintenir les gestes du quotidien, par exemple manger ou s’habiller, afin de limiter les gonflements et les raideurs. Cependant, la conduite automobile, le port de charges lourdes ou les activités sportives ne peuvent être reprise qu’après le rétablissement du patient.

Charline D., Pharmacien

– Syndrome du canal carpien. Ameli. Le 12 mai 2017.
– Syndrome du canal carpien. IFCM. Consulté le 8 janvier 2018.