Manger bio : la solution anti-cancer ?

Oct 29, 2018 par

Bénéficiant d’une popularité n’ayant cessé de grandir ces dernières années, le secteur de l’alimentation bio se porte bien, même si ses bénéfices pour la santé n’ont jusqu’à présents jamais été prouvés. Et si manger bio régulièrement permettait de réduire le risque de cancer ? C’est ce que suggère une récente étude publiée dans la revue Jama Internal Medicine.

Aliments bio

Alimentation bio

Les aliments « bio » désignent des aliments issus de l’agriculture biologique et exempts de traitements aux produits phytosanitaires.

À savoir ! L’agriculture biologique désigne un mode de culture employant des techniques agricoles respectueuses de l’environnement et des animaux. Elle favorise les matières premières naturelles et bannit les additifs, engrais et autres pesticides artificiels.

Jusqu’à présent, aucune étude n’a formellement démontré l’intérêt d’une telle alimentation sur le plan sanitaire. Les connaissances actuelles sont essentiellement basées sur la mise en évidence d’un lien entre une exposition professionnelle des agriculteurs et l’apparition de certaines pathologies, comme le cancer de la prostate ou la maladie de Parkinson.

Dans ce contexte, une étude de grande ampleur a été menée afin d’étudier l’impact de la consommation régulière d’aliments « bio » sur le risque de survenue de cancer.

Une étude sur l’impact de la consommation d’aliments bio

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques du centre de recherche en Epidémiologie et Statistiques Sorbonne Paris Cité (Inra/ Inserm/Université Paris 13/CNAM) se sont appuyés sur la cohorte NutriNet-Santé regroupant 70 000 personnes dont 78% de femmes âgées de 44 ans en moyenne.

Les volontaires devaient répondre à un questionnaire détaillé permettant de décrypter leurs habitudes alimentaires en termes de consommation de fruits, légumes, produits à base de soja, produits laitiers, viande/poisson/œufs, féculents/légumes secs, pain/céréales, farine, huiles/condiments, plats préparés, café/thé/infusions, vin, biscuits/chocolat/sucre/confiture, autres aliments, compléments alimentaires…

Les chercheurs ont ensuite classé les données recueillies en fonction de la consommation en aliments bio ou en aliments conventionnels ainsi qu’en fonction de la fréquence de leur consommation (jamais, de temps en temps, la plupart du temps).  Afin de limiter le risque de biais,  les caractéristiques sociodémographiques des participants et leur mode de vie (activité sportive, éventuels antécédents familiaux) ont également été pris en compte.

Lien entre alimentation bio et risque moindre de cancer

Au cours des 7 années de suivi des participants (de 2009-2016), 1 340 nouveaux cas de cancers ont été recensés, enregistrés et validés sur la base des dossiers médicaux.

Les scientifiques ont alors pu observer que la fréquence d’apparition de ces cancers était 25 % moins élevée chez les consommateurs “réguliers” d’aliments bios que chez les consommateurs plus occasionnels. Les résultats les plus parlants concernaient le cancer du sein chez la femme ménopausée (-34 % de risque) et les lymphomes (-76 % de risque).

Pour l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), ces résultats pourraient être liés à :

  • la présence beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées de résidus de pesticides synthétiques dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, que dans les aliments bio.
  • des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants caroténoïdes, polyphénols, vitamine C ou profils d’acides gras plus bénéfiques) dans les aliments bio.

L’équipe de scientifique demeure néanmoins prudente et souligne la nécessité de mener des études plus approfondies afin de confirmer ces données et vérifier si ce phénomène n’est pas lié à une catégorie d’aliments particuliers.

Affaire à suivre !

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Alimentation “bio” : une étude prouve son bénéfice sur le risque de cancer. Egora. Le  23 octobre 2018.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.