PERIOLIMEL N4E, émulsion pour perfusion

PERIOLIMEL N4E, émulsion pour perfusion, est indiqué pour la nutrition parentérale chez l'adulte et l'enfant de plus de 2 ans lorsque l'alimentation orale ou entérale est impossible, insuffisante ou contre-indiquée.


  • Nutrition parentérale

Posologie

L'utilisation de PERIOLIMEL N4E n'est pas recommandée chez les enfants âgés de moins de 2 ans, la composition et le volume n'étant pas appropriés (voir rubriques Mises en garde et précautions d'emploi, Propriétés pharmacodynamiques et Propriétés pharmacocinétiques).

La dose quotidienne maximale mentionnée ci-dessous ne doit pas être dépassée. En raison de la composition fixe de la poche multi-compartiments, il se peut qu'il ne soit pas possible de répondre à tous les besoins nutritionnels du patient en même temps. Il existe des situations cliniques où les patients ont besoin de quantité de nutriments différant de la composition de la poche. Dans ce cas, tout ajustement de volume (dose) doit tenir compte de l'effet que ce changement aura sur le dosage de tous les autres composants nutritionnels contenus dans PERIOLIMEL N4E. Par exemple, les patients pédiatriques peuvent avoir besoin de plus de 0,2 mmol/kg/jour de phosphate. Dans ce cas, les professionnels de santé peuvent envisager un ajustement du volume (dose) de PERIOLIMEL N4E afin de répondre à ces besoins augmentés.

Chez les adultes

La posologie dépend de la dépense énergétique, de l'état clinique, du poids corporel du patient et de sa capacité à métaboliser les constituants de PERIOLIMEL N4E, ainsi que du supplément d'énergie ou de protéines administré par voie orale/entérale ; le volume de la poche doit donc être choisi en conséquence.

Les besoins journaliers moyens sont :

·         de 0,16 à 0,35 g d'azote par kg de poids corporel (1 à 2 g d'acides aminés/kg), selon l'état nutritionnel et le degré de stress catabolique du patient,

·         de 20 à 40 kcal/kg,

·         de 20 à 40 mL de liquide/kg, ou de 1 à 1,5 mL par kcal consommée.

Pour PERIOLIMEL N4E, la dose quotidienne maximale est déterminée par l'apport hydrique, 40 mL/kg, correspondant à 1 g/kg d'acides aminés, 3 g/kg de glucose, 1,2 g/kg de lipides, 0,8 mmol/kg de sodium et 0,6 mmol/kg de potassium. Pour un patient de 70 kg, cela équivaut à 2800 mL de PERIOLIMEL N4E par jour, soit un apport de 71 g d'acides aminés, 210 g de glucose et 84 g de lipides (c'est à dire 1680 kcal non protéiques et 1960 kcal totales).

Le débit d'administration doit normalement être augmenté progressivement au cours de la première heure et ajusté ensuite en fonction de la dose à administrer, de l'apport volumique journalier et de la durée de la perfusion.

Pour PERIOLIMEL N4E, le débit maximal de perfusion est de 3,2 mL/kg/heure, ce qui correspond à 0,08 g/kg/heure d'acides aminés, 0,24 g/kg/heure de glucose et 0,10 g/kg/heure de lipides.

Chez les enfants âgés de plus de deux ans

Aucune étude n'a été réalisée dans la population pédiatrique.

La posologie dépend de la dépense énergétique, de l'état clinique, du poids corporel du patient et de sa capacité à métaboliser les constituants de PERIOLIMEL N4E, ainsi que du supplément d'énergie ou de protéines administré par voie orale/entérale; le volume de la poche doit donc être choisi en conséquence.

Par ailleurs, les besoins quotidiens en liquide, en azote et en énergie diminuent continuellement avec l'âge. Deux groupes, âgés de 2 à 11 ans et de 12 à 18 ans, sont pris en considération:

Pour PERIOLIMEL N4E, les facteurs limitants pour les groupes d'âge pédiatriques susmentionnés sont la concentration en phosphate pour la dose journalière (0,2 mmol/kg/jour) a et la concentration en lipides pour le débit par heure, ce qui a pour conséquence les apports suivants:

Composant

de 2 à 11 ans

de 12 à 18 ans

Recommandée a

Volume maximal de PERIOLIMEL N4E

Recommandée a

Volume maximal de PERIOLIMEL N4E

Dose journalière maximale

Liquides

(mL/kg/jour)

60-120

24

50-80

24

Acides aminés (g/kg/jour)

1 - 2

(jusqu'à 3)

0,6

1 - 2

0,6

Glucose (g/kg/jour)

12 - 14 (jusqu'à 18)

1,8

3 - 10 (jusqu'à 14)

1,8

Lipides (g/kg/jour)

0,5 - 3

0,7

0,5 - 2 (jusqu'à 3)

0,7

Energie totale (kcal/kg/jour)

60 - 90

16

30 - 75

16

Débit maximal par heure

PERIOLIMEL N4E (mL/kg/h)

 

4,3

 

4,3

Acides aminés (g/kg/h)

0,20

0,11

0,12

0,11

Glucose (g/kg/h)

1,2

0,32

1,2

0,32

Lipides (g/kg/h)

0,13

0,13

0,13

0,13

a : valeurs recommandées par les recommandations ESPEN-ESPGHAN

Le débit d'administration doit normalement être augmenté progressivement au cours de la première heure et ajusté ensuite en fonction de la dose à administrer, de l'apport volumique journalier et de la durée de la perfusion.

De manière générale, il est recommandé de débuter la perfusion chez les jeunes enfants par une dose journalière faible et de l'augmenter progressivement jusqu'à la dose maximale (voir ci-dessus).

Mode et durée d'administration

A usage unique.

Après ouverture de la poche, il est recommandé d'utiliser le contenu immédiatement et de ne pas le conserver pour une perfusion ultérieure.

Après reconstitution, le mélange est une émulsion homogène et d'aspect laiteux.

Pour les instructions concernant la préparation et la manipulation de l'émulsion pour perfusion, voir la rubrique Instructions pour l'utilisation, la manipulation et l'élimination.

En raison de sa faible osmolarité, PERIOLIMEL N4E peut être administré par une veine périphérique ou centrale.

La durée de perfusion recommandée pour une poche de nutrition parentérale est comprise entre 12 et 24 heures.

La nutrition parentérale peut être poursuivie aussi longtemps que l'état clinique du patient l'exige.

Des effets indésirables potentiels peuvent résulter d'une utilisation non appropriée (par exemple : surdosage, vitesse de perfusion trop élevée) (voir rubriques Mises en garde et précautions d'emploi et Surdosage).

Au début de la perfusion, tout signe anormal (par exemple : sueurs, fièvre, frissons, céphalées, rashs cutanés, dyspnée) doit entraîner l'interruption immédiate de la perfusion.

Les effets indésirables suivants ont été rapportés avec OLIMEL N9-840 au cours d'une étude d'efficacité et de tolérance randomisée, en double aveugle et contrôlée par un traitement actif. Vingt-huit patients présentant divers états médicaux (jeûne postopératoire, malnutrition sévère, apport entéral insuffisant ou impossible) ont été inclus et traités ; les patients du groupe OLIMEL ont reçu le produit à raison d'une dose maximale de 40 mL/kg/j sur 5 jours.

Les données regroupées des essais cliniques et de l'expérience acquise après la commercialisation indiquent les effets indésirables suivants liés au médicament PERIOLIMEL N4E :

Classe de systèmes organes

Terme préférentiel MedDRA

Fréquence a

Affections cardiaques

Tachycardie

Fréquenta

Troubles du métabolisme et de la nutrition

Appétit diminué

Fréquenta

Hypertriglycéridémie

Fréquenta

Affections gastro-intestinales

Douleur abdominale

Fréquenta

Diarrhée

Fréquenta

Nausée

Fréquenta

Affections vasculaires

Hypertension

Fréquenta

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

Extravasation pouvant entraîner les phénomènes suivants au niveau du site de perfusion : douleur, irritation, gonflement/oedème, érythème/chaleur, nécrose cutanée, ampoules/vésicules, inflammation, induration, tiraillements de la peau

Indéterminé b

: La fréquence est définie comme très fréquente (≥1/10) ; fréquente (≥1/100, <1/10) ; peu fréquente (≥1/1 000, <1/100) ; rare (≥1/ 10 000, <1/1 000) ; très rare (<1/10 000) ; ou fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).

b : effets indésirables rapportés après la commercialisation de PERIOLIMEL

Les effets indésirables de classe suivants, en rapport avec des produits de nutrition parentérale similaires, ont été décrits dans d'autres sources de données; la fréquence de ces réactions est indéterminée.

·         Affections hématologiques et du système lymphatique : thrombocytopénie

·         Affections hépatobiliaires : cholestase, hépatomégalie, jaunisse

·         Affections du système immunitaire : hypersensibilité

·         Investigations : augmentation des phosphatases alcalines sanguines, augmentation des transaminases, augmentation de la bilirubine sanguine, élévation des enzymes hépatiques

·         Affections du rein et des voies urinaires : azotémie

·         Affections vasculaires : précipités vasculaires pulmonaires (embolie pulmonaire d'origine vasculaire et détresse respiratoire) (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi)

Syndrome de surcharge graisseuse (très rare) :

Un syndrome de surcharge graisseuse a été rapporté avec des produits similaires. Il peut être provoqué par une administration incorrecte (par exemple surdosage et/ou vitesse de perfusion supérieure à celle recommandée, voir rubrique Surdosage) ; toutefois, les signes et symptômes de ce syndrome peuvent également survenir au début d'une perfusion lorsque le produit est administré conformément aux instructions. Une capacité réduite ou limitée à métaboliser les lipides contenus dans PERIOLIMEL, accompagnée d'une prolongation de la clairance plasmatique peut conduire à un « syndrome de surcharge graisseuse ». Ce syndrome est associé à une brusque altération de l'état clinique du patient et se caractérise par des symptômes tels qu'une fièvre, une anémie, une leucopénie, une thrombocytopénie, des troubles de la coagulation, une hyperlipidémie, des infiltrations lipidiques du foie (hépatomégalie), une détérioration de la fonction hépatique et des manifestations au niveau du système nerveux central (par exemple, coma). Le syndrome est généralement réversible après l'arrêt de la perfusion de l'émulsion lipidique.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé doivent déclarer tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance. Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr.


Contre-indications

L'administration de PERIOLIMEL N4E est contre-indiquée dans les cas suivants :

·         Chez les nouveau-nés prématurés, les nourrissons et chez les enfants âgés de moins de 2 ans,

·         Hypersensibilité aux protéines d'oeufs, de soja, d'arachide ou au maïs et aux produits à base de maïs (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi) ou à l'une des substances actives ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique Composition,

·         Anomalies congénitales du métabolisme des acides aminés,

·         Hyperlipidémie sévère, ou troubles graves du métabolisme lipidique caractérisés par une hypertriglycéridémie,

·         Hyperglycémie sévère,

·         Concentrations plasmatiques pathologiquement élevées de sodium, potassium, magnésium, calcium et/ou phosphore.

LISTE:

  • Hypersensibilité oeuf
  • Hypersensibilité soja
  • Hypersensibilité arachide
  • Prématuré
  • Enfant de moins de 2 ans
  • Anomalie congénitale du métabolisme des acides aminés
  • Hyperlipidémie sévère
  • Hypertriglycéridémie
  • Hyperglycémie
  • Hypernatrémie
  • Hyperkaliémie
  • Hypermagnésémie
  • Hypercalcémie
  • Hyperphosphatémie

Mises en garde spéciales et précautions d'emploi

Une administration excessivement rapide d'une solution de nutrition parentérale totale (NPT) peut entraîner des conséquences graves ou fatales.

La perfusion doit être immédiatement arrêtée en cas d'apparition de signes ou de symptômes d'une réaction allergique (tels que sueurs, fièvre, frissons, céphalées, rashs cutanés ou dyspnée). Ce médicament contient de l'huile de soja et des phosphatides d'oeuf. Les protéines de soja et d'oeuf peuvent provoquer des réactions d'hypersensibilité. Des réactions d'allergie croisée ont été observées entre les protéines de soja et d'arachide.

PERIOLIMEL N4E contient du glucose dérivé du maïs, qui peut provoquer des réactions d'hypersensibilité chez les patients allergiques au maïs ou aux produits à base de maïs (voir rubrique Contre-indications).

La ceftriaxone ne doit pas être mélangée ni administrée simultanément avec une autre solution intraveineuse contenant du calcium, même en utilisant des lignes ou des sites de perfusion différents. La ceftriaxone et des solutions contenant du calcium peuvent être administrées séquentiellement, l'une après l'autre, si des lignes de perfusion sur des sites de perfusion différents sont utilisées ou si les lignes de perfusion sont remplacées, ou ont été minutieusement rincées entre les perfusions avec une solution de sérum physiologique afin d'éviter toute précipitation. Chez les patients nécessitant une perfusion continue de solutions de nutrition parentérale totale contenant du calcium, les professionnels de santé peuvent éventuellement envisager l'utilisation d'un autre traitement antibactérien ne comportant pas un risque similaire de précipitation. Si l'utilisation de la ceftriaxone s'avère nécessaire chez des patients ayant besoin d'une nutrition continue, des solutions de nutrition parentérale totale et de la ceftriaxone peuvent être administrées simultanément, mais par des lignes de perfusion différentes, sur des sites différents. Autrement, la perfusion de solution de nutrition parentérale totale pourrait également être interrompue pendant la période de perfusion de la ceftriaxone, sans oublier de rincer abondamment les lignes de perfusion entre les perfusions de ces solutions (voir rubriques Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions et Incompatibilités).

Des précipités vasculaires pulmonaires, entraînant une embolie pulmonaire d'origine vasculaire et une détresse respiratoire, d'issue fatale dans certains cas, ont été rapportés chez des patients recevant une nutrition parentérale. L'ajout excessif de calcium et de phosphate augmente le risque de formation de précipités de phosphate de calcium (voir rubrique Incompatibilités).

Une formation de précipités dans la circulation sanguine a également été suspectée.

En plus de l'inspection de la solution, le dispositif de perfusion et le cathéter doivent aussi être régulièrement contrôlés afin de détecter toute formation de précipités.

En cas d'apparition de signes de détresse respiratoire, la perfusion doit être arrêtée et une évaluation médicale initiée.

Ne pas ajouter d'autres médicaments ou substances à tout composant de la poche ni à l'émulsion reconstituée sans avoir préalablement vérifié leur compatibilité et la stabilité de la préparation résultante (en particulier, la stabilité de l'émulsion lipidique).

La formation de précipités ou la déstabilisation de l'émulsion lipidique pourrait entraîner une occlusion vasculaire (voir rubriques Incompatibilités et Instructions pour l'utilisation, la manipulation et l'élimination).

Les troubles sévères de l'équilibre hydroélectrolytique, les états de surcharge liquidienne sévères, et les troubles sévères du métabolisme doivent être corrigés avant le début de la perfusion.

Une surveillance clinique particulière est requise au début d'une perfusion intraveineuse.

L'infection de l'accès vasculaire et la septicémie sont des complications qui peuvent survenir chez les patients recevant une nutrition parentérale, en particulier en cas de mauvais entretien des cathéters ou de pathologies ou de médicaments à effets immunosuppresseurs. Une surveillance attentive des signes, symptômes et résultats d'examens de laboratoire afin de détecter une fièvre/des frissons, une leucocytose, des complications techniques du dispositif d'accès et une hyperglycémie peut permettre de dépister rapidement une infection. Les patients qui nécessitent une nutrition parentérale sont souvent prédisposés aux complications infectieuses en raison de la malnutrition et/ou d'un état pathologique sous-jacent. Le risque de complications septiques peut être réduit en veillant à utiliser des techniques aseptiques lors de la mise en place et de l'entretien du cathéter, ainsi que lors de la préparation de la formulation nutritionnelle.

L'équilibre hydroélectrolytique, l'osmolarité sérique, les triglycérides sériques, l'équilibre acido-basique, la glycémie, les examens de la fonction hépatique et rénale, les tests de coagulation et la numération sanguine incluant les plaquettes, doivent être contrôlés pendant toute la durée du traitement.

Des taux d'enzymes hépatiques élevés et une cholestase ont été rapportés avec des produits similaires. La surveillance de l'ammonium sérique doit être envisagée si une insuffisance hépatique est suspectée.

Des complications métaboliques peuvent survenir si l'apport en nutriments n'est pas adapté aux besoins du patient, ou si la capacité métabolique des composants alimentaires fournis n'a pas été évaluée de manière précise. Des effets indésirables métaboliques peuvent apparaître en cas d'administration inappropriée ou excessive de nutriments ou de composition inadaptée d'un mélange par rapport aux besoins spécifiques du patient.

L'administration des solutions d'acides aminés peut précipiter un déficit aigu en folates ; il est donc recommandé de donner de l'acide folique quotidiennement.

Extravasation

Le site d'insertion du cathéter doit être régulièrement contrôlé pour détecter les signes d'extravasation.

En cas d'extravasation, l'administration doit être interrompue immédiatement, tout en maintenant en place la canule ou le cathéter inséré pour une prise en charge immédiate du patient. Si possible, une aspiration doit être pratiquée à travers la canule/le cathéter inséré afin de réduire la quantité de liquide présent dans les tissus avant de retirer la canule/le cathéter. Si une extrémité est atteinte, le membre concerné doit être surélevé.

Selon le produit extravasé (y compris le ou les produit(s) mélangés avec PERIOLIMEL N4E, le cas échéant) et le stade/l'étendue des lésions éventuelles, des mesures spécifiques appropriées doivent être mises en place. Les options de prise en charge peuvent inclure des interventions non pharmacologiques, pharmacologiques et/ou chirurgicales. En cas d'extravasation importante, un chirurgien plasticien doit être consulté dans les premières 72 heures.

Le site d'extravasation doit être contrôlé au moins toutes les 4 heures pendant les premières 24 heures, puis au moins une fois par jour.

La perfusion ne doit pas être à nouveau réalisée dans la même veine périphérique ou centrale.

Insuffisance hépatique

A utiliser avec prudence chez les patients atteints d'insuffisance hépatique en raison du risque d'apparition ou d'aggravation de troubles neurologiques associés à une hyperammoniémie. Des examens cliniques et de laboratoire réguliers sont nécessaires, en particulier les paramètres de la fonction hépatique, le contrôle de la glycémie, des électrolytes et des triglycérides.

Insuffisance rénale

A utiliser avec prudence chez les patients atteints d'insuffisance rénale, en particulier en présence d'hyperkaliémie, en raison du risque d'apparition ou d'aggravation d'une acidose métabolique et d'une hyperazotémie en l'absence d'épuration extra-rénale des déchets. Le bilan hydrique, les triglycérides et les électrolytes doivent être attentivement contrôlés chez ces patients.

Affections hématologiques

A utiliser avec prudence chez les patients présentant des troubles de la coagulation et une anémie. L'hémogramme et les paramètres de la coagulation doivent être attentivement contrôlés.

Affections endocriniennes et troubles du métabolisme

A utiliser avec prudence chez les patients atteints de :

·         Acidose métabolique. L'administration de glucides est déconseillée en présence d'acidose lactique. Des examens cliniques et de laboratoire réguliers sont nécessaires.

·         Diabète sucré. Contrôler les concentrations en glucose, la glycosurie, la cétonurie et, le cas échéant, ajuster les doses d'insuline.

·         Hyperlipidémie en raison de la présence de lipides dans l'émulsion pour perfusion. Des examens cliniques et de laboratoire réguliers sont nécessaires.

·         Troubles du métabolisme des acides aminés.

Les concentrations sériques des triglycérides et la capacité de l'organisme à éliminer les lipides doivent être contrôlées régulièrement.

Les concentrations sériques des triglycérides ne doivent pas dépasser 3 mmol/L pendant la perfusion.

En cas de suspicion de troubles du métabolisme lipidique, il est recommandé de mesurer tous les jours les taux sériques des triglycérides après une période de 5 à 6 heures sans administration de lipides. Chez les adultes, le sérum doit être limpide au plus tard 6 heures après l'arrêt de la perfusion contenant l'émulsion lipidique. La perfusion suivante ne doit être administrée que lorsque les concentrations sériques des triglycérides sont revenues aux valeurs initiales.

Un syndrome de surcharge graisseuse a été rapporté avec des produits similaires. Une capacité réduite ou limitée à métaboliser les lipides contenus dans PERIOLIMEL N4E peut conduire à un "syndrome de surcharge graisseuse" qui peut avoir pour origine un surdosage, mais dont les signes et symptômes peuvent également survenir lorsque le produit est administré conformément aux instructions (voir également rubrique Effets indésirables).

En cas d'hyperglycémie, le débit de perfusion de PERIOLIMEL N4E doit être ajusté et/ou de l'insuline doit être administrée.

Une thrombophlébite peut se développer en cas de perfusion dans une veine périphérique. Le site d'insertion du cathéter doit être contrôlé tous les jours pour détecter tout signe local de thrombophlébite.

En cas de supplémentation, l'osmolarité finale du mélange doit être mesurée avant administration. Le mélange obtenu doit être administré par voie veineuse périphérique ou centrale, selon son osmolarité finale. Si le mélange final administré est hypertonique, il peut provoquer une irritation veineuse en cas d'administration dans une veine périphérique.

Bien que le produit présente une teneur naturelle en vitamines et oligo-éléments, ces quantités sont insuffisantes pour couvrir les besoins de l'organisme et doivent faire l'objet d'ajouts pour éviter toute carence. Consulter les instructions pour réaliser les supplémentations de ce produit.

Administrer avec prudence PERIOLIMEL N4E chez les patients présentant une osmolarité sérique augmentée, une insuffisance surrénale, une insuffisance cardiaque ou des troubles fonctionnels pulmonaires.

Chez les patients souffrant de malnutrition, l'instauration de la nutrition parentérale peut précipiter un déséquilibre liquidien, provoquant un oedème pulmonaire et une insuffisance cardiaque congestive ainsi qu'une baisse de la concentration sérique du potassium, du phosphore, du magnésium ou des vitamines hydrosolubles. Ces changements peuvent survenir dans les 24 à 48 heures ; aussi la nutrition parentérale doit être initiée lentement et avec précaution, tout en surveillant étroitement et en ajustant correctement les taux de liquides, d'électrolytes, d'oligo-éléments et de vitamines.

Ne pas connecter les poches en série afin d'éviter tout risque d'embolie gazeuse due à l'air résiduel contenu dans la première poche.

Précautions particulières en pédiatrie

Dans le cas d'une administration chez les enfants âgés de plus de 2 ans, il est indispensable d'utiliser une poche dont le volume correspond à la posologie journalière.

PERIOLIMEL N4E n'est pas adapté pour une utilisation chez les enfants âgés de moins de 2 ans car :

·         L'apport en glucose est trop bas, menant à un ratio glucose/lipides bas,

·         L'absence de cystéine rend le profil d'acides aminés inapproprié,

·         La concentration en calcium est trop basse,

·         Les volumes des poches ne sont pas appropriés.

Chez les enfants âgés de plus de 2 ans, la quantité de phosphate limite les apports journaliers ; il faut donc prévoir un supplément de macronutriments et de calcium.

Le débit de perfusion maximal est de 4,3 mL/kg/heure chez les enfants de 2 à 18 ans.

Une supplémentation en oligo-éléments et en vitamines est toujours nécessaire. Des formules pédiatriques doivent être utilisées.

Pour prévenir les risques liés à des débits de perfusion excessivement rapides, il est conseillé de respecter une perfusion continue et contrôlée.

PERIOLIMEL N4E doit être administré avec précaution chez les patients prédisposés à la rétention électrolytique.

Une perfusion intraveineuse d'acides aminés s'accompagne d'une excrétion urinaire accrue d'oligo-éléments, notamment de cuivre et de zinc. Il faut en tenir compte dans le dosage des oligo-éléments, notamment en cas de nutrition par voie intraveineuse de longue durée.

LISTE:


Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions

Aucune étude d'interaction n'a été réalisée.

PERIOLIMEL N4E ne doit pas être administré simultanément avec une transfusion sanguine par la même tubulure de perfusion en raison du risque de pseudo-agglutination.

Les lipides contenus dans cette émulsion peuvent interférer avec les résultats de certains examens de laboratoire (par exemple, bilirubine, lactate déshydrogénase, saturation du sang en oxygène, hémoglobine sanguine) si le prélèvement sanguin a été réalisé avant l'élimination des lipides (ceux-ci sont normalement éliminés après 5 à 6 heures sans apport de lipides).

Des précipités de ceftriaxone-calcium peuvent se former si la ceftriaxone est mélangée avec des solutions contenant du calcium dans la même ligne d'administration intraveineuse. La ceftriaxone ne doit pas être mélangée ni administrée simultanément par voie intraveineuse avec des solutions contenant du calcium, comme PERIOLIMEL N4E, par la même ligne de perfusion (ex., raccord en Y). Néanmoins, la ceftriaxone et des solutions contenant du calcium peuvent être administrées séquentiellement, l'une après l'autre, si les lignes de perfusion sont minutieusement rincées entre les perfusions avec un liquide compatible (voir rubriques Mises en garde et précautions d'emploi et Incompatibilités).

PERIOLIMEL N4E contient de la vitamine K, naturellement présente dans les émulsions lipidiques. La teneur en vitamine K dans les posologies recommandées de PERIOLIMEL N4E ne devrait pas influencer les effets des dérivés de la coumarine.

En raison de la teneur en potassium de PERIOLIMEL N4E, une attention particulière doit être observée chez les patients traités par des diurétiques d'épargne potassique (par exemple, amiloride, spironolactone, triamtérène), des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC), des antagonistes du récepteur de l'angiotensine II ou les immunosuppresseurs tacrolimus ou ciclosporine en raison du risque d'hyperkaliémie.


Incompatibilités

Ne pas ajouter d'autres médicaments ou substances à tout composant de la poche ou à l'émulsion reconstituée sans vérifier préalablement leur compatibilité et la stabilité de la préparation obtenue (notamment la stabilité de l'émulsion lipidique).

Des incompatibilités peuvent se produire par exemple avec une acidité excessive (pH faible) ou une teneur non appropriée en cations divalents (Ca2+ et Mg2+), ce qui peut déstabiliser l'émulsion lipidique.

Comme avec tous les mélanges pour nutrition parentérale, il convient de tenir compte des taux de calcium et de phosphate. Un ajout excessif de calcium et de phosphate, en particulier sous forme de sels minéraux, peut entraîner la formation de précipités de phosphate de calcium.

PERIOLIMEL contient des ions calcium qui constituent un risque supplémentaire de coagulation en cas de précipitation dans du sang ou des composants sanguins contenant un agent conservateur/anticoagulant du type citrate.

La ceftriaxone ne doit pas être mélangée ni administrée simultanément par voie intraveineuse avec des solutions contenant du calcium, comme PERIOLIMEL N4E, à l'aide de la même ligne de perfusion (ex., raccord en Y) en raison du risque de précipitation entre le sel de calcium et la ceftriaxone (voir rubriques Mises en garde et précautions d'emploi Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).

En raison du risque de précipitation, PERIOLIMEL N4E ne doit pas être administré par la même ligne de perfusion que l'ampicilline ou la fosphénytoïne ni mélangé à ces deux produits.

Vérifier la compatibilité avec les solutions administrées simultanément par le même set d'administration, cathéter ou canule.

Ne pas administrer avant, pendant ou après une transfusion sanguine en utilisant le même équipement en raison du risque de pseudo-agglutination.


Surdosage

En cas d'administration non appropriée (surdosage et/ou débit de perfusion plus rapide que recommandé), des signes d'hypervolémie et d'acidose peuvent se manifester.

Une perfusion trop rapide ou l'administration d'un volume excessivement important peut induire des nausées, des vomissements, des frissons, des céphalées, des bouffées de chaleur, une hyperhidrose et des perturbations électrolytiques. Dans ce cas, la perfusion doit être immédiatement arrêtée.

Une hyperglycémie, une glycosurie et un syndrome hyperosmolaire peuvent se manifester si la vitesse de perfusion du glucose dépasse la clairance.

Une capacité réduite ou limitée de métabolisation des lipides peut entraîner un « syndrome de surcharge graisseuse », dont les effets sont généralement réversibles après l'arrêt de la perfusion de l'émulsion lipidique (voir également rubrique Effets indésirables).

Dans certains cas graves, une hémodialyse, une hémofiltration ou une hémodiafiltration peut être nécessaire.


Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Sans objet.

Forme : Emulsion injectable pour perfusion IV

Contenance : 151 g d'acides aminés ou 6000 ml ou 6 poches

Laboratoire Titulaire : BAXTER

Laboratoire Exploitant : BAXTER


Forme pharmaceutique

Après reconstitution:

Emulsion pour perfusion.

Aspect avant reconstitution:

·         les solutions d'acides aminés et de glucose sont claires, incolores ou légèrement jaunes;

·         l'émulsion lipidique est homogène et d'aspect laiteux.


Composition exprimée par Poche de 1000 ml

Principes Actifs :
  • Emulsion reconstituée, après mélangedes contenus des 3 compartiments :
  • Huile d'oliveraffinée +
  • Huile de soja (30 g) raffinée(a)
  • Alanine (3.66 g)
  • Arginine (2.48 g)
  • Acide aspartique (0.73 g)
  • Acide glutamique (1.26 g)
  • Glycine (1.76 g)
  • Histidine (1.51 g)
  • Isoleucine (1.26 g)
  • Leucine (1.76 g)
  • Lysine (1.99 g) (sous forme d'acétate de lysine : 2,81 g)
  • Méthionine (1.26 g)
  • Phénylalanine (1.76 g)
  • Proline (1.51 g)
  • Sérine (1 g)
  • Thréonine (1.26 g)
  • Tryptophane (0.42 g)
  • Tyrosine (0.06 g)
  • Valine (1.62 g)
  • Acétate de sodium (1.16 g) trihydrate
  • Glycérophosphate de sodium (1.91 g) hydraté
  • Chlorure de potassium (1.19 g)
  • Chlorure de magnésium (0.45 g) hexahydrate
  • Chlorure de calcium (0.3 g) dihydrate
  • Glucose (75 g) anhydre (sous forme de glucose monohydraté : 82,50 g)

Commentaire : PERIOLIMEL se présente sous la forme d'une poche à 3 compartiments. Chaque poche contient une solution glucidique avec du calcium, une émulsion lipidique et une solution d'acides aminés avec d'autres électrolytes : - Contenu par poche : . Solution de glucose à 18,75% (correspondant à 18,75 g/100 ml) : 400 ml. . Solution d'acides aminés à 6,3% (correspondant à 6,3 g/100 ml) : 400 ml. . Emulsion lipidique à 15% (correspondant à 15 g/100 ml) : 200 ml. (a)Mélange d'huile d'olive raffinée (environ 80%) et d'huile de soja raffinée (environ 20%) correspondant à un ratio acides gras essentiels/acides gras totaux de 20%. - Apports nutritionnels de l'émulsion reconstituée : . Lipides : 30 g. . Acides aminés : 25,3 g. . Azote : 4,0 g. . Glucose : 75 g. . Energie : Calories totales env. : 700 kcal. Calories non protéiques : 600 kcal. Calories glucidiques : 300 kcal. Calories lipidiques (inclut les calories des phosphatides d'oeuf purifié) : 300 kcal. Ratio calories non protéiques/azote : 150 kcal/g. Ratio calories glucidiques/lipidiques : 50/50. Ratio calories lipidiques/calories totales : 43%. . Electrolytes : Sodium : 21,0 mmol. Potassium : 16,0 mmol. Magnésium : 2,2 mmol. Calcium : 2,0 mmol. Phosphate (inclut les phosphates apportés par l'émulsion lipidique) : 8,5 mmol. Acétate : 27 mmol. Chlorure : 24 mmol. . pH : 6,4. . Osmolarité : 760 mosm/L.


Excipients :
  • Compartiment de l'émulsion lipidique :
    • Phosphatides d'oeuf purifié
    • Glycérol
    • Sodium oléate
    • Sodium hydroxyde (pour ajustement du pH)
    • Eau pour préparations injectables
  • Compartiment de la solution d'acides aminés avec électrolytes :
    • Acétique acide glacial (pour ajustement du pH)
    • Eau pour préparations injectables
  • Compartiment de la solution de glucose avec calcium :
    • Chlorhydrique acide (pour ajustement du pH)
    • Eau pour préparations injectables