Mort subite du nourrisson : un marqueur pour la prédire dès la naissance ?

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Rédigé par Estelle B. et publié le 21 mai 2022

Chaque année, environ 400 nourrissons décèdent suite à une mort subite du nourrisson. Les recommandations sur le couchage en position dorsale ont permis une nette réduction de ces décès depuis plusieurs années. Cependant, leurs causes précises restent encore largement inexpliquées. Récemment, une étude a permis d’identifier un marqueur enzymatique de la survenue de ces décès. Explications.

mort subite du nourrisson : père de famille qui pleure

La mort subite du nourrisson

La mort subite du nourrisson correspond aux décès inexpliqués d’enfants de moins d’une année. Aucune pathologie, situation ou traumatisme ne peut expliquer le décès. Tragédie pour les familles, cette situation continue d’interroger les scientifiques sur son origine et ses mécanismes physiologiques.

Depuis quelques années, les recommandations sur le couchage des nourrissons (position sur le dos, absence de couverture ou d’oreiller …) ont permis de réduire le nombre d’enfants touchés. Néanmoins, ces décès restent encore aujourd’hui la première cause de mortalité des enfants de moins d’un an en France. Ainsi, pour mieux comprendre les phénomènes impliqués dans ces décès, des chercheurs se sont intéressés au dysfonctionnement du système nerveux autonome.

Un déficit du système nerveux autonome

Plusieurs études antérieures ont déjà mis en évidence une implication du système nerveux autonome dans la physiopathologie de la mort subite du nourrisson. Dans ce contexte, les chercheurs se sont intéressés à une enzyme en particulier, la butyrylcholinestérase. Il s’agit d’une des enzymes du système cholinergique. L’objectif de l’étude était d’évaluer l’activité de cette enzyme, chez les enfants victimes d’un décès soudain ou inattendu du nourrisson.

Dans le cadre du suivi des nourrissons, des prélèvements sanguins ont été effectués sur une cohorte de nourrissons à deux ou trois jours de vie. Les chercheurs ont effectué sur ces prélèvements des dosages de l’activité enzymatique de la butyrylcholinestérase. Au total, 67 cas ont été pris en compte dans le suivi de cette cohorte, avec des décès survenus entre l’âge de trois semaines et un an.

Un marqueur pour prédire le risque dès la naissance

Les données analysées révèlent que la mort subite du nourrisson est étroitement associée avec une faible activité de la butyrylcholinestérase, par rapport à l’activité de la même enzyme :

  • Chez les enfants n’ayant présenté aucun problème de santé ;
  • Chez les enfants décédés d’autres causes pendant la première année de vie.

Ainsi, les chercheurs, à la lueur de ces nouvelles données, concluent que la faible activité de la butyrylcholinestérase marque un déficit cholinergique chez les enfants menacés par la mort subite du nourrisson. Reste pour les scientifiques à caractériser plus finement ce déficit cholinergique et ses conséquences. Dans tous les cas, cette étude constitue une étape importante dans la compréhension de ces décès soudains. Elle offre surtout une opportunité de tester précocement (dès les premiers jours de vie) et facilement le risque pour un nouveau-né d’en mourir.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Butyrylcholinesterase is a potential biomarker for Sudden Infant Death Syndrome. thelancet.com. Consulté le 18 mai 2022.

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